Egypte : l'armée cherche une sortie de crise

22/11/11 à 10:42 - Mise à jour à 10:42

Source: Le Vif

Le Conseil suprême des forces armées qui dirige le pays a convié les partis politiques à dialoguer, après la démission du gouvernement lundi. Il envisagerait de nommer Mohamed el-Baradei comme nouveau Premier ministre.

Egypte : l'armée cherche une sortie de crise

© Image Globe

Le chef de l'armée au pouvoir en Egypte, le maréchal Hussein Tantaoui, va s'adresser sous peu à la nation, a annoncé mardi midi la télévision d'Etat. Cette intervention aura lieu après l'annonce de l'ouverture d'une réunion entre le Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui dirige le pays et des forces politiques pour chercher une issue à la crise.

Ouverture du dialogue

Pour la première fois depuis le début des violences entre manifestants et police qui ont fait 28 morts depuis samedi, et la démission du gouvernement lundi soir, le CSFA a reconnu que le pays était en "crise", appelant "en urgence" les forces politiques à un dialogue "pour examiner les moyens d'en sortir le plus rapidement possible". Cette réunion de dialogue a lieu ce mardi.
De nombreux mouvements politiques ont demandé la formation d'un "gouvernement de salut national", à moins d'une semaine des premières législatives tenues depuis la chute d'Hosni Moubarak, alors que le CSFA n'a pas encore accepté ou refusé la démission de l'équipe gouvernementale d'Essam Charaf, nommé en mars pour gérer les affaires courantes.

Mohamed el-Baradei Premier ministre?

L'armée aurait discuté de la possibilité de nommer Mohamed el-Baradei, ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique, comme nouveau Premier ministre à sa place, a indiqué une source militaire présente à la réunion de ce mardi. Opposant résolu au président Hosni Moubarak, renversé en février dernier, Mohamed el-Baradei est aujourd'hui très critique de la politique menée par le CSFA.

Le nom d'Abdelmoneim Aboul Fotouh, candidat potentiel à la présidence et ancien membre des Frères musulmans, a également été évoqué lors de ces entretiens centrés sur la présentation de la démission du gouvernement.

Les Frères musulmans acceptent le dialogue

Les Frères musulmans d'Egypte, la force politique la mieux organisée du pays et sans doute la mieux placée pour les élections qui débutent le 28 novembre, ont répondu favorablement à la réunion de dialogue convoquée par le pouvoir militaire, après plusieurs jours de violences entre manifestants et police.

Le Parti de la liberté et de la justice issu de la confrérie a appelé le CSFA, au pouvoir depuis la chute de Moubarak, à poursuivre les auteurs "des horribles crimes" commis et à arrêter "l'effusion de sang". Il faisait référence aux trois jours d'affrontements meurtriers entre forces de l'ordre et manifestants hostiles au pouvoir militaire en place depuis la chute du président Hosni Moubarak, qui ont fait 26 morts dans le pays, notamment sur la place Tahrir.

Ils ont aussi annoncé qu'ils ne participeront pas à la manifestation de ce mardi, au Caire, contre le pouvoir militaire. "Plus le nombre (de manifestants) grandit, plus il y aura des tensions", a affirmé Saad al-Katatny, secrétaire général du parti. Les Frères musulmans, très critiques eux aussi à l'égard du pouvoir militaire, sont hostiles à un potentiel report du scrutin, pour lequel ils estiment être en position de force.

Manifestation massive

Des mouvements égyptiens à l'origine du soulèvement ont appelé à une manifestation massive ce mardi pour réclamer la fin du pouvoir militaire. Des milliers de personnes ont commencé de se rassembler en début d'après-midi sur l'emblématique place Tahrir. Ils accusent le pouvoir militaire de chercher à s'incruster et de rééditer la politique de répression du régime de Moubarak.

Les militants semblent déterminés à manifester jusqu'au bout pour pousser le CSFA à remettre rapidement le pouvoir à une autorité civile. L'armée s'était engagée à rendre le pouvoir aux civils après une élection présidentielle qui doit suivre les législatives mais dont la date n'est toujours pas connue et qui pourrait ne pas intervenir avant 2013.

Le Vif.be, avec L'Express.fr

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