Le président de la Knesset incrimine le Hamas pour la situation à Gaza

16/05/18 à 18:40 - Mise à jour à 18:40

Source: Afp

Le président du parlement israélien, Yuli-Yoel Edelstein, a accusé mercredi à Paris le Hamas d'être responsable du bain de sang deux jours plus tôt à la frontière de la bande de Gaza, comme de la situation dégradée dans cette enclave palestinienne.

Le président de la Knesset incrimine le Hamas pour la situation à Gaza

Le président du parlement israélien, Yuli-Yoel Edelstein © ISOPIX

"La situation à Gaza (dirigé par le Hamas, ndlr) a très peu à voir avec le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem" lundi: "C'est une action très bien planifiée du Hamas qui utilise les populations, y compris des femmes, des enfants, des adolescents, comme boucliers humains", a déclaré le président de la Knesset à la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale française.

Ces dernières années, Israël a pu constater "que le Hamas tentait d'organiser ce genre d'attaques sur (ses) frontières pour pouvoir avoir des activités terroristes dans cet environnement confortable de manifestations et de protestations", a-t-il ajouté, devant les parlementaires français.

"Les gens étaient armés; les soldats de Tsahal ne tiraient pas sur des gens désarmés (...); les mines et les bombes sur la frontière n'ont pas été placées par des gens désarmés", a soutenu le responsable israélien en tournée en France.

Si les manifestants ne sont "pas tous des terroristes", "beaucoup" le sont, a-t-il insisté, relevant par ailleurs que le Hamas n'avait "pas réussi à organiser une manifestation de 100.000 ou 200.000 personnes", mais que les protestataires se comptaient en "milliers de personnes", "véritablement traînées devant les frontières et (...) pas très contentes d'y être" selon lui.

Les soldats israéliens ont tué 59 Palestiniens lundi à la frontière de la bande de Gaza lors de protestations contre le transfert de l'ambassade des États-Unis à Jérusalem. Cette journée meurtrière a entraîné une vague de condamnations internationales et d'appels à une enquête indépendante.

"La situation à Gaza est difficile (...), le Hamas est responsable de cela", a estimé M. Edelstein. Il a évoqué un "niveau de vie incroyablement mauvais" et des "conditions de vie (qui) se détériorent et fait un parallèle avec la Cisjordanie qui, elle, "coopère" et où "le niveau de vie n'est pas mauvais".

Pour lui, le mouvement islamiste palestinien mène des actions "qui semblent absurdes" et sapent l'aide à Gaza: les activistes du Hamas, a-t-il dit, ont ainsi mis le feu il y a trois jours à une conduite de gaz qui fournit du gaz à Gaza ainsi qu'au poste-frontière de Kerem Shalom par lequel "des centaines de camions pleins de produits médicaux, de produits de base, passent" en provenance d'Israël.

"Il y a quelques heures, ils ont renvoyé deux camions d'équipement médical et de médicaments qui étaient déjà dans la bande de Gaza pour leurs propres blessés parce qu'ils ont découvert quelque chose +d'horrible+ : certains de ces équipements étaient marqués du tampon de l'armée israélienne", a-t-il aussi cité en exemple.

Cinquante Palestiniens tués cette semaine appartenaient au Hamas

Un haut responsable du Hamas a affirmé mercredi que la très grande majorité des Palestiniens tués cette semaine lors de manifestations et de heurts avec l'armée israélienne dans la bande de Gaza appartenaient au mouvement islamiste, qui dirige l'enclave.

Salah al-Bardaouil, s'exprimant sur une télévision palestinienne, n'a pas fourni de détails sur l'appartenance ou non de ces Palestiniens à la branche armée du Hamas, ni sur les circonstances dans lesquelles ils ont été tués.

Mais l'armée et le gouvernement israéliens, confrontés à une vague de réprobation après la mort de près de soixante Palestiniens sous des tirs israéliens lundi et deux autres mardi, se sont saisis de ces propos pour contester le caractère pacifique des manifestations et maintenir que celles-ci étaient orchestrées par le Hamas.

"Soixante-deux personnes ont été tuées" lundi et mardi, a dit Salah al-Bardaouil, interrogé sur les critiques selon lesquelles le Hamas tirait profit de la mobilisation.

"Cinquante des martyrs (des morts) étaient du Hamas. Comment le Hamas pourrait-il récolter les fruits (du mouvement) alors qu'il a payé un prix aussi élevé", a-t-il demandé.

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