Syrie: Moscou échoue lors d'un vote à l'ONU à faire condamner les frappes

14/04/18 à 18:21 - Mise à jour à 20:20

Source: Belga

La Russie a échoué samedi à faire adopter par le Conseil de sécurité une résolution condamnant les frappes américaines, françaises et britanniques en Syrie, ne recueillant pas les 9 voix nécessaires à son approbation.

Syrie: Moscou échoue lors d'un vote à l'ONU à faire condamner les frappes

© REUTERS

La Russie a échoué samedi au Conseil de sécurité de l'ONU à faire condamner lors d'un vote un projet de résolution condamnant les frappes occidentales en Syrie, alors que les Etats-Unis affirmaient être "prêts à dégainer" de nouveau.

La Russie, la Bolivie et la Chine ont voté pour le texte, huit pays ont voté contre et quatre se sont abstenus.

La France a annoncé le dépôt prochain d'une nouvelle résolution à l'ONU pour sortir "de l'impasse syrienne". "Nous présenterons dans les meilleurs délais un projet de résolution avec nos partenaires britanniques et américains", a déclaré l'ambassadeur français, François Delattre.

Selon une source diplomatique française, la France compte avec son projet pousser pour la création d'un mécanisme d'enquête sur le recours aux armes chimiques, favoriser un accès humanitaire sans limite et obtenir une nouvelle dynamique du processus de paix engagé à Genève.

Auparavant, l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, avait vivement dénoncé les attaques aériennes américaines, françaises et britanniques. "Vos agressions aggravent la situation humanitaire" en Syrie, a-t-il dit. "Vous n'êtes pas sortis du néo-colonialisme", a-t-il aussi lancé, en estimant que Washington, Londres et Paris avaient "foulé au pied la Charte de l'ONU".

Le projet de texte russe, de cinq paragraphes, dénonçait la survenance des frappes occidentales tôt samedi alors qu'une mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) se trouve en Syrie pour réunir des éléments sur les attaques chimiques présumées du 7 avril à Douma.

"J'ai parlé au président (Trump) ce matin, il a dit que si le régime syrien continue d'utiliser ce gaz toxique, les Etats-Unis sont prêts à dégainer de nouveau", a dit pour sa part l'ambassadrice des Etats-Unis Nikki Haley devant le Conseil de sécurité. Elle a réaffirmé que les Etats-Unis étaient dans leur droit pour mener des attaques aériennes en Syrie.

En début de réunion, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait appelé les membres du Conseil de sécurité à "agir en accord avec la Charte des Nations unies et dans le cadre du droit international" lorsqu'il est question de "paix et sécurité".

Les pays de l'Otan apportent leur "plein soutien" aux raids menés en Syrie

Par ailleurs, les pays de l'Otan ont apporté samedi leur "plein soutien" aux raids menés par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France contre des installations liées aux armes chimiques du régime du président syrien Bachar al-Assad, a affirmé le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jens Stoltenberg.

Ces attaques vont réduire la capacité du régime à mener d'autres attaques contre sa population avec des armes chimiques, a-t-il déclaré à la presse à l'issue d'une réunion d'urgence du Conseil de l'Atlantique nord (Can, les ambassadeurs des 29 Etats membres) au siège bruxellois de l'Otan.

La France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont à cette occasion informé leurs alliés des actions menées en Syrie dans la nuit de vendredi à samedi contre, selon Washington, un "centre de recherche" à la limite nord-est de la capitale syrienne, Damas, et des "entrepôts" d'armes chimiques, dont du gaz sarin, dans la province centrale de Homs.

Selon M. Stoltenberg, les ambassadeurs français, britannique et américains ont expliqué à leurs homologues qu'une quantité significative d'informations indiquait que le régime syrien est responsable de l'attaque menée le 7 avril contre la ville de Douma, un bastion alors rebelle près de Damas.

La France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont assuré que leur action militaire s'était limitée aux installations du régime syrien permettant la production et l'emploi d'armes chimiques. "Les trois alliés ont souligné qu'il n'existait aucune alternative pratique au recours à la force", a poursuivi le secrétaire général. Les armes chimiques ne sauraient être employées impunément ou banalisées. Elles représentent un danger immédiat pour le peuple syrien et pour notre sécurité collective", a-t-il ajouté.

"Les alliés condamnent fermement l'usage répété d'armes chimiques par le régime syrien et demandent que les responsables répondent de leurs actes", a rappelé M. Stoltenberg. "Ils ont également appelé le régime syrien et ceux qui le soutiennent à permettre un accès rapide, durable et sans entrave de l'aide humanitaire", a-t-il dit.

M. Stoltenberg a par ailleurs, au nom des alliés, appelé la Russie, alliée du président Assad, "à faire preuve de responsabilité et à faire ainsi en sorte que le régime syrien participe de manière constructive au processus (des négociations de paix) de Genève sous la conduite de l'ONU".

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