Ces diplomates obsédés par le nucléaire iranien

03/07/15 à 16:53 - Mise à jour à 16:53

Source: Belga

Nucléaire iranien au menu matin, midi et soir. Depuis des mois. Enfermés dans des chambres d'hôtel des heures durant, pour un minutieux marchandage sur un des dossiers les plus complexes et techniques qui soit, les diplomates espèrent eux aussi voir "le bout du chemin".

Ces diplomates obsédés par le nucléaire iranien

© Reuters

Leurs ministres vont et viennent, partent et repartent, mais eux restent sur place. Et négocient, en boucle, sur les mêmes sujets: sanctions, inspections, enrichissement d'uranium, recherche et développement... "C'est assez obsessionnel, j'aimerais bien faire autre chose", sourit un diplomate occidental, qui a donné aux membres de son équipe un jour "off" à tour de rôle, "sinon il y a de quoi devenir chèvre"... Pour oublier le nucléaire iranien, l'un de ces experts est même allé en vélo jusqu'en Slovaquie (70 km). Exploitant chaque moment de trêve, certaines délégations se risquent parfois à aller dîner dans un parc viennois, au risque de tomber sur des journalistes en manque d'information et tous crocs dehors. Tel diplomate se garde ainsi de dire dans quel hôtel il réside, par peur de croiser dans la piscine de son hôtel, comme lors d'une précédente session de négociations, une journaliste qui l'interroge sur l'avancée des pourparlers alors qu'il sort la tête de l'eau. Le dernier week-end avant le retour des ministres s'annonce encore lourd pour les "petites mains" du nucléaire iranien. Ainsi, les chefs des délégations américaine, iranienne et européenne et leurs experts ont travaillé jusqu'à trois heures du matin vendredi, une séance de discussions de six heures sans interruption. "Ca sent la fin", veut pourtant croire le diplomate occidental, à 48 heures du retour des ministres dans la capitale autrichienne pour "faire les derniers arbitrages politiques" et peut être conclure, enfin, un marathon diplomatique entamé en septembre 2013. Même si, côté iranien, on répète "ne pas être prisonnier du temps" ni être tenu par la nouvelle date butoir du 7 juillet. Dans cette négociation sans précédent, les jours J ont toujours été allégrement dépassés. Ce qui fait que de prolongations en prolongations, les experts des délégations des grandes puissances et de l'Iran transpirent maintenant depuis des mois sur cet accord "introuvable", ou "à portée de main", suivant les jours. "Certains de nos experts vivent ici (à Vienne) depuis maintenant des semaines. Ce sont des héros exceptionnels, et je dirais ça de tous les experts de toutes les délégations", lançait il y a quelques jours un haut responsable américain, lyrique. "Ils travaillent de 7 heures du matin jusqu'à minuit, si ce n'est plus, quasiment chaque jour. Ils n'ont pas vu leurs familles, leurs enfants. Ils ont raté des anniversaires. Ils ont raté beaucoup de choses", ajoutait-il. De Genève à New York, de Lausanne à Vienne, les délégations iranienne et du P5 +1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne) sont désormais de vieilles connaissances. "L'atmosphère est plutôt bonne, tout le monde se connaît très bien maintenant. On peut s'expliquer de manière franche", raconte un diplomate. Même si, lorsqu'il est question de donner des gages de confiance et de trancher des points difficiles, "chacun se regarde en chien de faïence".

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