La pollution chinoise responsable des hivers nord-américains plus rigoureux ?

11/03/15 à 17:20 - Mise à jour à 17:20

Des chercheurs de la NASA étudient l'impact de la pollution de la Chine et de l'Inde sur les conditions climatiques hivernales du nord de l'Amérique.

La pollution chinoise responsable des hivers nord-américains plus rigoureux ?

Des conditions climatiques hivernales particulièrement rudes ont touché plusieurs villes de la côte est des États-Unis ces dernières années, notamment New York et Washington © REUTERS

Des conditions climatiques hivernales particulièrement rudes ont touché plusieurs villes de la côte est des États-Unis ces dernières années, notamment New-York et Washington. L'une des causes pourrait être la pollution atmosphérique asiatique. Des chercheurs du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa travaillent en tout cas sur cette hypothèse, relate Slate.

Comme l'explique le physicien Jonathan Jiang (NASA) au site de NPR, les particules fines se mélangent avec les tempêtes au-dessus de l'Océan Pacifique. Cela nourrit la formation de plus gros nuages, provoque des précipitations plus fréquentes qui finissent par impacter les hivers nord-américains. Ces particules donnent à la vapeur d'eau la matière nécessaire pour se condenser. Il ajoute qu'il faut encore effectuer des simulations pour évaluer avec certitude l'effet des tempêtes du Pacifique sur le froid nord-américain. Qu'est-ce que l'excédent de pollution asiatique peut avoir comme influence sur les nuages qui sont au-dessus du Pacifique ? Selon l'équipe de Jiang, cela grossirait les nuages et les rendraient plus lourd, ce qui engendre plus de précipitations.

"La pollution ne fait pas que polluer"

La NASA a mis en ligne une animation qui montre le trajet des particules fines naturelles, provenant des océans et des déserts, mais aussi celles produites par l'activité humaine. Cette animation a été créée à partir des images satellites capturées entre 2006 et 2007. On y voit clairement que les ces particules interagissent avec les nuages qui se trouvent au-dessus des océans. L'animation montre les particules émanant de tous les continents.

La NASA le confirme sur son site : "la pollution ne fait pas que polluer". En effet, au-delà de la pollution classique qu'elle engendre, elle a également une influence sur le changement climatique de la planète. Une pollution, même localisée, peut avoir des répercussions ailleurs dans le monde.

Jiang ne peut pas encore affirmer avec certitude que les gros nuages du Pacifique sont responsables des froids hivers au Nord de l'Amérique. Son équipe est actuellement en train de se pencher sur la question et ils n'ont "pas encore atteint de conclusion finale", assure-t-il.

Les États-Unis, deuxième plus gros émetteur de CO2

Même si la Chine est bel et bien le plus gros émetteur de CO2 au monde, les États-Unis ne peuvent pas se vanter non plus d'être de bons élèves en la matière. Selon le Monde, en 2013, sur les 36.1 milliards de tonnes de CO2 émises dans le monde, 9.9 proviennent de la Chine et 5.2 proviennent des États-Unis. Ils forment à eux deux plus d'un tiers de la pollution mondiale. Les Américains demeurent ceux qui émettent le plus de CO2 par habitant.

Les deux pays se sont cependant mis d'accord en novembre dernier pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

La pollution en Chine : un tabou ?

Les Nord-Américaines ne sont bien sûr qu'une mince partie de la population mondiale touchée, de près ou de loin, par la pollution chinoise. Les premiers concernés sont évidemment les Chinois eux-mêmes. C'est d'ailleurs pour sensibiliser ces derniers qu'un documentaire a été mis en ligne récemment. Under The Dome, réalisé par une journaliste populaire de la télévision d'État en Chine, avait été plébiscité par le ministre de l'Environnement lui-même pour toucher l'opinion chinoise. Cependant, ce documentaire a été jugé dérangeant, au point de disparaitre de presque tous les sites web chinois.

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