Ebola, fièvre la plus grave depuis la pandémie de grippe H1N1

07/08/14 à 07:16 - Mise à jour à 07:16

Source: Le Vif

Les autorités sanitaires américaines ont porté leur alerte au niveau le plus élevé, alors que la présidente du Liberia a décrété l'état d'urgence. En Belgique, Brussels Airlines va revoir son schéma de vol vers l'Afrique de l'Ouest.

Ebola, fièvre la plus grave depuis la pandémie de grippe H1N1

© REUTERS

La présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf a décrété l'état d'urgence, estimant que l'épidémie de virus Ebola "exigeait des mesures extraordinaires pour la survie de l'Etat", dans une allocution publique au cours de la nuit de mercredi à jeudi.

Rappelant les mesures prises depuis deux semaines dans le pays pour enrayer la contagion, dont la mise en congé forcé pour 30 jours des fonctionnaires non essentiels, la fermeture des écoles et la désinfection des lieux publics, Mme Sirleaf a déploré que "la menace continue à grandir".

"L'ignorance, la pauvreté, ainsi que des pratiques culturelles et religieuses bien ancrées continuent à exacerber la propagation de la maladie, en particulier en province", a-t-elle souligné, en référence notamment aux contacts avec les cadavres lors des rites funéraires.

"L'ampleur et l'échelle de l'épidémie, la virulence et la mortalité du virus dépassent maintenant les capacités et les prérogatives de quelque agence gouvernementale ou ministère que ce soit", a poursuivi la présidente libérienne.

"Le virus Ebola, les ramifications et les conséquences de la maladie, constituent à présent un trouble affectant l'existence, la sécurité et le bien-être de la République, représentant un danger clair et immédiat", a affirmé Mme Sirleaf avant de décréter l'état d'urgence pour 90 jours, qui sera soumis jeudi au Parlement.

L'épidémie d'Ebola, la plus grave de l'histoire de cette fièvre hémorragique depuis son apparition en 1976, a fait 932 morts sur 1.711 cas (confirmés, suspects ou probables): 363 en Guinée, 282 au Liberia, 286 en Sierra Leone et un au Nigeria, selon le dernier bilan au 4 août de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Les derniers bilans sont particulièrement inquiétants pour le Liberia, qui compte 48 des 108 nouveaux cas recensés, parmi lesquels 27 des 45 nouveaux cas mortels.

Les autorités sanitaires américaines passent au niveau d'alerte le plus élevé

Les autorités sanitaires américaines ont porté mercredi leur alerte sanitaire au niveau 1, le plus élevé, pour mieux répondre à l'épidémie d'Ebola, a déclaré un porte-parole à l'AFP.

"Cette activation nous permet de mobiliser les ressources dans toute l'agence pour répondre à cette crise", a expliqué Tom Skinner, porte-parole des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

"C'est la première fois depuis 2009 que cette alerte maximum est déclenchée. Elle avait alors été mise en place pour la pandémie de grippe H1N1", a-t-il précisé.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) fait désormais état de 932 morts sur 1.711 cas d'infection pour cette épidémie d'Ebola touchant surtout trois pays d'Afrique de l'ouest, selon une estimation au 4 août, ont indiqué mercredi les autorités sanitaires américaines (CDC).

Le précédent bilan au 1er août donnait 887 décès sur quelque 1.603 cas d'infection depuis mars.

La Sierra Leone, le Liberia et la Guinée sont les pays les plus touchés. Au Nigeria, où l'on craint une propagation de l'épidémie, on dénombre neuf cas suspects d'infection et un décès probable, précisent les CDC sur leur site internet.

Brussels Airlines va revoir son schéma de vol vers l'Afrique de l'Ouest

La compagnie aérienne Brussels Airlines a décidé, sous la pression de son personnel, de revoir son schéma de vol vers les pays d'Afrique de l'Ouest touchés par le virus Ebola, dévoilait mercredi soir la VRT. L'information a été confirmée par la compagnie et dans les milieux syndicaux. Un nouveau schéma de vol sera adopté dès jeudi.

Le personnel n'a pas de problèmes à décoller et à atterrir dans les régions touchées, mais ne souhaite plus y passer de nuitée, ce qui était pourtant nécessaire dans le schéma de vol actuel, explique le délégué SETCa, Olivier Van Camp.

Le porte-parole de Brussels Airlines, Geert Sciot, estime qu'on ne peut pas véritablement parler de panique au sein du personnel. "Nous prenons en compte la préoccupation de notre personnel, d'où cette mesure préventive", a-t-il commenté.

Jusqu'à présent, le crew de la compagnie passait la nuitée sur place dans les environs de Monrovia (Liberia). Désormais, les nuitées seront passées dans un autre pays d'Afrique de l'Ouest "le Sénégal, la Gambie ou la Côte d'Ivoire", a détaillé M. Sciot. Une escale technique sera donc nécessaire.

Brussels Airlines continuera bien à assurer ses vols habituels dans la région. Mardi, la compagnie anglaise British Airways avait pour sa part annoncé la suspension jusqu'au 31 août au moins de ses vols vers le Libéria et la Sierra Leone, deux des quatre pays africains touchés par l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola.

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