Gaza: la population civile est "au bord du gouffre"

31/07/14 à 20:55 - Mise à jour à 20:55

Source: Le Vif

Les Palestiniens dans la bande de Gaza sont "au bord du gouffre", a déclaré jeudi Pierre Krähenbühl, le chef de l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. L'organisation appelle par ailleurs à un "cessez-le-feu immédiat" et à des "pauses humanitaires".

Gaza: la population civile est "au bord du gouffre"

© Reuters

S'exprimant par audioconférence depuis Gaza, il a appelé solennellement le Conseil et la communauté internationale à "prendre les mesures nécessaires pour faire face à cette situation extrême". "Je pense que la population (à Gaza) est au bord du gouffre", a-t-il affirmé. M. Krähenbühl a indiqué qu'avec quelque 220.000 Palestiniens désormais réfugiés dans les installations de l'ONU à Gaza, "les conditions de vie dans ces refuges sont de plus en plus précaires", soulignant le manque de moyens sanitaires et le risque de maladies. "Des milliers de femmes réfugiées dans nos écoles sont enceintes", a-t-il notamment indiqué. Il a dit craindre un nouvel afflux de civils dans des refuges de l'ONU déjà surpeuplés après de récents appels lancés par Israël aux civils à quitter leurs domiciles.

"Nous avons atteint les limites de nos capacités d'accueil". Appelant "toutes les parties à respecter l'inviolabilité des installations de l'ONU", le patron de l'UNRWA a réclamé un "cessez-le-feu immédiat et sans condition". Mais il a aussi estimé que "le blocus illégal de Gaza doit être levé" si on ne veut pas que la bande de Gaza devienne "un endroit invivable dans quelques années". M. Krähenbühl a réitéré sa condamnation ferme de l'attaque mercredi contre une école de l'ONU à Gaza, demandant une "enquête transparente" de la part du gouvernement israélien.

S'exprimant devant le Conseil par vidéo-conférence, la patronne des opérations humanitaires de l'ONU Valerie Amos a réclamé "de nouvelles pauses humanitaires, quotidiennes, prévisibles et assez longues" pour permettre de secourir la population de Gaza en attendant un hypothétique cessez-le-feu. "La guerre elle-même est soumise à des règles", a affirmé Mme Amos. Mais "la réalité à Gaza aujourd'hui est qu'aucun endroit n'est sûr", a-t-elle ajouté, soulignant que 103 installations de l'ONU à Gaza avaient été la cible d'attaques depuis le début du conflit.

S'adressant à la presse, le représentant palestinien à l'ONU Ryad Mansour a déploré que "la communauté internationale ait failli à ses obligations" envers les Palestiniens de Gaza et il a réclamé une nouvelle fois une résolution du Conseil condamnant l'offensive israélienne.

L'ambassadeur israélien Ron Prosor a quant à lui montré aux journalistes une photographie aérienne censée prouver que les combattants du Hamas "utilisent leur propre population comme des boucliers humains" en plaçant des rampes de lancement de roquettes à quelques dizaines de mètres d'écoles primaires. "Aucun soldat israélien ne vise délibérément des civils", a-t-il affirmé, déplorant que "la communauté internationale soit prompte à condamner Israël et lente à condamner le Hamas".

L'ONU appelle à un "cessez-le-feu immédiat" et à des "pauses humanitaires"

Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé jeudi à un "cessez-le-feu humanitaire immédiat et sans conditions" à Gaza et a préconisé des "pauses humanitaires" pour secourir la population. Cette déclaration du Conseil, faite à l'issue de quatre heures de consultations à huis clos, ne contient aucune référence au bombardement mercredi d'une école de l'ONU à Gaza où s'étaient réfugiés des civils palestiniens.

Dans le même temps, on apprenait que neuf Palestiniens avaient été tués par une frappe aérienne israélienne contre une maison dans le camp de réfugiés de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza. Le porte-parole des services de secours locaux, Achraf al-Qodra, ajoutait que trois personnes avaient été tuées dans d'autres frappes dans le sud de l'enclave palestinienne, et qu'un corps a été sorti des décombres à Khan Younès, portant le bilan des morts palestiniens à 1.435 depuis le début de l'offensive israélienne.

En savoir plus sur:

Nos partenaires