Groupe du vendredi
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Opinion

16/08/15 à 09:13 - Mise à jour à 17/08/15 à 06:47

Quand les titulaires de professions libérales ne travaillent plus seuls

Les pharmaciens, médecins (généralistes), notaires et autres professions libérales, un groupe qui avec ses 275.000 titulaires constitue un peu plus de la moitié des indépendants, font de plus en plus appel à du personnel supplémentaire pour exécuter certaines tâches.

Quand les titulaires de professions libérales ne travaillent plus seuls

© istock

Cela peut aller de personnes qui sont au service de la clientèle comme les secrétaires, jusqu'aux collaborateurs qui se chargent de tâches de fond comme les prises de sang par du personnel infirmier ou l'enregistrement de matières premières par des assistants en pharmacie.

Alors que ces tâches étaient exécutées auparavant par 'la femme du' - il s'agissait en effet souvent de 'métiers d'hommes' - ou par le maître ou le docteur lui-même, ces tâches et d'autres tâches sont de plus en plus effectuées par des professionnels qui sont classés dans la grille des salaires entre les niveaux 5 et 6 de la structure flamande des certifications (en termes plus simples : niveaux professionnel supérieur et bachelor). Ceci est notamment dû à la féminisation de ces professions et aussi au fait que de plus en plus de personnes attachent de l'importance à un meilleur équilibre travail-vie privée, même si cela leur rapportera un peu moins d'argent.

Indépendamment de la question s'il s'agit de tâches qui pourront à moyen ou à long terme être reprises par des machines, pensons par exemple au livre influent 'The Second Machine Age' du professeur au MIT Andrew McAfee, qui indique qu'après le premier âge de la machine qui a vu les robots reprendre les tâches physiques, nous avons atteint à présent une période où les machines effectueront de plus en plus de travail intellectuel (à standardiser), cela signifie que des emplois supplémentaires sont encore créés dans ces niches (surtout sur le plan des tâches relationnelles).

D'un point de vue sociétal, ces emplois supplémentaires sont évidemment les bienvenus et ils ont encore d'autres avantages. Ils peuvent contribuer à améliorer la qualité des services, pensons par exemple aux assistants dentistes, qui peuvent consacrer plus de temps à accueillir et informer les patients. Ces emplois permettent par ailleurs aux titulaires de la profession de s'occuper davantage de leurs tâches principales. Ceci a certainement un impact positif sur le manque aigu de certaines professions et, dans le cas des professions non marchandes, le coût (d'opportunité) payé par l'argent du contribuable.

Faire appel à ces personnes, qui aident et soutiennent les praticiens sur le plan administratif et du contenu, est dès lors certainement utile. Nous devons donc assurément choyer ce groupe de collaborateurs sans cesse plus important au sein des PME. Outre la garantie de conditions de travail optimales, il importe que ces personnes puissent également bénéficier d'une organisation du travail agréable.

En ce qui concerne cette organisation du travail, il y a cependant encore du pain sur la planche. Dans les programmes d'études des professions libérales, les aptitudes communicatives restent généralement limitées au contact avec le client/patient, en omettant les aspects liés aux relations humaines.

Tout comme le travailleur qui devient chef d'équipe, le maître ou architecte a en effet l'habitude d'effectuer des tâches d'une certaine manière, mais il/elle n'a pas encore appris à bien piloter ou donner un bon feed-back à une personne qui travaille autrement.

En outre, dans notre société sans cesse plus complexe, ces professionnels devront aussi collaborer de façon multidisciplinaire avec des gens d'un même 'niveau' : pensons aux psychologues, diététiciens, collaborateurs en communication ou fusionner avec leurs collègues, comme il est nécessaire avec les apothèques.

Que rien ne se passe actuellement dans ce domaine est certainement contraire à la réalité : il existe ainsi pour les professions libérales des formations, permanentes ou non, imposant à ces professions de se perfectionner pour pouvoir exercer la profession ou obtenir une accréditation.

Dans ce système, ces groupes peuvent aussi suivre des formations en RH pour satisfaire aux critères fixés par leurs ordres. Le problème est toutefois que ces possibilités sont moins utilisées parce que l'accent est mis davantage sur les recyclages spécifiques à la branche.

Ceux-ci sont en effet mieux connus des professionnels, qui voient également leur spécialité évoluer à toute vitesse.

Que l'offre soit insuffisante n'est pas forcément toujours le cas. Les différentes fédérations prêtent ainsi attention à la croissance des différentes professions et elles organisent elles-mêmes ou globalement des formations à ce sujet.

Elles peuvent également bénéficier de certaines subventions qui réduisent leurs coûts.

Je ne me prononcerai pas sur la question de savoir si suivre ces formations supplémentaires en RH et en communication, obligatoires ou non, met du baume sur la plaie - ces formations pourraient en effet être intégrées au cursus - et si faire appel à un manager RH, qui fait plus qu'uniquement de l'administration, est toujours la meilleure solution. Par ce petit article, je tiens néanmoins à veiller également à ce qu'une mauvaise organisation n'occasionne pas de stress supplémentaire pour le responsable et le personnel de cabinets de professions libérales. Il me semble que notre société peut volontiers s'en passer.

Joeri Colson travaille au 'Fond Social Européen de la Flandre', est membre du Groupe du Vendredi et écrit cet article en son nom personnel.

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