Attentats en Corse : que s'est-il passé ?

08/12/12 à 16:19 - Mise à jour à 16:19

Source: Le Vif

Quelques heures après le meurtre d'un homme, une vingtaine d'explosions ont touché des villas secondaires de l'île. Les attentats n'ont pas été revendiqués mais un homme, un militant du FLNC déjà condamné pour des attentats, a été arrêté. Le point sur la situation.

Attentats en Corse : que s'est-il passé ?

© AFP

Nouvelle "nuit bleue" sur l'Ile de Beauté. Dans la nuit de vendredi à samedi, une vingtaine d'explosions ont visé des résidences secondaires aux quatre coins de la Corse. Les attentats n'ont pour l'heure pas été revendiqués mais un homme a été arrêté en possession d'explosifs. Cette série d'attaque intervient quelques heures après l'assassinat du patron d'une boite de nuit de Calvi. L'Express fait le point.

Que s'est-il passé ?

Vendredi soir, entre 22h30 et 23 heures, la Corse s'est embrasée. Une vingtaine d'attentats a visé des résidences secondaires aux quatre coins de l'île de Beauté. Selon BFM-TV, toutes les villas visées appartiennent à des continentaux. Ces explosions, qui ont touché 14 communes, n'ont fait aucune victime mais d'importants dégâts matériels. "Parmi ces attentats, on recense des dégâts importants, notamment sur des maisons en construction, qui sont complètement détruites", a indiqué une source policière.

Depuis le 1er janvier, 70 attentats ont touché l'île, contre 62 en 2011. En mai, lors d'une précédente "nuit bleue", des attentats revendiqués par le FLNC avaient déjà visé des résidences secondaires, symboles de "dépossession" de la terre corse et de "dérive spéculative" selon l'organisation clandestine.

Qui est à l'origine de cette série d'attentats ?

Les attentats n'ont pas été officiellement revendiqués mais tout porte à croire qu'il pourrait s'agir de l'oeuvre du FLNC, le mouvement indépendantiste corse. En effet, ces explosions ont été commises à la veille de la "festa di a nazione" du 8 décembre, la "fête de la nation" qui réunit toute la famille nationaliste. Par ailleurs, une inscription "FLNC" a été découverte sur l'une des maisons visées à Sartène.

La piste du FLNC a été renforcée par l'arrestation d'un homme vendredi soir, quelques heures avant la série d'attaques. Les douaniers ont retrouvé dans le coffre de sa voiture 1,2 kg d'explosif, une mèche lente et un détonateur. Selon les premiers éléments de l'enquête, cet homme, Paul-André Contadini, âgé de 32 ans, militant au sein du FLNC-Union des combattants, est connu de la justice pour des faits de terrorisme avec une condamnation en 2008 pour des attentats au début des années 2000 . Il est actuellement entendu par les enquêteurs.

Y a-t-il un lien avec le meurtre commis vendredi à Calvi ?

Quelques heures avant cette série d'attaques, un homme a été assassiné en pleine rue à Calvi. Jérémy Mattioni, 29 ans, a été pris pour cibles par plusieurs tireurs alors qu'il se trouvait dans sa voiture avec son beau-fils, âgé de 11 ans. L'homme est parvenu à s'extraire de son véhicule mais est décédé quelques mètres plus loin. L'enfant a été légèrement blessé par des bris de glace, mais ses jours ne sont pas en danger. "C'est une exécution d'une violence inouïe, en présence d'un enfant, avec un tir d'achèvement et avec utilisation de plusieurs armes puisque l'on peut voir près du véhicule criblé de balles des munitions d'armes de chasse et certainement d'armes automatiques", a déclaré Dominique Alzéari, procureur de la République de Bastia.

Mais selon les autorités, il est encore trop tôt pour faire le lien entre la série d'attentats et cet assassinat.

Manuel Valls réaffirme sa fermeté

Cette série d'attaque intervient deux semaines après la venue du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls et de la garde des Sceaux, Christiane Taubira sur l'île. "Ceux qui commettent des crimes, ceux qui font exploser des villas, doivent savoir que la volonté et la détermination de l'Etat de mettre fin à ces agissements criminels est totale", a réaffirmé Manuel Valls. Il a également promis une "politique de harcèlement contre ces individus"."Nous ne devons pas céder au fatalisme qui peut exister devant une violence qui est ancrée en Corse depuis longtemps, depuis si longtemps...".

Le 22 octobre, quelques jours après l'assassinat de l'avocat Antoine Sollacaro, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait déjà annoncé toute une série de mesures pour lutter contre le grand banditisme en Corse. Parmi ces mesures figuraient la création d'une cellule interministérielle de coordination ains que le renforcement des moyens d'enquête.

Caroline Politi, L'Express.fr

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