Manifestations de Greenpeace dans le monde pour ses militants détenus en Russie

05/10/13 à 17:16 - Mise à jour à 17:16

Source: Le Vif

Des célébrités et stars du rock ont participé samedi aux manifestations de Greenpeace à travers le monde pour réclamer la libération de 30 personnes détenues en Russie pour avoir tenté d'aborder une plate-forme pétrolière dans l'Arctique, sur fond de protestations diplomatiques. A Bruxelles, ils étaient quelque 350 personnes, selon les organisateurs de Greenpeace Belgique, à se rassembler à 14h00, place de la Liberté.

Manifestations de Greenpeace dans le monde pour ses militants détenus en Russie

© Reuters

Les 30 membres de l'équipage du navire de Greenpeace Arctic Sunrise -28 militants de l'ONG écologiste et deux journalistes- arraisonné en septembre, dont 26 ne sont pas russes, ont été placés en détention pour deux mois à Mourmansk, dans le nord-ouest de la Russie, et inculpés de "piraterie en groupe organisé", ce qui leur fait encourir jusqu'à 15 ans de prison.

La journée de mobilisation à l'appel de Greenpeace dans 47 pays a débuté en Nouvelle-Zélande, puis en Europe, et devait se poursuivre aux Etats-Unis et au Canada.

A Londres, un rassemblement de sympathisants de Greenpeace devant l'ambassade de Russie a réuni environ un millier de personnes, parmi lesquelles l'acteur Jude Law, les musiciens Paul Simonon (The Clash) et Damon Albarn (Blur).

Ils étaient également un millier à La Hague, devant l'ambassade Russie aux Pays-Bas où ils se sont fait entendre avec tambours et trompettes, certains manifestants étant costumés en pirates.

Ils exhibaient des banderoles sur lesquelles on pouvait notamment lire "Piraterie? Vous plaisantez? ".

A Paris, quelque 300 personnes ont manifesté place de la République, parmi lesquelles la soeur du seul ressortissant français détenu à Mourmansk, Francesco Pisanu, un marin âgé de 38 ans.

Un grand drapeau jaune proclamant "Libérez les défenseurs du climat" a été déployé à l'aide d'une grue et fixé au bras de la statue de la République qui trône au milieu de cette place.

Parmi les personnes en détention provisoire figure aussi le capitaine de l'Arctic Sunrise, l'Américain Peter Willcox. C'est lui qui commandait le Rainbow Warrior, coulé en 1985 dans le port d'Auckland (Nouvelle-Zélande) par les services secrets français, alors qu'il faisait campagne contre les essais nucléaires menés en Polynésie.

L'Australie a fait part samedi de son "inquiétude" quant aux accusations "très graves" portées par Moscou contre l'un de ses ressortissants membre de l'équipage de l'Arctic Sunrise, en détention provisoire en Russie.

De leur côté, les Pays-Bas ont entamé contre la Russie une procédure d'arbitrage, estimant que Moscou aurait dû leur demander l'autorisation d'arraisonner l'Arctic Sunrise au motif que le bateau utilisé par Greenpeace battait pavillon néerlandais.

Mais le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexeï Mechkov, a vigoureusement contesté les arguments des Pays-Bas, soulignant que les autorités néerlandaises avaient été maintes fois averties des dangers encourus en raison des agissements de l'équipe de Greenpeace.

"Tout ce qui s'est passé avec l'Arctic Sunrise est une pure provocation", a déclaré M. Mechkov, cité par l'agence Ria Novosti. "Au cours des six derniers mois, la Russie a maintes fois demandé à la partie néerlandaise d'interdire les agissements du bateau. Malheureusement, cela n'a pas été le cas", a souligné M. Mechkov.

A Moscou, une trentaine de personnes se sont rassemblées aux abords du parc Gorki, dans le centre, exhibant des portraits des personnes détenues, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté au principal port de Hong Kong en formant une chaîne humaine en forme de lettres "Libérez les 30 de l'Arctique", selon Greenpeace.

A Stockholm, une manifestation a réuni autour de 500 personnes. Ils étaient environ 200 à Vienne, une vingtaine à Varsovie, ainsi qu'à Rome.

Des rassemblements étaient prévus dans d'autres villes telles que Berlin, Madrid et Washington.

L'Arctic Sunrise a été arraisonné en mer de Barents le 19 septembre par un commando héliporté des garde-côtes russes, après que quelques militants eurent tenté d'escalader une plate-forme pétrolière du géant Gazprom pour dénoncer les risques qu'elle ferait courir à l'environnement.

La Russie a fait du développement de l'Arctique, une immense zone regorgeant de ressources en hydrocarbures qui n'a pour l'instant pas encore été exploitée, une priorité stratégique.

L'équipage de l'Arctic Sunrise comprenait 30 personnes issues de 18 pays différents, notamment la Russie, les Etats-Unis, l'Argentine, la France, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, ce dernier pays ayant demandé publiquement que les détenus soient libérés.

La France a indiqué mercredi que les ambassades en Russie des pays ayant des ressortissants parmi les militants de Greenpeace incarcérés à Mourmansk "se concertaient" sur le sujet.

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