Le gouvernement met fin aux économies touchant la Défense

17/06/17 à 20:16 - Mise à jour à 20:22

Source: Belga

Le gouvernement a décidé de mettre fin au déclin du budget de la Défense, l'un des engagements contractés en 2014 par les pays de l'Otan - dont la Belgique, représentée par un Premier ministre démissionnaire, Elio Di Rupo - qui n'atteignent pas le seuil des 2% du Produit intérieur brut (PIB) consacrés aux dépenses militaires, ont indiqué samedi le ministre de la Défense, Steven Vandeput et une source gouvernementale.

Le gouvernement met fin aux économies touchant la Défense

© Belga

"Simultanément avec la décision de prolonger la mission des F-16 (des avions de combat engagés depuis la Joardanie dans lutte contre le groupe djihadiste Etat islamique en Irak et en Syrie, que le Conseil des ministres a prise vendredi pour une durée de six mois) et son financement - estimé à 17,2 millions d'euros -, le gouvernement a décidé de fixer le budget de la Défense (au niveau) de celui de 2016", a-t-il affirmé à l'agence Belga.

"Ce qui signifie par définition que l'on arrête les économies" auxquelles le ministère de la Défense devait faire face depuis des années et qui avaient été confirmées en début de législature en octobre 2014 - en dépit de l'engagement pris un mois plus tôt par les 28 membres de l'Otan de mettre fin à l'érosion des budgets militaires et de porter les dépenses de défense à 2% du PIB en dix ans -, a précisé M. Vandeput (N-VA) en marge d'une visite à un exercice de lutte contre les incendies de forêts et de landes organisé à Kalmthout, au nord d'Anvers, à deux pas de la frontière néerlandaise.

Le ministre a refusé de citer le moindre chiffre, ne confirmant pas le montant de 51 millions d'euros supplémentaires pour la Défense cité samedi matin par le journal 'Het Nieuwsblad'.

Une source informée a toutefois indiqué à Belga que ces moyens supplémentaires accordés par le Conseil des ministres électronique de vendredi, trois semaines après la visite en Belgique du président américain Donald Trump, s'élevaient en réalité à 56 millions d'euros, obtenus de différentes manières, qui relèvent parfois de la technique budgétaire, afin d'"élargir le périmètre des dépenses de défense" acceptées comme telles par l'Alliance atlantique.

Ainsi 23,11 millions proviennent de la provision interdépartementale et serviront à l'augmentation attendue des salaires des militaires. Le Conseil des ministres a aussi accepté de suspendre, à hauteur de 22,8 millions, la sous-utilisation des crédits imposée à la Défense - alors que les autres départements y restent soumis, selon la même source.

Les quelque onze millions d'euros restants proviennent notamment de l'acceptation par la N-VA de consacrer six millions d'euros d'"argent frais" tenus en réserve pour appliquer des politiques nouvelles. Et les cinq autres millions sont fournis par la fin de la sous-utilisation des crédits pour un dossier particulier.

Au total, ce sont ainsi 33 millions d'euros d'"argent frais" qui seront affectés à la Défense, a calculé cette source.

M. Vandeput a laissé entendre au 'Nieuwsblad' - dans une interview recueillie jeudi, à la veille de la décision du Conseil des ministres - que ce ballon d'oxygène ne suffirait pas, réclamant davantage de moyens pour son département.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, avait appelé le 26 mai, au lendemain d'un "mini-sommet" des chefs d'Etat et de gouvernement des 28 pays alliés, la Belgique à accroître ses dépenses militaires, conformément à l'engagement pris voici trois ans par tous les pays alliés de consacrer 2% de leur PIB à la défense d'ici 2014.

Seuls cinq pays ont atteint ce seuil en 2016: les Etats-Unis, qui en tant que puissance mondiale caracolent en tête du classement, l'Estonie, la Grèce, la Pologne et le Royaume-uni. La Roumanie devrait suivre cette année et la Lettonie l'an prochain.

Avec la "vision stratégique" approuvée en juin dernier, le gouvernement a fixé comme objectif une trajectoire pour s'orienter vers 1,3% du PIB à l'horizon 2030 et pour revenir ainsi dans la moyenne des pays européens nucléaires (France et Royaume-Uni, jusqu'à la concrétisation du Brexit) et non nucléaires.

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