Breivik demande sa relaxe et se dit prêt à recommencer à tuer

17/04/12 à 11:30 - Mise à jour à 11:30

Source: Le Vif

Anders Behring Breivik s'est expliqué ce mardi, lors de la deuxième journée de son procès devant le tribunal d'Oslo. L'extrémiste de droite qui reconnaît avoir tué 77 personnes l'an dernier en Norvège a déclaré qu'il "le referait".

Breivik demande sa relaxe et se dit prêt à recommencer à tuer

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"Oui, je le ferais de nouveau". C'est ce qu'a affirmé Anders Behring Breivik lors de la deuxième journée de son procès devant le tribunal d'Oslo. L'extrémiste de droite qui reconnaît avoir tué 77 personnes en juillet dernier en Norvège, a commencé à témoigner ce mardi. Il a ajouté que les adolescents tués à Utoya n'étaient pas des "enfants innocents" et que pour lui finir sa vie en prison ou mourir pour son peuple constituaient "le plus grand honneur".

Il avait auparavant annoncé avoir "allégé la rhétorique" de son intervention par égard pour les victimes. Le tueur a finalement été autorisé à lire une déclaration qu'il avait préparée mais que les juges pouvaient refuser d'entendre.

Breivik utilise le "nous" quand il évoque sa cause

"Les jeunes du Parti travailliste sont naïfs et endoctrinés, ils n'étaient pas des enfants innocents, mais des militants politiques", assure Breivik qui a tué 69 personnes, en majorité des adolescents, sur l'île d'Utoeya où se déroulait un camp d'été des Jeunesses travaillistes. "Tuer 70 personnes peut empêcher une guerre civile", dit-il aussi. "Les gens qui me disent diabolique confondent le fait d'être diabolique et d'être violent", se défend l'accusé. La différence réside dans les intentions : certaines violences peuvent empêcher des violences plus grandes encore, explique-t-il en substance. "Lorsque la révolution pacifique est impossible, la seule option est la révolution violente", continue Breivik qui utilise le "nous" quand il évoque sa cause, donnant l'impression qu'il représente une mouvance plus large.
Son avocat Geir Lippestad avait demandé la permission qu'il lise un texte, dont la lecture prendrait une trentaine de minutes. Geir Lippestad a préparé les esprits en disant qu'il fallait s'attendre à des propos "difficiles" à entendre.

L'intervention de l'accusation, lundi, a été parsemée de moments forts avec des vidéos montrant l'explosion d'une camionnette piégée près du siège du gouvernement et l'appel de détresse à la police d'une jeune fille coincée sur l'île d'Utoeya alors que retentissent les coups de feu tirés par Breivik.

L'accusé n'avait eu que peu d'occasions de prendre la parole lundi sauf pour récuser la Cour puis pour se déclarer non coupable. "Je reconnais les faits mais je ne reconnais pas ma culpabilité (au sens pénal du terme, ndlr). J'invoque la légitime défense", a-t-il déclaré.

Le 22 juillet 2011, Breivik avait d'abord tué huit personnes en faisant exploser une bombe au pied de la tour qui abrite le siège du Premier ministre travailliste, absent à ce moment-là. Puis, déguisé en policier, il avait froidement tiré pendant plus d'une heure sur des membres de la Jeunesse travailliste réunis en camp d'été sur l'île d'Utoeya, près d'Oslo, faisant 69 autres victimes, essentiellement des adolescents.

Questions sur la santé mentale de l'accusé

Le principal point d'interrogation du procès qui devrait durer 10 semaines porte sur la santé mentale de l'accusé. Jugé psychotique et donc pénalement irresponsable par un premier rapport psychiatriques l'an dernier, l'accusé a ensuite été déclaré sain d'esprit par une contre-expertise dont les résultats ont été publiés le 10 avril.

En dernier ressort, il reviendra aux cinq juges de trancher cette délicate question dans leur verdict attendu en juillet.Si Breivik est reconnu pénalement responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourra ensuite éventuellement être prolongée aussi longtemps qu'il sera considéré comme dangereux. Dans le cas contraire, il devra subir un traitement psychiatrique dans un établissement fermé, potentiellement à vie.

Le Vif.be, avec L'Express.fr

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