Michel Delwiche
Michel Delwiche
Journaliste
Opinion

29/10/12 à 12:15 - Mise à jour à 12:15

Les Wallons, "les Juifs de demain ?"

Quand Bart De Wever veut "éviter la wallonisation de l'économie", ainsi qu'il l'a dit ce week-end sur les plateaux de la VRT, le propos est délibérément insultant.

Les Wallons, "les Juifs de demain ?"

© Reuters

C'est ainsi que l'a compris le syndicaliste limbourgeois Jos Digneffe (ex-CGSP cheminots) qui a réagi promptement et vivement, trop peut-être, à "ce semeur de haine" qui dirige la N-VA, "un grand leader mû par des principes racistes". "Les Wallons d'aujourd'hui semblent être les Juifs de demain", a-t-il ajouté. Toute l'explication réside dans les propos de ces deux hommes que tout oppose.

Les Wallons se garderont de répondre à l'insulte par l'insulte, comme lorsque le futur ( ?) bourgmestre d'Anvers les avait traités de junkies, dépendant de leur drogue et baignant dans leur fange. Ils se garderont de répondre par' l'insulte parce que :

-cela n'a jamais fait avancer le moindre débat ;
-De Wever s'en fout ;
-il n'a pas tout à fait tort.

La Wallonisation de l'économie, c'est répondre à une catastrophe économique et sociale en cherchant des coupables ailleurs que chez soi, en se gargarisant de grands mots pour masquer une absence de courage, en parlant de reconversion sans vraiment réunir toutes les conditions du succès. Lorsque les derniers charbonnages ont mis sous le paillasson la clé des châssis à molettes, ce n'était évidemment pas une surprise. Et ce qui arrive aujourd'hui à la sidérurgie wallonne (et flamande et européenne) ne l'est pas plus. Alors là oui, tous les Wallons souhaitent que la catastrophe depuis longtemps annoncée dans un secteur de l'automobile qui plus que tout autre dépend de la consommation des ménages ne s'accompagne pas du cortège d'erreurs vécues au sud du pays. Même si on n'a pas oublié le "plus un franc flamand pour la sidérurgie wallonne" des années 80...

Samedi, sur les antennes de la RTBF, Michel Delbaere, le président des patrons flamands, a, lui, estimé que "la fermeture de Ford Genk est en premier lieu un problème fédéral, parce que le droit du travail et la sécurité sociale sont toujours du domaine fédéral". La fermeture de Ford Genk ? La faute au gouvernement fédéral. Et qui, au gouvernement fédéral ? "Aujourd'hui, quand il y a des demandes de réformes, il y a une réaction assez conservatrice de la part du PS", a assuré le patron du Voka.
Voka, N-VA : peut-être pas le même combat, mais déjà des coups de main réciproques. En ne perdant pas de vue que si Bart De Wever peine à présenter une majorité crédible pour gérer Anvers, c'est à cause... des socialiste du sp.a et de leurs alliés de Groen !

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