Plus de 50% des parents des victimes de Breivik toujours trop traumatisés pour travailler

22/07/15 à 15:01 - Mise à jour à 15:00

Plus de la moitié des parents des victimes d'Anders Behring Breivik restent trop traumatisées pour pouvoir travailler normalement, selon une étude parue à la veille du 4e anniversaire des attaques mercredi.

Plus de 50% des parents des victimes de Breivik toujours trop traumatisés pour travailler

© Reuters

L'étude, à laquelle ont participé 86 parents des 69 personnes tuées sur l'île d'Utøya le 22 juillet 2011 alors qu'elles participaient à un rassemblement de la Jeunesse travailliste, montre que deux-tiers d'entre eux souffrent de réactions traumatiques graves, comme des troubles de la concentration, de la mémoire ou du sommeil.

Des résultats, évalués 40 mois après l'attentat, qui n'étonnent pas l'une des auteurs de l'enquête, Kari Dyregrov, professeure au Centre de psychologie de crise de Bergen.

"Il s'agit de parents qui ont perdu leurs enfants, certains ayant même été en contact avec eux alors que l'auteur des attaques sillonnait l'île. C'est un fardeau extrêmement lourd à supporter, d'autant qu'ils ont ensuite été quotidiennement l'objet de l'attention des médias", a-t-elle dit à l'AFP.

Un tiers des mères et un quart des pères ayant participé à l'étude étaient en contact avec leurs enfants par téléphone et/ou SMS au moment de la fusillade sur l'île. Dix mères et neuf pères avaient parlé au téléphone avec leurs enfants juste avant qu'ils ne soient tués.

"En l'espace d'un an, il y a eu les attaques, le procès, les commissions d'enquête (...) qui ont fait qu'ils ont dû différer leur travail de deuil. Celui-ci a été mis en sommeil. Ils n'avaient plus l'énergie ni le focus nécessaires", a précisé Mme Dyregrov.

Une grande majorité des parents (89% des mères et 85% des pères) avaient assisté au procès en 2012 qui s'était traduit par la condamnation de Breivik à une peine de 21 ans de prison susceptible d'être prolongée.

Mercredi, un centre contre l'extrémisme consacré aux attaques a été inauguré à Oslo pour "diffuser le savoir de façon à nous prémunir contre la haine, la violence et le terrorisme", a souligné la chef du gouvernement Erna Solberg juste avant son ouverture.

Avec l'Afp

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