David Cameron part en guerre contre les beuveries du week-end

24/03/12 à 18:10 - Mise à jour à 18:10

Source: Le Vif

Le "binge drinking" - beuveries très prisées des jeunes - coûtent 3,2 milliards d'euros par an au service public de santé britannique. Le Premier ministre a donc décidé d'augmenter le prix des cidres, des bières fortes et des spiritueux.

David Cameron part en guerre contre les beuveries du week-end

© Belga/AFP

C'est un sérieux coup porté à la culture de bière. Le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé vendredi une série de mesures, dont un prix minium de 40 pence par unité d'alcool, pour lutter contre le "binge drinking", ces beuveries qui coûtent 2,7 milliards de livres (3,2 mds d'euros) par an au service public de santé.

"Le +binge drinking+ entre pour la moitié de la consommation d'alcool dans ce pays", a déclaré le Premier ministre. "Mon message est simple. Nous ne pouvons pas continuer comme cela". Il propose d'instaurer un prix minimum de 40 pence (50 centimes d'euro) par unité d'alcool (10 ml d'éthyl alcool) vendue.

La mesure frappera en priorité les cidres vendus à bas prix, les bières fortes et les spiritueux bradés. Par exemple, une bière extra forte qui contient trois unités d'alcool verrait son prix passer de 75 pence à 1,20 livres (1,40 euro). Les cidres forts, à quatre unités d'alcool, verraient leur prix quasiment doubler à presque deux euros. Le prix minimum vise à contenir l'achat d'alcool à prix bradés dans les supermarchés.

"Soyons clairs, ceci ne va pas porter atteinte aux pubs", a lancé M. Cameron. "Une pinte de bière contient deux unités d'alcool, si le prix minimum est à 40 pence par unité, la pinte ne sera pas touchée". Selon le gouvernement, la mesure pourrait même avantager les pubs, en empêchant les supermarchés de vendre à prix cassés. Le gouvernement envisage en effet d'interdire les promotions de type "deux boissons pour le prix d'une" et d'introduire une taxe pour les pubs qui ouvrent tard, une façon de compenser le coût pour assurer la sécurité publique dans leur voisinage.

La culture du "binge drinking" s'est traduite l'an dernier par 1,2 million d'hospitalisations et un million de délits et crimes liés à l'alcool, selon les chiffres officiels. Le gouvernement entend lancer une consultation pendant l'été. La future législation s'appliquera en Angleterre.

L'Ecosse envisage également un prix minimum pour l'alcool. "Nous allons lancer une consultation, mais un prix minimum de 40 pence se traduirait par 50.000 crimes et délits en moins chaque année et 900 morts liées à l'alcool évitées par an d'ici la fin de la décennie", a estimé M. Cameron. La fédération du commerce de détail a vigoureusement protesté. En revanche, les associations de lutte contre l'alcoolisme et le corps médical ont applaudi cette annonce.

LExpansion.fr

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