Serbie : arrestation du dernier fugitif recherché par le TPIY

20/07/11 à 10:16 - Mise à jour à 10:16

Source: Le Vif

Goran Hadzic était le dernier fugitif recherché pour crimes de guerre par la justice internationale. Il a été arrêté, deux mois après le chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic.

Serbie : arrestation du dernier fugitif recherché par le TPIY

© Reuters

Goran Hadzic, ancien responsable des Serbes de Croatie, a été arrêté, a rapporté la télévision B92. Il était le dernier fugitif recherché pour crimes de guerre par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.

Le ministre serbe chargé de la coopération avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, Rasim Ljajic, avait annoncé cette issue, dans un entretien publié jeudi dernier par l'hebdomadaire serbe Novi magazin. Goran Hadzic sera "bientôt à La Haye", affirmait-il.

Après Karadzic et Mladic...

Goran Hadzic, 52 ans, rejoint donc le chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, arrêté fin mai à Belgrade. Et l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, jugé pour sa part depuis octobre 2009. Les deux hommes répondent aux mêmes charges: génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre pendant la guerre de Bosnie (1992-1995).

"Avant, tous les efforts étaient orientés vers Karadzic et Mladic. Je suis certain que ceci est un cas beaucoup plus facile que ceux-là et qu'il (Hadzic) sera bientôt à La Haye", a déclaré Rasim Ljajic dans la même interview.

Qui est Goran Hadzic?

Le TPIY a retenu contre Goran Hadzic pas moins de quatorze chefs d'inculpation, notamment pour crimes contre l'humanité. La justice internationale lui reproche son implication présumée dans les meurtres de centaines de civils croates et la déportation de dizaines de milliers de Croates et autres non-Serbes par les troupes serbes pendant la guerre de Croatie (1991-1995).

Goran Hadzic a été l'éphémère "président" de la "République serbe de Krajina" pendant la guerre en Croatie, qui représentait un tiers environ du territoire de la Croatie. Son nom de reste lié notamment au massacre de l'hôpital de Vukovar, en novembre 1991, qui avait connu un large retentissement à l'époque. Quelque 250 Croates et autres non-Serbes, qui s'étaient réfugiés dans l'hôpital de cette ville de l'est de la Croatie, avaient été exécutés par les forces serbes après avoir été battus et torturés.

L'UE salue un "pas important" de la Serbie

"L'Union européenne salue avec force l'arrestation de Goran Hadzic par les autorités serbes", indique un communiqué commun des présidents de l'UE, Herman Van Rompuy, de la Commission, José Manuel Barroso, et de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

"Il s'agit d'un pas supplémentaire important de la Serbie vers la réalisation de sa perspective européenne", le terme habituellement employé pour parler de l'adhésion à terme à l'UE, ont-ils ajouté, en demandant le transfert "sans délai" de Goran Hadzic au TPIY à La Haye.

"Nous saluons la détermination des dirigeants de la Serbie" à poursuivre les personnes recherchées par la justice internationale, ont-ils dit. "La nation serbe est engagée dans un processus visant à se confronter avec son passé et à tourner la page en vue d'un avenir européen meilleur", ont-ils encore estimé.

La Serbie espère obtenir le statut de candidat à l'Union européenne à la fin de cette année puis ouvrir les négociations d'adhésion à l'Union européenne début 2012. Belgrade veut bénéficier du même traitement que la Croatie qui avait obtenu en 2004 le statut de candidat à l'Union européenne ainsi qu'une date pour l'ouverture des négociations d'adhésion.


Le Vif.be, avec L'Express.fr et Belga

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