Le gouvernement organise un "pré-accueil" avec 500 places

04/09/15 à 18:44 - Mise à jour à 18:44

Source: Belga

Le gouvernement fédéral a pris vendredi une nouvelle série de mesures pour pallier les manquements observés ces dernières semaines dans l'accueil des candidats à l'asile, de plus en plus nombreux à fuir les conflits du Moyen-Orient pour l'Europe.

Le gouvernement organise un "pré-accueil" avec 500 places

© BELGA

Le bâtiment WTC3 à proximité de l'Office des Etrangers à Bruxelles pourra accueillir 500 personnes alors que des centaines de candidats à l'asile dorment aujourd'hui dans un parc à proximité, faute de voir leur demande enregistrée. Ce bâtiment qui satisfera aux conditions d'hygiène (douches...) et proposera des lits, sera très certainement ouvert la nuit (de 18h00 à 08h00), à partir de lundi soir, et peut-être également le jour en vertu de concertations qui se poursuivent avec la ville de Bruxelles, les pompiers et la Croix-Rouge notamment.

L'Office des Etrangers (OE) ne peut accueillir que 250 candidats par jour pour les enregistrer, ce qui a entraîné un début de polémique, les demandeurs restants se retrouvant en partie pour la nuit dans le parc Maximilien, dans le quartier nord de la ville.

"Aujourd'hui, nous ne pouvons pas enregistrer plus de 250 personnes par jour", a confirmé le Premier ministre Charles Michel rappelant cependant qu'une "task force" était chargée d'un monitoring permanent de la situation en vertu duquel ce nombre pourra être revu à la hausse comme à la baisse. Selon le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken, moins de 500 personnes passent la nuit dans le parc Maximilien et l'ouverture d'un bâtiment de pré-accueil présente donc bel et bien une solution.

Il a également rappelé que le CGRA allait enquêter sur l'origine de certaines demandes alors que de nombreux candidats à l'asile provenant de Bagdad présentent des témoignages qui laissent perplexes. Mais il a reconnu que si 5.000 demandeurs affluaient lundi prochain, il faudrait reconsidérer la situation. Evoquant les mesures prises ces dernières semaines, M. Michel a d'ailleurs annoncé que d'autres devront probablement encore être prises dans les prochaines semaines et les prochains mois. Du personnel sera engagé pour renforcer les services d'analyse des demandes d'asile et de protection. Six équivalents temps plein iront au service de tutelle des mineurs non accompagnés, au SPF Justice, et 14 personnes seront engagées en plus des 40 déjà annoncées en juillet à la Sûreté de l'Etat.

Parmi les mesures décidées, outre celles visant un accueil plus humain, notamment pour les victimes des conflits pouvant bénéficier d'un droit à l'asile ou de la protection subsidiaire, il y en a qui visent également à accroître la fermeté à l'égard de ceux qui ont été déboutés du droit à l'asile, soit environ 40% des candidats.

M. Francken a annoncé une augmentation du nombre de places dans les centres fermés. On comptait 610 places, il y a quelques années mais on s'est retrouvé à 450 places, un "niveau historiquement bas", selon le secrétaire d'Etat qui vise à nouveau les 610 places. Une nouvelle aile sera inaugurée en février 2016 au centre 127bis de Steenokkerzeel alors qu'une aile supplémentaire ouvrira également à Merksplas.

Au total, 97 équivalents temps plein seront recrutés à l'OE à cette fin en vue de s'assurer du "retour effectif" des personnes déboutées. L'ensemble de ces engagements ont fait l'objet de décisions budgétaires qui seront avalisées ce vendredi soir en Conseil des ministres électronique.

"Nous voulons travailler main dans la main avec toutes les forces de bonne volonté", a indiqué le Premier ministre, alors que le comité de concertation réunissant l'ensemble des entités du pays se réunira le 16 septembre pour se pencher sur l'encadrement de l'attente devant l'Office des étrangers.

Au plan local, M. Michel s'est dit particulièrement satisfait de la qualité des relations entretenues avec la Ville de Bruxelles. "Je voudrais lancer un appel à ce que chacun et chacune puisse se serrer les coudes, en témoignant de sa solidarité au niveau européen, dans notre pays, mais aussi au niveau citoyen, afin que, tous mobilisés, nous trouvions des réponses humaines mais aussi fermes, quand cela est nécessaire", a dit en substance le Premier ministre.

Une rencontre a eu lieu par ailleurs entre les cabinets de Theo Francken, du ministre à l'Intégration sociale, Willy Borsus, et les représentants des CPAS des trois Régions sur la problématique de l'accueil local et la prise en charge via le revenu d'intégration des réfugiés reconnus qui selon une première estimation est évaluée à 120 millions d'euros supplémentaires.

Des réunions se poursuivront mais M. Borsus a assuré les CPAS que la prise en charge serait assurée "à 100% par le SPF Intégration sociale" qui saurait également "prendre ses responsabilités" pour faire face à l'augmentation des aides directes (frais médicaux, cautions...).

Nos partenaires