Côte d'Ivoire : la communauté internationale appelle au calme

07/03/11 à 12:03 - Mise à jour à 12:03

Source: Le Vif

Face à la montée des violences à Abidjan et dans l'ouest du pays, l'Union Africaine notamment appelle à "l'arrêt immédiat des tueries". Le panel de chefs de l'Etat continue quant à lui sa mission de médiation.

Côte d'Ivoire : la communauté internationale appelle au calme

© EPA

La flambée de violences depuis deux semaines fait craindre que la crise post-électorale, née du scrutin du 28 novembre 2010 ne débouche sur une guerre civile en Côte d'Ivoire.

Sept femmes ont été tuées par balles lors d'une manifestation pro-Ouattara jeudi 3 mars, à Abidjan, dans le quartier d'Abobo (nord). Des témoins et la mission de l'ONU dans le pays, l'Onuci, ont accusé les Forces de défense et de sécurité (FDS) loyales à Laurent Gbagbo, président sortant, qui ont décliné toute responsabilité.

Par ailleurs, l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), alliée à Alassane Ouattara, a pris ce dimanche la ville de Toulépleu, dans l'ouest du pays, aux forces du président sortant Laurent Gbagbo après de violents combats.

L'ONU craint un "résurgence de la guerre civile" Face à la montée des violences, les déclarations appelant au calme se sont faites plus fermes ces derniers jours. Vendredi 4 mars, le panel de l'Union Africaine (UA), constitué de cing chefs de l'Etat africains, s'est réuni à Nouakchott, et a exigé "l'arrêt immédiat des tueries" et des manifestations pouvant "dégénérer en troubles et en violences".

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a aussi réclamé "l'arrêt immédiat de la violence", et accusé Laurent Gbagbo de "mépris inhumain pour la vie humaine et l'Etat de droit".

Le Conseil de sécurité de l'ONU redoute par ailleurs une "résurgence de la guerre civile". Après un putsch manqué, les combats de 2002-2003 avaient coupé le pays en deux, le nord étant aux mains de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) désormais alliée à Alassane Ouattara.

Quant à la Cour Pénale Internationale (CPI), elle se dit prête à "agir vite" contre les auteurs de crimes contre la population civile en Côte d'Ivoire, a déclaré ce samedi sa procureur adjointe, Fatou Bensouda. "Nous collectons des informations, nous analysons des informations, et nous serons prêts à agir dans un très court délai", a-t-elle précisé.

Les violences ont déjà fait 365 morts depuis fin 2010, dont 50 en une semaine, selon le bilan établi par l'Onuci avant la mort des sept femmes dans le quartier d'Abobo, foyer des marches pro-Ouattara et champ de bataille entre FDS et insurgés armés.

Le panel continue sa mission de médiation

Concernant les solutions "contraignantes", que le quintette de l'UA a promis de trouver pour résoudre la crise post-électorale en Côte d'Ivoire, le chef de l'Etat mauritanien, qui le préside, a affirmé que le groupe est parvenu vendredi dernier, par "consensus", à une "décision", et s'est dit confiant en une "solution pacifique".

Concrètement, le président de la Commission de l'Union Africaine, Jean Ping, arrivé ce samedi à Abidjan, a été chargé de remettre à Laurent Gbagbo et à son rival Alassane Ouattara un "message" du panel de médiateurs. Rien n'a cependant été dévoilé de ce message. Une réunion se tiendra dans les prochains jours entre le président de cette Commission et chaque partie du différend ivoirien.

Un entretien est également prévu entre Jean Ping et le président du Conseil constitutionnel Paul Yao N'Dré. Proche du président sortant Laurent Gbagbo, Paul Yao N'Dré est au coeur de la crise post-électorale. Alors qu'Alassane Ouattara a été déclaré vainqueur par la commission électorale et l'ONU, le Conseil constitutionnel a invalidé en partie ces résultats, au nom de "fraudes" dans le nord pro-Ouattara, et proclamé Laurent Gbagbo réélu.

Le Vif.be, avec L'Express.fr

En savoir plus sur:

Nos partenaires