L'étrange épopée du pénis de Napoléon

22/06/15 à 14:36 - Mise à jour à 23/06/15 à 12:43

Source: Le Vif/l'express

Juste après la mort de Napoléon, le docteur Francesco Antommarchi prélève plusieurs organes de sa dépouille, dont son pénis. Commence alors une série de péripéties pour le sexe de l'empereur déchu à Waterloo.

L'étrange épopée du pénis de Napoléon

© Thinkstock

Le 15 octobre 1815, Napoléon est déposé par les Anglais sur l'île de Sainte-Hélène, au beau milieu de l'océan Atlantique Sud, à presque 2 000 km des côtes africaines. Il y décèdera le 5 mai 1821 dans des circonstances qui, à ce jour, sont encore floues, les historiens parlent d'un cancer de l'estomac, d'autres soupçonnent un empoisonnement.

Les organes de celui qu'on surnommait "le Petit Caporal" - son foie, son estomac et même son coeur - sont alors autopsiés par le docteur Francesco Antommarchi en présence de témoins français et anglais. Certaines parties sont retirées de sa dépouille, par accident ou volontairement, l'histoire ne le dit pas. Le second valet de Bonaparte écrit dans ses mémoires: "Le docteur corse, profitant de ce que les Anglais ne regardaient pas la dépouille, a pris deux petites parties de ses côtes", relate le Washington Post. Le médecin légiste aurait aussi subtilisé des dents, des ongles, des cheveux ainsi que le...sexe du premier empereur des Français. La légende raconte qu'il avait une dent contre Napoléon qui l'aurait supprimé de son testament, narre l'historienne Karen Abbott.

Dans un premier temps, le membre de Napoléon atterrit dans les mains de l'Abbé Anges Paul Vignali qui le confie ensuite à sa famille en Corse, poursuit l'historienne. A partir de ce moment, l'organe reproducteur devient une sorte de pièce perverse de l'héritage de la famille Vignali pendant des décennies, jusqu'à sa mise en vente en 1916. Ce qu'on suppose être le pénis du "Petit Napoléon", décrit dans le catalogue de mise aux enchères comme un "tendon momifié", est alors acheté par un Britannique anonyme. L'organe, laissé longtemps à l'air libre, a fortement rétréci.

Exposé sur un petit coussin de velours

En 1924, le collectionneur excentrique américain A.S.W. Rosenbach l'achète pour 400 livres. De retour à Philadelphie, il le prête en 1927 au Museum of French Arts de New York qui l'exposeen vitrine sur un petit coussin de velours. Un journaliste du Time magazine décrit à l'époque le membre tel "un bout maltraité de lacet en peau de daim", un autre média comme "une anguille ridée", ou encore, comme un "morceau de boeuf séché".

C'est un fait bien connu, le premier Empereur des Français était moqué en raison de sa petite taille, son sexe était aussi d'un tout petit gabarit. "Le rapport d'autopsie décrivait un sexe impérial de seulement 1,5 pouce, soit 3,8 cm", avance Channel 4 dans un documentaire diffusé l'année dernière. Le "Complexe de Napoléon" décrivant un complexe d'infériorité qui affecterait certains hommes, particulièrement ceux de petite taille, a émergé bien après la mort de Napoléon, mais on peut un peu mieux comprendre aujourd'hui ses origines.

1969. La collection de la famille Vignali arrive à Londres pour être mise aux enchères. Ce qu'il reste du pénis de Napoléon ne trouve pas acquéreur. Huit ans plus tard, à Paris, le docteur John K. Lattimer, un urologue américain de renom, l'achète pour 13 000 francs (environ 3000 dollars). Il le fait scanner et certifie qu'il s'agit bien d'un pénis, mais ne confirme pas qu'il appartient à Bonaparte, ce qui, faute d'exhumation de son corps, est toujours mis en doute par certains experts culturels français. Le docteur Lattimer le considère comme un trésor historique et le conserve dans une petite valise cachée sous son lit à Englewood, dans le New Jersey, jusqu'à sa mort en 2007.

Sa fille, Evan Lattimer, a hérité de la relique. Elle ne l'a montré qu'à une dizaine de personnes jusqu'à ce jour et s'est vu offrir plus de 100 000 dollars pour sa mise en vente. Le pénis de l'Empereur déchu serait à l'heure actuelle " réduit à la taille d'un doigt de bébé, avec de la peau ridée blanche et de la chair beige disséquée " détaille Karen Abbott. Il n'a encore jamais été filmé ou pris en photo. Au final, seule une analyse ADN pourrait confirmer si ce bout de sexe rabougri par des décennies de transbahutement appartient bel et bien à Napoléon.

VIDEO: le documentaire de Channel 4, en visite chez Evan Lattimer , à la recherche du pénis de Napoléon

En savoir plus sur:

Nos partenaires