"Les erreurs du passé (donc de Reynders) ? Je les corrige quand je peux"

14/03/13 à 09:17 - Mise à jour à 09:17

Source: Le Vif

Les loyers payés par l'Etat ont augmenté de 21 % en cinq ans. Le secrétaire d'Etat Servais Verherstraeten (CD&V) se montre critique à l'égard des choix politiques d'il y a dix ans, lorsque Didier Reynders (MR) était ministre de la Régie des bâtiments...

"Les erreurs du passé (donc de Reynders) ? Je les corrige quand je peux"

© Image Globe

La vente d'immeubles publics a rapporté beaucoup d'argent au début des années 2000, sous le gouvernement violet de Guy Verhofstadt. Mais ce que l'on craignait est arrivé. Aujourd'hui, le budget locations de l'Etat explose. Il augmenté de 21 %, entre 2007 et 2012 (de 7,6 %, hors inflation). Entretien avec le secrétaire d'Etat à la Régie des bâtiments.

Le Vif/L'Express : Pourquoi les loyers des bâtiments occupés par l'Etat fédéral ont-ils tant augmenté depuis 2007 ?

Servais Verherstraeten : La raison principale est qu'on a déménagé des services publics des bâtiments dont l'Etat était propriétaire vers des bâtiments neufs loués à des privés. Et, en 2013, les chiffres globaux de location risquent encore d'augmenter à cause du transfert de la police fédérale, actuellement logée dans des locaux qui appartiennent à l'Etat, vers le nouveau bâtiment de la rue Royale à Bruxelles, rénové par un promoteur privé (NDLR : 40 770 m2 seront loués pour héberger 2 000 agents). Je ne peux pas empêcher cela. Il s'agit d'un choix politique posé il y a huit ans. Les contrats sont signés depuis longtemps.

Au début des années 2000, quand le CD&V était dans l'opposition, vous aviez vivement critiqué les fameuses opérations one shot par lesquelles l'Etat revendait des bâtiments qu'il louait ensuite. Avez-vous changé d'avis ?

Certainement pas. Ces opérations one shot de sales & lease back étaient uniquement destinées à équilibrer le budget de l'époque. Les coûts de location étaient reportés sur les gouvernements et générations futures. Nous avions dénoncé cela. Et la Cour des comptes avait d'ailleurs confirmé nos craintes.

Aujourd'hui, vous êtes secrétaire d'Etat à la Régie des bâtiments. Comment faites-vous pour gérer ces erreurs du passé ?

Je les corrige quand je peux. Mais il n'est pas possible de revenir sur un contrat définitivement signé, sinon nous serions obligés de payer de coûteuses indemnités de rupture. J'ai tout de même pu changer le mode de financement prévu pour certains projets, comme le nouveau centre de psychiatrie légale d'Anvers ou le palais de justice de Neufchâteau, qui seront financés classiquement par l'Etat. Devenir propriétaire des nouveaux bâtiments du palais de justice de Neufchâteau nous coûtera 2 % moins cher que si on avait maintenu le choix de la location. Pour moi, le choix du mode de financement doit se faire en fonction de critères objectifs et non en fonction d'un équilibre budgétaire annuel.

Pour les nouvelles prisons, prévues dans le fameux Masterplan de Jo Vandeurzen (CD&V), vous changez aussi le mode de financement ?

Non, car ici, c'est un budget beaucoup trop lourd pour éviter un partenariat public-privé. Mais soulignons que l'Etat sera propriétaire de ces bâtiments pénitentiaires dans vingt-cinq ans. Ce qui n'est pas le cas d'opérations de sales & lease back, comme celles pour le nouveau bâtiment de la police fédérale de Bruxelles, la Tour des finances à Bruxelles ou le palais de justice de Hasselt, qui ont été négociées au début des années 2000.

Quelles mesures la Régie des bâtiments a-t-elle prises pour diminuer les coûts de location ?

Nous avons renégocié des contrats à la baisse en échange d'une prolongation du bail, surtout à Bruxelles où les coûts locatifs réels ont baissé ces dernières années. Cela nous a déjà permis d'économiser 7,8 millions d'euros.

Quand le nouveau ministre des Finances Koen Geens (CD&V) évoque des mesures uniques pour le budget 2013, cela signifie-t-il des ventes de bâtiments publics ?

Non. A moins de vendre des bâtiments qui ne sont plus occupés. Mais de nouvelles opérations de sales & lease back comme il y a dix ans, jamais !

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