La stratégie adoptée par les collaboratrices d'Obama pour revendiquer les postes clés

16/09/16 à 10:32 - Mise à jour à 10:32

Source: Knack

Quand Barack Obama est devenu président des États-Unis en 2009, la plupart des hauts postes étaient occupés par des hommes, et les femmes se sentaient mises de côté quand il y avait une réunion. À en croire The Washington Post, elles ont trouvé une stratégie pour accéder aux hautes fonctions.

La stratégie adoptée par les collaboratrices d'Obama pour revendiquer les postes clés

Barack Obama entourée de la conseillère Valerie Jarrett et de la ministre de la Santé Sylvia Burwell © Reuters

"Si vous ne veniez pas de la campagne présidentielle, il était difficile d'accéder aux hauts postes", explique Anita Dunn, directrice de communication à la Maison-Blanche jusqu'au mois de novembre de la première année du premier mandat de Barack Obama. Comme dans la campagne, au début, il y avait "tout simplement plus d'hommes que de femmes" à la Maison-Blanche.

Ce n'était pas uniquement une question de nombres, même si ceux-ci étaient importants. Il y avait d'anciens liens, des amitiés entre hommes, et parfois, les femmes n'étaient pas invitées aux réunions principales, ou on leur donnait moins la parole.

Susan Rice, conseillère à la sécurité nationale du président, raconte qu'à ses postes précédents, elle devait parfois insister pour être admise aux réunions clés. "Il n'est pas agréable de devoir dire à un homme : 'Impliquez-moi dans cette réunion'."

Or, selon une source anonyme interrogée par The Washington Post, les femmes ont développé une stratégie baptisée amplification. "Si une femme faisait quelque chose d'important, les autres femmes le répétaient, et faisaient l'éloge de la femme en question. Ainsi, ils forçaient les hommes dans la salle à reconnaître cette contribution et ils ont ôté à ces hommes la possibilité de revendiquer l'idée comme la leur", déclare la source, une ancienne collaboratrice du président.

"Nous avons simplement commencé à le faire, et nous l'avons fait à dessein, quotidiennement", ajoute-t-elle. Obama s'est rendu compte de ce qu'il se passait et s'est mis à s'adresser plus souvent aux femmes aux réunions et à les inciter à intervenir.

"Plus d'oestrogènes"

Toujours selon The Washington Post, il y a parmi les collaborateurs proches d'Obama - ceux qui participent à la réunion de 7h30 et qui gagnent 176 461 dollars par an (160 000 euros) - autant de femmes que d'hommes, même si l'employé masculin moyen gagne toujours 16% de plus que l'employée moyenne.

La moitié des départements sont dirigés par une femme, et les autres hauts postes sont également répartis équitablement. "Je pense que les nombres ont fait la différence", estime Valerie Jarrett, collaboratrice du président depuis le premier mandat d'Obama. "On peut dire qu'au début, il y a avait beaucoup de testostérone. A présent, il y a un peu plus d'oestrogènes comme contrepoids.

(RR)

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