Retour sur les quatre mois de cavale de Salah Abdeslam à Bruxelles

21/03/16 à 22:25 - Mise à jour à 22:25

Source: Afp

Schaerbeek, Forest, Molenbeek... Dans sa fuite, Salah Abdeslam n'a probablement pas quitté Bruxelles, naviguant entre différentes communes de la capitale belge. Quatre mois de planques avant d'échouer à la case départ, Molenbeek, où il a grandi et où il a été arrêté vendredi. Un complice présumé, Najim Laachraoui, reste lui activement recherché.

Retour sur les quatre mois de cavale de Salah Abdeslam à Bruxelles

© Reuters

Au lendemain des sanglantes attaques qui ont fait 130 morts à Paris et aux abords du Stade de France, le 14 novembre, vers 14H00, des complices déposent Salah Abdeslam à Schaerbeek, une commune du nord de Bruxelles. Puis il disparaît.

Deux jours plus tard, sur la foi d'un renseignement, la police belge investit le numéro 47 de la rue Delaunoy, à Molenbeek, pour tenter de mettre la main sur le fugitif. A quelques centaines de mètres de la maison de la famille Abdeslam. En vain.

Selon le quotidien La Dernière Heure, le fugitif était en fait terré au troisième étage d'une maison située au n°86 de la rue Henri Bergé, à Schaerbeek. Il aurait quitté cette cache le 4 décembre, en raison de "la mobilisation, importante, ce jour-là, de policiers des unités spéciales dans le quartier", écrit le journal.

Des perquisitions ont effectivement eu lieu dans cette commune le 4 décembre, sans résultat. Mais ce n'est que six jours plus tard que les policiers interviennent au 86 de la rue Bergé. Ils y découvrent des traces d'explosifs, trois ceintures "confectionnées à la main", ainsi qu'une empreinte de Salah Abdeslam. L'endroit a servi de planque mais aussi d'atelier de confection. Les traces de Najim Laachraoui, un des complices des commandos, y sont aussi retrouvées.

Entretemps, les investigations se poursuivent dans d'autres parties de la ville.

Le week-end des 21-22 novembre, une immense traque est menée dans Bruxelles, qui restera entièrement paralysée pendant plusieurs jours par une alerte antiterroriste maximale. Des perquisitions sont menées tous azimuts, mais Salah Abdeslam reste introuvable.

Cinq jours plus tard, les enquêteurs interviennent dans le sud de la Belgique, pour perquisitionner une maison d'Auvelais, près de Namur. La demeure est louée sous le nom de Soufiane Kayal, en réalité Najim Laachraoui. C'est cette maison qui a servi pour préparer les attentats de Paris.

Retour à Molenbeek

Le 30 décembre, retour à Molenbeek, où les policiers perquisitionnent à nouveau rue Delaunoy. Plus de trace ensuite du fugitif, que des témoignages plus ou moins crédibles ont envoyé un peu partout en Europe.

Mais le 15 mars, la traque s'accélère subitement. Dans l'après-midi, une équipe franco-belge de six enquêteurs travaillant sur les attentats de Paris se présente pour une perquisition "froide" devant un appartement 60 rue du Dries à Forest, dans le sud-ouest de la capitale belge. Ils croient le logement vide, mais ils sont accueillis par des tirs d'armes automatiques. Ils abattent un Algérien de 35 ans, Mohamed Belkaïd. Mais deux autres hommes réussissent à s'échapper. Parmi eux, probablement Abdeslam, dont des empreintes seront retrouvées sur les lieux.

L'étau se resserre sur l'homme le plus recherché d'Europe. Aux abois, Abdeslam commet une erreur: il appelle des proches pour trouver un nouveau point de chute. Et réapparaît sur les radars des enquêteurs.

Vendredi 18 mars, une importante opération de police est lancée. L'assaut d'une maison est donné. Dans la soirée, après des heures de spéculations, la nouvelle tombe enfin: Salah Abdeslam a été arrêté à Bruxelles, blessé à la jambe.

Sa traque a finalement pris fin au 79 rue des Quatre-Vents, à quelques encablures de la place communale où vit sa famille.

Son logeur, Abid Aberkan, est également arrêté. La veille, ce dernier participait à l'enterrement de Brahim Abdeslam, le frère de Salah, qui s'est fait sauter le 13 novembre à Paris.

Qu'a fait Salah depuis cette date? "Nous n'avons pas la ligne exacte du temps, ça c'est encore des informations qu'il va devoir nous donner", a commenté lundi le procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw. "Nous avons pas mal de pièces du puzzle", a-t-il ajouté, "mais nous sommes encore loin, d'avoir terminé le puzzle".

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