La Russie va-t-elle faire disparaître le seul musée de la terreur soviétique ?

03/03/15 à 19:11 - Mise à jour à 19:25

Source: Belga

L'ONG russe Memorial a exprimé mardi sa vive préoccupation face à l'avenir du musée Perm-36, unique camp transformé en musée pour retracer l'histoire de la répression politique en URSS, qui est en train d'être transformé en un musée du système pénitentiaire.

La Russie va-t-elle faire disparaître le seul musée de la terreur soviétique ?

Le goulag Perm 36. © Wikicommons

"La conception du musée est en train d'être complètement changée. C'est tragique qu'un musée de la terreur soviétique soit transformé en musée du système pénitentiaire", a déclaré à l'AFP Arseni Roguinski, président de Memorial, la principale ONG de défense des droits de l'homme en Russie créée pour recenser les victimes des répressions politiques.

Fondé par une association à but non lucratif, proche de prisonniers politiques qui y ont été internés, le musée Perm-36 a été ouvert en 1996 dans l'enceinte d'un ancien camp de travail du même nom, situé à 100 kilomètres de Perm, dans l'Oural. Il s'agit de l'un des camps les plus célèbres, dans lesquels ont notamment purgé leur peine les dissidents soviétiques Sergueï Kovalev, son fils Ivan Kovalev, le poète ukrainien Vasyl Stus ou le père Gleb Iakounine.

Passé sous la juridiction de l'Etat russe l'année dernière, le musée s'est vu couper son financement et l'association fondatrice -- qui organisait expositions et conférences sur les dissidents et la répression à l'époque soviétique-- a été écartée de la gestion.

Après plusieurs mois de vaines négociations avec les autorités locales pour continuer de participer aux orientations du musée, l'association Perm-36 a finalement annoncé mardi avoir jeté l'éponge.

La première exposition organisée par la nouvelle direction du musée n'évoque aucunement les répressions soviétiques et parle de l'histoire du système pénitentiaire russe en général, a dénoncé M. Roguinski, en soulignant que les "principaux conseillers" de la direction sont actuellement d'anciens gardiens du camp Perm-36.

Des millions de personnes ont été broyées sous le règne de Staline dans l'immense réseau des camps soviétiques connu sous le nom de Goulag. Des milliers de prisonniers politiques ont été aussi détenus dans l'URSS post-stalinienne, jusqu'en 1989.

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