Le PS prend acte de la "trahison du cdH"

19/06/17 à 16:33 - Mise à jour à 19:50

Source: Le Vif

"A l'heure où le PS se positionne clairement en faveur du décumul, le CdH a manifestement pris peur. Face aux difficultés, le cdH a manifestement choisi de déserter", explique Elio Di Rupo dans un communiqué.

Le PS prend acte de la "trahison du cdH"

© Belga

"Récemment, tant le gouvernement wallon que le gouvernement bruxellois, auxquels les socialistes participent, ont pris des mesures radicales pour moraliser la vie publique.

De surcroît, les gouvernements régionaux sont engagés dans un travail de fond pour développer l'économie et améliorer la vie quotidienne des citoyens. La décision du cdH bloque toute avancée rapide en faveur des Wallons et des Bruxellois. C'est une attitude irresponsable.

Pour sa part, le PS continue son travail pour améliorer le fonctionnement démocratique et répondre aux exigences des citoyens. Quelles que soient les circonstances, le PS, ses élus et ses militants se mobiliseront pour défendre les enjeux essentiels : le pouvoir d'achat, l'emploi, le logement, l'éducation..." Elio Di Rupo termine son communiqué en invitant "tout un chacun à ne pas être dupe des justifications invoquées par le Président du cdH".

Pour Onkelinx, c'est incompréhensible, au moment où les réformes de gouvernance sont en discussion

Le départ du gouvernement du cdH au moment où les réformes de gouvernance sont en discussion dans les parlements est incompréhensible et cela cache sans nul doute d'autres objectifs, a affirmé lundi la présidente des socialistes bruxellois, Laurette Onkelinx, soulignant que face "aux difficultés liées au comportement inacceptable de certains de ses membres", le PS avait pris le taureau par les cornes, non seulement par des sanctions et réformes internes, mais aussi en participant très activement au renouveau par des projets de décrets et d'ordonnances pour changer la gouvernance.

"Le partenaire cdH se retire donc de tous les gouvernements où il siège. C'est son droit, c'est étonnant", a commenté Mme Onkelinx, ajoutant que "d'autres formations dont le cdH connaissent des problèmes d'ordre éthique avec certains de leurs membres et savent comme nous que ces réformes sont indispensables".

Quoi qu'il en soit, la fédération bruxelloise du PS maintient son assemblée de vendredi, le 23 juin consacrée aux "réformes éthiques internes dont le décumul des mandats ou des rémunérations ne peuvent pas attendre", a encore dit Laurette Onkelinx.

La question du gouvernement ne se pose pas, mais bien celle de la gouvernance (Ecolo)

La co-présidente d'Ecolo Zakia Khattabi refuse de réduire le débat de la gouvernance à une question de gouvernement ou de casting ministériel, a-t-elle indiqué lundi sur la RTBF, à l'issue d'une réunion de son parti, qui présentera mercredi aux différents partis politiques ses propres propositions de gouvernance.

"Ce qui se joue aujourd'hui n'est pas une question de casting ou de gouvernement, mais de gouvernance", a affirmé Mme Khattabi. Celle-ci reconnaît que son parti a été pris par surprise par l'annonce du président du cdH Benoît Lutgen, et évoque une prise en "otage".

Elle doute fortement de la sincérité de la motivation du cdH. "Entre hier, où les ténors du cdH disaient du bien du cumul, et aujourd'hui où ils parlent de changement de casting et de tête, ils sont changé de perspective", s'est étonnée la co-présidente d'Ecolo.

"C'est un joli coup du cdH, mais c'en est fini des petits jeux politiciens".

Pour son parti, "la question du gouvernement ne se pose pas".

"Nous mettrons dès mercredi des propositions de gouvernance sur la table, à l'intention de l'ensemble des partis", a-t-elle ajouté.

Pour le PTB, le cdH "tourne Kazakh"

Le président du cdH Benoît Lutgen préfère gouverner avec le MR du Kazakhgate plutôt qu'avec le PS de Publifin et du Samusocial, a réagi lundi le PTB par la voix de son porte-parole francophone, Germain Mugemangango.

"Si c'est une tentative d'améliorer l'image de son parti, c'est mal barré", commente-t-il dans un communiqué. Car à ses yeux, "on ne sort pas des affaires en changeant des têtes, mais en s'en prenant à un système qui implique depuis de longues années tous les partis traditionnels."

Pour le Parti du Travail de Belgique, l'annonce-surprise du cdH traduit la "crise profonde chez les partis traditionnels, à la mesure de la colère profonde chez les gens contre ces partis où une élite s'en met plein les poches alors qu'une grande partie de la population a de moins en moins dans son porte-monnaie suite aux mesures anti-sociales prises par ces mêmes partis traditionnels."

"Devant la peur de la montée d'un parti comme le PTB (...), le cdH pense visiblement pouvoir regagner la confiance de l'opinion publique en chamboulant les majorités. Il se trompe: sans mesures concrètes et radicales en matière de transparence, rien ne changera."

Pourquoi remplacer le PS par le MR lui aussi empêtré dans les affaires, demande le MOC

Le Mouvement ouvrier chrétien (MOC) s'est interrogé lundi "sur la stratégie qui vise à remplacer le PS, empêtré dans des affaires de mal gouvernance, par le MR qui tant à Bruxelles (Uccle, Ville de Bruxelles) qu'à Liège (Publifin) ou au niveau fédéral (Kazakhgate) se trouve également dans la tourmente".

Il rappelle que le cdH lui-même "n'est pas exempt de tout reproche dans différents dossiers qui concernent la gestion de l'argent public."

Le MOC s'inquiète de voir revenir le MR au pouvoir au niveau régional et communautaire. "Ce parti n'a cessé ces dernières années de construire une politique antisociale caractérisée au niveau fédéral (saut d'index, recul de l'âge de la pension, tax shift, etc)". Il demande ce qu'il adviendra de dossiers emblématiques comme le Pacte pour un enseignement d'Excellence, la finalisation des accords du non-marchand, la réforme des allocations familiales, l'assurance autonomie ou encore une nécessaire réforme fiscale.

"Qu'adviendra-t-il aussi de la résistance wallonne au CETA", le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, demande Christian Kunsch, président du MOC.

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