Maduro annonce l'expulsion du Venezuela du chargé d'affaires américain

22/05/18 à 21:06 - Mise à jour à 21:41

Source: Afp

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a annoncé mardi l'expulsion du chargé d'affaires américain à Caracas, plus haut représentant diplomatique des Etats-Unis, après l'imposition de nouvelles sanctions économiques par Washington au lendemain de sa réélection controversée dimanche.

Maduro annonce l'expulsion du Venezuela du chargé d'affaires américain

Le président vénézuélien Nicolas Maduro © EFE

"J'ai déclaré persona non grata le chargé d'affaires des Etats-Unis (Todd Robinson, ndlr), et j'annonce son départ dans les 48 heures", a déclaré le président socialiste dans un discours au Conseil national électoral. M. Maduro répliquait ainsi au décret signé lundi par son homologue américain Donald Trump visant à réduire la capacité de Caracas à vendre ses actifs.

"Je rejette toutes les sanctions contre la République bolivarienne du Venezuela, car elles font du mal, elles provoquent de la souffrance au peuple vénézuélien", a déclaré le chef de l'Etat, au pouvoir depuis 2013 et réélu dimanche pour un nouveau mandat, jusqu'en 2025. Nicolas Maduro a également ordonné l'expulsion du numéro deux de la mission diplomatique (les deux pays n'ont plus d'ambassadeurs respectifs depuis 2010), Brian Naranjo, qu'il a accusé d'être le représentant à Caracas de la CIA.

Les deux hommes "doivent quitter le pays dans les 48 heures en protestation et en défense de la dignité de la patrie vénézuélienne, ça suffit les conspirations!", a lancé le président, qui a accusé M. Robinson de mener un complot militaire contre lui, de vouloir détruire l'économie du pays et de promouvoir l'abstention lors du scrutin présidentiel de dimanche.

"Nous allons présenter des preuves au pays de la conspiration dans le domaine militaire du chargé d'affaires des Etats-Unis et de son ambassade, de la conspiration dans le domaine économique et de la conspiration dans le domaine politique", a assuré M. Maduro, qualifiant M. Robinson de "conspirateur actif, qui abuse et viole la loi internationale".

Lors d'un scrutin critiqué par la communauté internationale et boycotté par l'opposition qui dénonçait une "supercherie", M. Maduro, 55 ans, a obtenu dimanche 68% des voix contre 21,2% à son principal adversaire Henri Falcon, 56 ans. Ce dernier a dénoncé un scrutin sans "légitimité" et réclamé une nouvelle élection avant la fin de l'année.

Les résultats annoncés, qualifiés de "farce" par Washington, ont été rejetés par le Chili, le Panama, le Costa Rica tout comme par le Groupe de Lima, une alliance de pays d'Amérique et des Caraïbes qui comprend l'Argentine, le Brésil, le Canada, la Colombie et le Mexique.

L'UE dénonce un vote entaché d'irrégularités et envisage des sanctions

L'Union européenne a dénoncé mardi les nombreuses irrégularités signalées lors de l'élection présidentielle au Venezuela remportée par Nicolas Maduro et a annoncé envisager des sanctions.

"L'Union européenne envisage des sanctions", a fait savoir la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué, dénonçant "des obstacles majeurs à la participation des partis politiques de l'opposition et de leurs dirigeants" et "de nombreuses irrégularités signalées le jour du scrutin, y compris l'achat de votes".

"Le Venezuela a besoin d'urgence d'une solution politique pour mettre fin à la crise actuelle et, avant tout, pour répondre aux besoins humanitaires les plus urgents de sa population", a souligné Mme Mogherini. "L'UE réaffirme qu'il est nécessaire de rétablir le processus démocratique et qu'il importe que le pays s'efforce de trouver une solution politique et véritablement négociée."

Le scrutin, boycotté par l'opposition qui dénonçait une "supercherie", a été remporté par le socialiste Nicolas Maduro avec 68% des voix contre 21,2% à son principal adversaire Henri Falcon. Ce dernier a dénoncé un scrutin sans "légitimité" et réclamé une nouvelle élection avant la fin de l'année.

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