Obama à Varsovie rassure ses alliés

03/06/14 à 20:43 - Mise à jour à 20:43

Source: Le Vif

Le président Barack Obama a proposé mardi à Varsovie un plan de sécurité d'un milliard de dollars pour rassurer ses alliés d'Europe de l'Est, inquiets de l'attitude de Moscou en Ukraine où l'armée a intensifié son offensive contre les séparatistes prorusses.

Obama à Varsovie rassure ses alliés

© Reuters

Cette "initiative pour rassurer l'Europe", qui doit encore être approuvée par le Congrès, prévoit le déploiement de nouvelles forces américaines, terrestres, aériennes et navales, en Europe de l'Est. Elle s'adresse aussi à des pays non membres de l'Otan, tels que l'Ukraine, la Géorgie et la Moldavie, pour leur permettre de coopérer avec les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux et renforcer leur propre défense.

S'exprimant devant la presse, M. Obama a exhorté les pays membres de l'Otan à accroître leurs propres dépenses militaires. Il a par ailleurs appelé la Russie à "user de son influence" auprès des séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine pour obtenir l'arrêt de leurs attaques contre les troupes gouvernementales, avertissant que toute nouvelle "provocation" russe en Ukraine pourrait entraîner de nouvelles sanctions économiques.

L'Otan a indiqué mardi que la Russie avait retiré la plupart des quelque 40.000 soldats qu'elle avait massés près de la frontière avec l'Ukraine et que ceux qui restaient se préparaient à partir. En Ukraine même, les forces ukrainiennes ont intensifié mardi leur offensive contre les séparatistes autour du bastion prorusse de Slaviansk, donnant lieu à des échanges de tirs nourris, ainsi que dans la région de Lougansk, ont annoncé des dirigeants ukrainiens. Le président par intérim Olexandre Tourtchinov a fait état de "plusieurs" séparatistes tués dans la matinée près de la ville de Severodonetsk dans la région de Lougansk où d'intenses combats ont eu lieu lundi.

L'offensive lancée depuis près de deux mois par Kiev a fait plus de 200 morts parmi les insurgés, les forces ukrainiennes et la population civile. Elle a été intense ces derniers jours. M. Obama participe au 25e anniversaire des premières élections démocratiques en Pologne, ancien pays du bloc soviétique, des célébrations qui prennent une résonance particulière avec la crise ukrainienne entre Moscou et l'Occident.

Le président américain a discuté mardi après-midi de la crise ukrainienne avec une dizaine de présidents de l'Europe centrale et orientale. Leurs homologues français et allemand, François Hollande et Joachim Gauck, seront également présents à Varsovie mercredi.

Le président ukrainien élu Petro Porochenko est arrivé mardi après-midi à Varsovie, son premier déplacement à l'étranger depuis son élection le 25 mai. En signe de soutien fort au nouveau régime à Kiev, M. Obama rencontrera mercredi M. Porochenko qui pourrait évoquer une aide militaire américaine à l'Ukraine. En visite à Kiev lundi, l'assistant du secrétaire américain à la Défense, Derek Chollet, a indiqué avoir discuté avec les autorités ukrainiennes d'une "aide de 18 millions de dollars et de la coopération à long terme pour renforcer les structures de défense ukrainiennes".

Ces rencontres se tiennent dans un contexte particulièrement tendu. Après les affrontements lundi entre gardes-frontières et séparatistes prorusses à Lougansk, le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé un "crime" des autorités de Kiev "contre leur propre peuple". Les Etats-Unis ont de leur côté affirmé détenir des "preuves" selon lesquelles Moscou continuait à laisser passer des "combattants" et des "armes" dans l'est de l'Ukraine. La Russie a toujours rejeté les accusations sur son implication dans la déstabilisation de l'Ukraine et exige que Kiev cesse son "opération punitive" dans l'Est.

Moscou a par ailleurs accordé à l'Ukraine un répit d'une semaine en repoussant jusqu'au 9 juin la date de son ultimatum sur le gaz et la menace d'une coupure de l'approvisionnement qui inquiète l'Europe. Aucun accord n'a cependant été trouvé lundi à Bruxelles entre la Russie et l'Ukraine sur le prix du gaz acheté par Kiev et le remboursement de la dette gazière, mais les discussions progressent.

Une coupure du gaz russe à l'Ukraine, susceptible de perturber les approvisionnements en Europe, est "toujours d'actualité", a déclaré mardi le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk tout en disant espérer un accord d'ici la fin de la semaine.

La visite de M. Obama en Pologne sera suivie d'un sommet du G7 à Bruxelles, mercredi soir et jeudi, puis des célébrations du 70e anniversaire du débarquement en Normandie, auxquelles M. Hollande a invité son homologue russe Vladimir Poutine.

Nos partenaires