Survol de Bruxelles : Wathelet propose d'allonger la nuit

10/04/14 à 19:34 - Mise à jour à 19:34

Source: Le Vif

Le secrétaire d'Etat à la Mobilité, Melchior Wathelet, proposera au prochain conseil des ministres d'étendre le dispositif de nuit d'application à l'aéroport de Bruxelles-National, en le faisant passer de 22h à 7h au lieu de 23h à 6h, a-t-il annoncé jeudi à l'issue d'une réunion avec les associations de riverains qui dénoncent les nuisances sonores des avions.

Survol de Bruxelles : Wathelet propose d'allonger la nuit

© Image Globe

Le dispositif de nuit n'interdit pas les décollages ou atterrissages sur le tarmac de Zaventem mais prohibe le survol de Bruxelles, à l'exception de quelques vols au-dessus du canal, a-t-on expliqué au cabinet du secrétaire d'Etat.

En vue du prochain conseil des ministres, le secrétaire d'Etat proposera également revoir la législation relative au contrôle des nuisances en prévoyant que l'autorité de contrôle puisse imposer des amendes en cas de non respect des règles, diminuer les normes de bruit autorisé par avion, accroître les informations en temps réel sur les survols via le site internet du médiateur, etc.

D'après lui, certaines adaptations techniques sont aussi possibles, qui permettront de soulager les "nouveaux survolés" sans reporter le problème sur d'autres zones géographiques, en particulier l'est de Bruxelles.

La vice-première ministre cdH, Joëlle Milquet, participait également à la rencontre. Comme M. Wathelet, elle souhaite faire de la stratégie de diminution du survol de Bruxelles "une condition d'accord de gouvernement".

Les deux ministres cdH ont proposé de mettre sur pied un groupe de travail réunissant l'administration et les associations de riverains en vue de la négociation des prochains accords de gouvernement. Selon eux, il faudra allonger les pistes de l'aéroport mais aussi veiller à déplacer l'activité cargo, charter et low cost "vers les aéroports spécialisés en la matière", disent-ils sans toutefois nommer ces aéroports.

En Wallonie, Bierset est spécialisé dans l'activité de fret tandis que Charleroi accueille plusieurs compagnies à bas coût, à commencer par Ryanair.

Ce groupe de travail remettrait ses conclusions d'ici un mois ou six semaines.

Depuis quelques semaines et l'utilisation de nouvelles routes aériennes, des associations dénoncent les nuisances que subissent les riverains de certaines communes de Bruxelles, jusqu'alors peu touchées. Campagne électorale aidant, l'affaire a pris tour politique plus marqué et M. Wathelet a été la cible de critiques venant de mandataires MR, FDF ou Ecolo.

En compagnie de Mme Milquet, le secrétaire d'Etat a donc reçu jeudi les associations (Pas Question!, Bruairlibre, UBCNA, AWACSS, WAKEUP, Epures-Trop de bruit Brabant wallon) pour mettre certaines choses au point.

"Les nouvelles routes ne font en aucun cas partie d'un soi-disant plan Wathelet puisque ces routes ont été fixées en 2008 et 2010 lorsque Melchior Wathelet n'était pas encore Secrétaire d'Etat à la Mobilité (le poste était alors occupé par Etienne Schouppe, ndlr)", souligne un communiqué.

Et de préciser que le secrétaire d'Etat n'avait eu "aucune marge de manoeuvre dans l'exécution de ces accords". Aucun parti siégeant alors au gouvernement, dont le MR (incluant encore le FDF), n'a réclamé un moratoire sur ce plan.

Les accords reposent sur le principe d'une meilleure répartition des vols en privilégiant, selon le communiqué, le survol des zones les moins densément peuplées et des zones d'équipement dans des trajectoires permettant de survoler les premières habitations quand l'avion est le plus haut possible.

L'application des accords a eu pour effet que l'est de Bruxelles conserve 19% des survols, le sud est concerné par 12% des vols, le canal 5% (dont tous les gros porteurs), l'ouest (Ring) 5% et le nord 13% (les 46% restants étant principalement des atterrissages au-dessus des zones non édifiées à l'est des pistes parallèles 25).

Mme Milquet et M. Wathelet reconnaissent toutefois que la mise en oeuvre de l'accord soulage certes un grand nombre de personnes mais entraîne de nouvelles nuisances pour d'autres. Ils ne souhaitent pas "opposer les intérêts des Bruxellois entre eux mais trouver des solutions consensuelles entre tous et soulager les nouvelles nuisances".

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