17,5 degrés en Antarctique ? Pas tout à fait...

03/04/15 à 16:11 - Mise à jour à 16:11

Source: Le Monde

Le 24 mars dernier, une station de recherche située en Antarctique a enregistré un record de chaleur pour la région : 17,5 degrés, soit autant qu'à Paris ou Athènes. Une information à tempérer, selon Le Monde.

17,5 degrés en Antarctique ? Pas tout à fait...

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C'est à la station argentine Esperanza que l'on doit l'étonnante mesure : mardi 24 mars, elle a enregistré un pic de température à 17,5 degrés, soit la plus chaude que n'ait jamais connu l'Antarctique. "Il a fait plus chaud qu'à Paris", relevait le Nouvel Observateur.

"Et si, dans les décennies à venir, les touristes se rendaient en Antarctique avec maillot de bain et crème solaire?", s'interrogeait quant à lui Le Parisien. Dans un article publié ce vendredi, Audrey Garric, journaliste au Monde, remet cependant tout le monde en place : "On en est loin..."

"Cette information masque des conditions climatiques en Antarctique bien plus complexes et pas encore vraiment connues", écrit-elle. En fait, la station Esperanza est située à l'extrême pointe de la péninsule, à "seulement" 1 000 kilomètres du sud de l'Argentine et du Chili. Du coup, les scientifiques ne la considèrent pas comme "représentative du continent antarctique", selon Gerhard Krinner, climatologue français. "Sans compter qu'un record de chaleur isolé ne veut rien dire en termes d'évolution du climat à moyen et à long terme : c'est l'augmentation de la fréquence des maxima qui est indicative d'un réchauffement", ajoute-t-il. Pas de quoi tirer de conclusion hâtive sur le réchauffement climatique dans la région, donc. D'autant plus que la situation y est fort contrastée.

Une légère tendance au refroidissement

En effet, la partie Est du continent, où se trouve Esperanza, ne s'est pas réellement réchauffée, présentant même une légère tendance au refroidissement. Par contre, la péninsule dans son ensemble se réchauffe très rapidement, au même titre que le centre-ouest du continent. Une étude publiée en 2012 dans Nature Geoscience mettait en lumière une hausse de 2,4 °C du thermomètre entre 1958 et 2012 pour l'ensemble du continent. Pas encore idéal pour s'y promener en maillot. (A.V.)

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