Après le choc du séisme en Italie, l'heure est au relogement des sinistrés

27/10/16 à 16:04 - Mise à jour à 16:04

Source: Afp

Un puissant séisme, le deuxième en deux mois dans le centre de l'Italie, a provoqué d'importants dégâts et jeté à la rue des milliers de personnes paniquées que les autorités cherchent désormais à reloger.

Après le choc du séisme en Italie, l'heure est au relogement des sinistrés

© Reuters

Au grand soulagement des secouristes, aucune personne n'a été portée disparue et les urgences des hôpitaux de la région n'ont reçu que quelques dizaines de personnes pour des blessures légères ou des malaises.

Si ce bilan se confirme, "vu la force des secousses (...), c'est miraculeux", a estimé jeudi matin le ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano.

A deux heures d'intervalle, deux secousses d'une magnitude de 5,5 et 6,1, selon l'institut américain de géologie USGS, ont été enregistrées mercredi soir près de Visso, à quelques dizaines de kilomètres au nord des localités détruites le 24 août par le séisme de 6,0 qui avait fait près de 300 morts, surpris dans leur sommeil.

Mercredi, la première secousse a probablement sauvé de nombreuses vies en poussant les habitants hors de leurs maisons avant la deuxième, plus destructrice.

Dans la nuit et sous la pluie, la protection civile a pris en charge de nombreux sinistrés, même si beaucoup ont préféré rester dans leur voiture, paniqués par la puissance et la fréquence de centaines de répliques qui sont montées jusqu'à 4,6.

"Le séisme a été très fort, apocalyptique, les gens hurlaient dans les rues, il n'y avait pas de lumière. Notre village est fini", s'est désolé Marco Rinaldi, maire d'Ussita, petit village à 600 mètres d'altitude.

A 5 km en contrebas, les deux tiers des bâtiments de la commune voisine de Visso "ne sont plus utilisables", selon le maire Giuliano Pazzaglini.

"Hier au moment de la deuxième secousse, mon épouse et moi avons eu à peine le temps de sortir avant que la maison ne s'écroule", a raconté à l'AFP Massimo Testa, un septuagénaire qui avait restauré une maison du XVe siècle dans le centre de Visso.

'Le nerfs vraiment à vif'

"Mon épouse était pétrifiée, elle voyait les pierres tomber autour d'elle. Grâce à Dieu, on est en vie, c'est le plus important", a-t-il ajouté, encore sous le choc.

Les deux principales secousses ont d'ailleurs fait trembler tout le centre de l'Italie, jusqu'à la capitale où de nombreuses personnes sont sorties en courant dans les rues.

Jeudi, alors que la pluie avait fait place à un frais soleil, de nombreux experts menaient une première évaluation des dégâts, avec aussi l'aide de drones ou d'hélicoptères. Et un millier de pompiers équipés de 450 engins de secours étaient déployés sur le terrain.

Le conseil des ministres a débloqué jeudi 40 millions d'euros pour la zone touchée et a élargi l'état d'urgence proclamé dans la région frappée par le séisme d'août.

Le gouvernement a en outre promis, comme après le séisme d'août, que tous les bâtiments endommagés ou détruits seraient reconstruits, tout en invitant les sinistrés à accepter dans l'immédiat un hébergement dans des hôtels sur la côte adriatique, à environ 80 km de Visso.

Il fait en effet trop froid en cette saison dans ces régions de moyenne montagne pour envisager de maintenir des camps de toile autour des villages. A moyen terme, des villages de bois sont envisagés, mais leur construction prendra des mois.

Les autorités réfléchissent à des systèmes de navettes pour permettre aux sinistrés de circuler et surtout pour rassurer ceux qui redoutent que les traditionnels "chacals" viennent piller les maisons vides.

Une solution qui ne plaît pas à Domenico Ciaffaroni, maire de Montefortino, une commune située sur l'autre versant du massif et qui avait été touchée par le séisme du 24 août.

Ces secousses "ont fini de détruire ce qui avait été abimé", a-t-il déclaré à la presse. "Les gens ici commencent à avoir les nerfs vraiment à vif, ils commencent à craquer", a-t-il ajouté.

Par mesure de précaution, les écoles de la région étaient fermées jeudi. Plusieurs petits hôpitaux ont été évacués, tout comme une résidence universitaire, une maison de retraite et même une prison.

Selon Mario Tozzi, un géologue interrogé par l'AFP, les puissantes secousses de mercredi soir n'étaient pas des répliques du séisme d'août mais plutôt l'un de ces "doublés" qui ont régulièrement frappé la région.

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