La crise migratoire en chiffres

03/03/16 à 12:25 - Mise à jour à 12:25

Source: Afp

Les principaux chiffres de la crise migratoire en Europe depuis début 2016.

La crise migratoire en chiffres

© Belga

Entre le 1er janvier et le 29 février 2016, 131.724 migrants et réfugiés ont traversé la Méditerranée, dont 122.637 sont arrivés en Grèce, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Ce chiffre est comparable à celui des arrivées pendant le premier semestre 2015 (147.209).

Sur toute l'année 2015, plus d'un million de migrants étaient entrés en Europe, l'Allemagne en ayant accueilli l'immense majorité.

De son côté, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) fait état de 120.065 arrivées par mer du 1er janvier au 24 février 2016.

Selon l'OIM, la Grèce a accueilli 111.099 migrants et réfugiés. Pour le seul mois de janvier, sur 67.415 migrants arrivés en Grèce, environ 44% sont des hommes, 22% des femmes et 34% des enfants.

En Italie, 8.966 migrants sont arrivés par la mer depuis le début de l'année, soit 1.000 de plus que pour la même période en 2015.

Selon des sources gouvernentales, la Macédoine a enregistré 87.036 arrivées du 1er janvier au 24 février.

Les arrivées de migrants étaient estimées à 98.752 en Croatie, à 95.744 en Slovénie, à 87.704 en Serbie et à 2.476 en Hongrie, selon les autorités de ces pays.

Des centaines de décès depuis janvier

Plus de 418 migrants ont perdu la vie en tentant de traverser la Méditerranée, du 1er janvier au 24 février 2016, selon l'OIM. D'après le HCR, 410 personnes sont décédées depuis le début de l'année.

Selon l'OIM, l'itinéraire de la Méditerranée orientale reliant la Turquie à la Grèce continue d'être le plus meurtrier (321 décès). 428 migrants avaient péri pendant les deux premiers mois de 2015.

En 2015, 3.770 migrants avaient trouvé la mort dans leur tentative de rejoindre l'Europe (OIM).

D'où viennent-ils?

Les migrants arrivent principalement de Syrie, où la guerre depuis la mi-mars 2011 a fait plus de 270.000 morts et contraint plus de 4,7 millions de personnes à fuir le pays.

La Turquie est aujourd'hui la principale terre d'asile des réfugiés syriens, en accueillant entre 2 et 2,5 millions. Le Liban compte quelque 1,2 million de réfugiés syriens.

Et un nombre croissant de Syriens cherche à gagner l'Europe.

Selon l'OIM, qui cite les garde-côtes grecs, entre le 1er et le 21 février, 48% des migrants arrivés en Grèce venaient de Syrie, 25% d'Afghanistan et 17% d'Irak.

Selon un reponsable de l'OIM, la hausse des arrivées en Italie depuis le 1er janvier 2016 s'explique par le nombre croissant de migrants originaires d'Afrique subsaharienne, en particulier du Nigeria, de Gambie et du Mali. Le nombre de migrants venus du Maroc est également en hausse, avec 483 arrivées en janvier 2016 contre 93 en janvier 2015.

Des migrants bloqués aux frontières

Actuellement, environ 10.000 migrants et réfugiés sont bloqués côté grec à la frontière avec la Macédoine.

Depuis le début de l'année, les mesures restrictives et dissuasives contre les migrants se sont multipliées en Europe, tant dans les Balkans, devenus la principale route des migrants, que dans les pays où ils souhaitent s'installer.

L'Autriche, la Croatie, la Slovénie, membres de l'UE, ainsi que la Macédoine et la Serbie (non membres) ont décidé de limiter le nombre de migrants autorisés sur leur territoire.

Dans le nord de la France, à Calais, des centaines de migrants voulant rejoindre le Royaume-Uni se trouvent bloqués dans un vaste campemement où s'entassent entre 3.700 et 7.000 personnes surtout Syriens, Afghans et Soudanais.

- Une relocalisation laborieuse -

Malgré l'opposition de plusieurs Etats membres dont la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie, l'Union européenne a adopté à l'automne 2015 un plan de relocalisation de réfugiés dans les pays de l'UE, depuis l'Italie et la Grèce.

Ce plan, juridiquement contraignant, prévoit la répartition de 160.000 réfugiés en instaurant des quotas obligatoires. Mais pour l'heure, seulement 642 personnes ont effectivement été transférées.

Aide de l'UE

Mercredi, l'UE a proposé une aide humanitaire de 700 millions d'euros pour soutenir ses Etats membres en première ligne face à l'afflux massif de migrants.

Athènes avait soumis un "plan d'urgence" à l'UE pour l'aider à gérer l'accueil de 100.000 réfugiés, estimant à 480 millions d'euros ses besoins financiers alors que 23.000 migrants se trouvent sur son territoire.

Un sommet UE-Turquie crucial sur la crise migratoire est prévu le 7 mars à Bruxelles.

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