La fin du cordon sanitaire ?

23/09/16 à 10:52 - Mise à jour à 10:52

Source: De Morgen

Des politologues flamands trouvent que l'on doit pouvoir gouverner avec le Vlaams Belang. Il est moralement acceptable que les populistes d'extrême droite arrivent au pouvoir, disent des experts dans De Morgen. Et ils sont plusieurs à trouver le cordon sanitaire dépassé.

La fin du cordon sanitaire ?

Tom Van Grieken, président du Vlaams Belang © Belga

Le politologue Carl Devos (UGent) dit dans De Morgen qu'il n'a jamais été contre le cordon sanitaire, mais qu'il pense qu'aujourd'hui ce genre de mesure ne serait plus de mise. Dave Sinardet (VUB) le rejoint sur ce point : "Je ne pense pas qu'on puisse encore dire qu'il serait moralement répréhensible de gouverner avec le Vlaams Belang. Dans l'absolu ce doit donc être possible ".

Le cordon sanitaire est né à la fin des années 80 lorsqu'est arrivé le Vlaams Blok, un parti raciste. Tous les partis promettent alors de ne jamais s'allier à ce parti pour former un gouvernement. Cette idée a été prolongée au Vlaams Belang, le parti issu des cendres du Vlaams Blok dissous après un procès pour racisme en 2004. Mais est-il encore d'actualité ? De plus en plus de politologues en doute dit De Morgen.

La politologue Chantal Mouffe trouve que la droite populiste doit pouvoir gouverner. Tant qu'elle respecte l'état de droit. C'est pourquoi le FN par exemple ne devrait, en principe, ne pas être exclu du pouvoir. Contrairement à Aube dorée en Grèce qui est clairement un parti néonazi.

En Flandre, il ne règne pas encore l'unanimité sur le sujet, mais Carl Devos et Dave Sinardet perçoivent une évolution, disent-ils dans De Morgen. Devos pense que " si un parti décide de conclure un accord avec le Vlaams Belang et que cet accord stipule clairement que les lois internationales, la constitution et la démocratie libérale sont respectées - et donc avec du respect pour la place de l'Islam- alors le Vlaams Belang peut gouverner."

Dave Sinardet se veut encore plus précis : "le Vlaams Blok était clairement contraire à l'essence de notre démocratie. Mais on ne peut pas en dire autant du Vlaams Belang. Même s'il est vrai que ce sont toujours les mêmes têtes pensantes qui tiennent le crachoir, ce qui aurait tendance à les desservir."

Nos partenaires