Enquête sur les voyages de Nicolas Sarkozy en jet privé

18/02/15 à 16:56 - Mise à jour à 16:56

Source: Belga

Des juges du pôle financier de Paris enquêtent sur trois vols en jet privé de Nicolas Sarkozy en 2012 et 2013 facturés plus de 300.000 euros à une société d'un ami entrepreneur, Stéphane Courbit, selon des sources concordantes.

Enquête sur les voyages de Nicolas Sarkozy en jet privé

Nicolas Sarkozy © AFP

Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire le 19 décembre pour abus de biens sociaux, complicité et recel, au préjudice éventuel de la société Lov Group de M. Courbit, ont affirmé des sources judiciaire et proche du dossier. L'abus de bien social punit le fait pour un dirigeant de faire avec sa société des actes contraires à l'intérêt de celle-ci, dans un but personnel ou celui d'une autre société dans laquelle il a un intérêt. Parmi les documents découverts lors d'une perquisition dans cette société, les enquêteurs ont saisi dix factures adressées à Lov Group, dont trois concernent les vols en jet privé de l'ancien président français de droite, battu en mai 2012 par le socialiste François Hollande. Ces vols ont été effectués dans trois avions différents en partance de l'aéroport d'affaires du Bourget, près de Paris, à destination de Doha (Qatar), où l'ex-président s'est rendu en décembre 2012, des Etats-Unis fin janvier 2013, et d'Abou Dhabi (Emirats arabes unis) en février 2013. Selon une source proche du dossier, les factures saisies par les enquêteurs montrent que le premier vol a été facturé 102.000 euros à Lov Group, le deuxième 95.000 euros et le dernier 104.000 euros. En septembre, l'avocat de M. Courbit, Christophe Ingrain, avait justifié ces trois voyages par le projet de son client de créer un fonds d'investissement dans lequel Nicolas Sarkozy était impliqué. Mais ce projet avait été abandonné après l'inculpation (mise en examen) pour abus de faiblesse de M. Courbit dans le dossier judiciaire lié à la milliardaire Liliane Bettencourt, avait expliqué l'avocat. Stéphane Courbit comparaît actuellement au procès Bettencourt à Bordeaux. Il est soupçonné comme neuf autre prévenus d'abus de faiblesse sur l'héritière de L'Oréal, au sujet d'un investissement de la vieille dame de 143 millions d'euros dans Lov Group. Nicolas Sarkozy a bénéficié d'un non-lieu dans cette affaire, après avoir aussi été inculpé pour abus de faiblesse. Mais du financement de ses campagnes présidentielles à son inculpation pour corruption, l'ancien chef de l'Etat est cité dans plusieurs dossiers judiciaires susceptibles de contrarier ses ambitions pour la présidentielle de 2017.

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