"Pourquoi les Belges devraient-ils ignorer combien coûte leur monarchie ?"

30/04/13 à 10:53 - Mise à jour à 10:53

Source: Le Vif

A l'occasion du passage de témoin entre Béatrix et son Fils Willem-Alexander, le Vif.be s'est penché sur l'avenir de la monarchie belge. Entre " La monarchie et la démocratie peuvent parfaitement être combinées " et " la monarchie est une institution désuète et non démocratique ", les avis divergent. Petit tour d'horizon.

"Pourquoi les Belges devraient-ils ignorer combien coûte leur monarchie ?"

© Belga

Professeur de droit constitutionnel Hendrik Vuye: "entre la famille d'Orange et notre monarchie, chercher l'erreur"

"Les Néerlandais savent, au cent près, ce que coûte leur monarchie. Pourquoi les Belges ne pourraient-ils pas le savoir ? Les Pays-Bas ont entamé une réforme de leur monarchie qui a duré jusqu'aux années 1970. On ne peut qu'admirer le résultat. En Belgique ce sont toujours les règles de 1831 qui restent en vigueur. Une monarchie moderne ne peut pas dater du dix-neuvième siècle ? "

Theo Francken (N-VA) : " la N-VA veut participer à la réforme de la monarchie belge "

"La N-VA est, et reste, un parti républicain. La monarchie est une forme archaïque de l'état, le droit à la naissance n'est pas en adéquation avec les lois démocratiques. Mais nous sommes aussi des politiques ancrés dans le réel et on sait que la république ne sera pas, demain, une réalité en Belgique. Il n'existe en ce moment pas de majorité parlementaire pour mettre fin à la monarchie. C'est pourquoi la N-VA aimerait au moins participer à la réforme de la monarchie belge. "

Philippe Busquin (PS)ministre d'État : "En 2014, le rôle du roi sera nécessaire et crucial "

"Alors qu'on votera en même temps pour plusieurs niveaux de pouvoir en 2014, le rôle neutre du roi sera plus que nécessaire, voire même crucial. "


Caroline Gennez (SP.A) : " un chef de l'état protocolaire comme émanation de l'état "

"Lorsque la Belgique du 21e siècle sera dans les starting bloc, la discussion sur un chef de l'état élu par le peuple reviendra à l'ordre du jour. Un état adulte peut se permettre l'élection d'un chef de l'état protocolaire. Mais ici aussi le SP.A plaide plutôt pour une évolution qu'une révolution. Pour le SP.A, le roi ne doit plus être à la tête du pouvoir législatif, juridique ou exécutif. La monarchie garde sa valeur tant qu'elle remplit sa mission."

Spécialiste de la royauté Jan Van Den Berghe : "la monarchie reste une institution non démocratique et désuète"

"Si les limites sont bien établies dans la constitution et que la fonction de roi est parfaitement circonscrite, alors la monarchie devrait être possible dans une démocratie. Même s'il est vrai qu'elle reste une institution désuète et guère démocratique. On peut dès lors légitimement se demander si d'autres éminences grises ne pourraient pas, elles aussi, remplir cette tâche."

Rik Daems (Open VLD) : " la démocratie et la monarchie peuvent parfaitement être combinées "

"Malgré les nombreux éléments évidents qui les opposent, une monarchie et une démocratie épanouie peuvent parfaitement être combinées dans les faits. On est bien ici en face d'un paradoxe. Et celui-ci n'est possible qu'à la condition ou le pouvoir politique du souverain reste limité ou du moins strictement délimité dans la forme. "

Stefaan Van Hecke (Groen):"le prince Philippe sera roi avant l'avènement d'une monarchie protocolaire""Un roi qui possède encore autant de pouvoir politique en 2013, ce n'est plus possible. Malgré les nombreuses promesses qui ont été lancées depuis 23 ans, année de la crise royale sur l'avortement, rien n'a été fait au niveau politique pour réduire le rôle politique du roi. Malgré une belle unanimité dans le monde politique ( tout du moins devant les caméras), concernant une indispensable modernisation de la monarchie, une réforme de la constitution ne semble pas pour demain. Il semble que ces derniers soient particulièrement frileux lorsqu'il s'agit de s'attaquer à notre monarchie. Depuis plusieurs années, les politiques n'ont de cesse d'introduire des propositions visant à réformer le rôle du roi. Mais lorsque cela devient concret, toutes ces propositions fondent au soleil aussi vite qu'elle avait brillé au firmament des médias. J'espère que l'année prochaine on se trouvera enfin à la croisée des chemins où non seulement les partis traditionnels tiendront à leurs promesses (même quand les caméras sont éteintes) mais aussi où le Parlement s'y attellera enfin concrètement. Si ce n'est pas le cas, le prince Philippe sera roi avant que la constitution soit modifiée."

En savoir plus sur:

Nos partenaires