De nombreux enfants réfugiés exploités dans l'industrie du sexe

22/04/16 à 16:11 - Mise à jour à 16:15

Source: De Morgen

10 000 enfants réfugiés manquent à l'appel depuis leur arrivée en Europe. Selon le chef d'Europol, Dietrich Neumann, une grande partie d'entre eux seraient tombés entre les mains de la criminalité organisée et seraient exploités dans l'industrie du sexe.

De nombreux enfants réfugiés exploités dans l'industrie du sexe

Migrants cherchant à gagner la Grèce face à un gendarme turc sur les côtes © Reuters

Europol a annoncé récemment qu'environ 10 000 enfants de réfugiés avaient disparu. Selon Dietrich Neumann, le chef d'Europol, on saurait maintenant où ils sont: exploités dans l'industrie du sexe, entre les mains de la criminalité organisée, rapporte De Morgen.

Au parlement européen, la libérale flamande Hilde Vautmans s'offusque: "J'en suis malade. Lorsqu'un chat oui un chien disparait, tout le quartier le cherche et des actions sont menées sur Facebook. On parle ici de 10 000 enfants et avec combien de parlementaires sommes-nous réunis ici ? Combien de ces enfants vivent encore ? Combien sont déjà morts pour leurs organes ? Nous avons encore ici beaucoup de pain sur la planche".

Pour le Néerlandais Jeroen Lenaers, il faut que les enfants en dessous de 14 ans soient enregistrés. Par ailleurs, ils doivent pouvoir demander l'asile dans le pays dans lequel ils séjournent et non le pays dans lequel ils sont arrivés. Ils doivent être mieux pris en charge. Sa collègue écologiste Judith Sargentini s'est ainsi plainte la semaine dernière que la Grèce ne contrôlait pas les filles mineures accompagnées d'adultes masculins inconnus.

En réalité, les autorités européennes ne connaissent pas grand-chose du sort précis de ces enfants réfugiés dont on a perdu la trace. Le nombre de 10 000 est une estimation. En Allemagne, il y en aurait presque 5000 de disparus. Les autres états membres doivent veiller à des annonces plus précises.

"Un scandale"

Un accueil qui présente des manquements a des conséquences importantes, selon Georgia Dimitropoulou de l'agence des droits fondamentaux de l'union tout comme pour Delphine Moralis de l'ONG Missing Children Europe. Les mineurs non accompagnés se retrouvent souvent sans tuteur ou point de contact lors de leur accueil, ils désirent partir à la recherche de leur famille et sont souvent plutôt en contact avec des exploitants d'êtres humains qu'avec des personnes qui veulent vraiment les aider. "Aucun enfant ne reste s'il n'est pas accueilli, car il a peur de se voir refuser sa demande d'asile. Il veut se faire une place dans la société et gagner de l'argent", selon Dimitropoulou. Selon Delphine Moralis, de nombreuses disparitions ne sont pas signalées et la police se montre floue avec les informations. Un scandale pour Lenaers, car il faut réagir vite: "la chance de retrouver un enfant s'amenuise à chaque seconde qui passe".

Selon Neumann d'Europol, il n'existe pas de solution miracle, mais Europol devrait pouvoir disposer de plus de moyens financiers contre l'exploitation des êtres humains.

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