Obama,Merkel, Sarkozy et Cameron : "Il est temps que Bachar el Assad parte"

18/08/11 à 10:39 - Mise à jour à 10:39

Source: Le Vif

Barack Obama, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et David Cameron appellent le président syrien Bachar al-Assad à "quitter le pouvoir" et se prononcent pour "de nouvelles sanctions fermes" contre son régime, ce jeudi.

Obama,Merkel, Sarkozy et Cameron : "Il est temps que Bachar el Assad parte"

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Barack Obama a pour la première fois signifié ce jeudi que le temps était venu pour le dirigeant syrien Bachar el-Assad de "se retirer" et a annoncé de nouvelles sanctions très dures contre le régime.

"Nous avons à maintes reprises expliqué que le président Assad devait mener une transition démocratique ou démissionner. Il n'a pas mené (cette transition). Dans l'intérêt du peuple syrien, le temps est venu pour le président Assad de se retirer", explique Barack Obama dans un communiqué, ajoutant que les Etats-Unis respecteront la volonté de changement du peuple syrien.

Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et David Cameron ont eux aussi appellé le président syrien à "quitter le pouvoir" et se sont prononcé pour "de nouvelles sanctions fermes" contre son régime, jeudi dans une déclaration commune. Les trois pays "estiment que le président Assad, qui a recours à la force militaire brutale contre son propre peuple et qui porte la responsabilité de la situation, a perdu toute légitimité et ne peut plus prétendre diriger le pays". "Nous l'appelons à tirer les conséquences du rejet total de son régime par le peuple syrien et à quitter le pouvoir, dans l'intérêt supérieur de la Syrie et de l'unité de son peuple", affirment-ils également. "La violence en Syrie doit cesser maintenant", ajoutent-ils.

La fin des opérations des forces armées démenties

Bachar el Assad avait assuré mercredi à Ban Ki-moon que les opérations des forces armées contre les manifestants avaient cessé. Mais les opposants syriens ont annoncé jeudi que de nouveaux massacres s'étaient produits dans la nuit de mercredi. Les milices pro-Assad ont abattu deux manifestants à Homs, après les prières du Ramadan, et les forces de sécurité ont bombardé des quartiers de Hama et de Damas. Le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton ont exprimé la même demande ce jeudi.

Lors d'un entretien téléphonique avec le président syrien, Ban Ki-moon avait auparavant "exprimé son inquiétude face aux dernières informations faisant état de violations répandues et continues des droits de l'homme et de l'usage excessif de la force par les forces de sécurité syriennes contre les civils, y compris dans le quartier d'Al Raml à Lattaquié, où vivent plusieurs milliers de réfugiés palestiniens". Ban Ki-moon plaide pour l'ouverture d'une enquête indépendante sur la mort de manifestants et sur les actes de violence.

Session spéciale du Conseil des droits de l'homme lundi

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU tiendra lundi une session spéciale sur la situation en Syrie, à la demande de l'Union européenne, des pays arabes, et des Etats-Unis. La demande de session spéciale, une procédure peu fréquente, a été déposée par 24 pays membres, soit plus du tiers nécessaire pour convoquer les 47 membres du Conseil des droits de l'homme dont le siège est à Genève.

Les membres du Conseil devraient s'accorder sur une résolution condamnant la répression et demandant l'ouverture d'une enquête sur les violences des forces syriennes contre les opposants.

Alors que la répression s'intensifie, l'ONU avait annoncé mercredi avoir retiré de Syrie environ 25 membres de son personnel international et des dizaines de membres de leurs familles en raison de craintes de plus en plus aiguës concernant leur sécurité.

La Turquie manifeste son impatience

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a comparé la situation en Syrie à celle de la Libye. "Nous avons fait ce qui était en notre pouvoir en Libye, mais cela n'a donné aucun résultat probant, a déclaré Recep Tayyip Erdogan. Aujourd'hui, la situation libyenne est devenue un problème international."

Toutefois le ministre turc de la Défense, Ismet Yilmaz, a démenti mardi que la Turquie avait pas l'intention de créer une zone tampon sur sa frontière avec la Turquie, comme l'ont affirmé des médias turcs. La Turquie héberge actuellement quelque 7.000 réfugiés syriens dans des camps dans la province de Hatay.

Offensive contre les quartiers sunnites de Lattaquié

Mercredi soir, les forces de sécurité syriennes ont encore tué 9 personnes à Homs, selon des organisations de défense des droits de l'homme. Par ailleurs, selon des habitants, les forces syriennes ont lancé une offensive contre les quartiers sunnites du port de Lattaquié et ont conduit des dizaines de personnes dans un stade de la ville, et dans un cinéma, selon des organisations de droits de l'homme. Lundi, six civils sont morts à Lattaquié où 26 personnes avaient péri dimanche.

Selon les organisations de défense des droits de l'homme, plus de 2 000 personnes sont mortes en Syrie depuis le début de la contestation populaire déclenché mi-mars.

Le Vif.be, avec L'Express.fr

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