L'optimisme n'est pas de mise chez les flamands

11/10/10 à 07:55 - Mise à jour à 07:55

Source: Le Vif

L'optimisme n'était pas de mise dimanche sur le plateau du "Zevende Dag" (VRT) à propos de la mission que le Roi a confiée au président de la N-VA, Bart De Wever. Tant les nationalistes flamands que les socialistes flamands ont qualifié la situation de très difficile.

L'optimisme n'est pas de mise chez les flamands

© Belga

Une mission très difficile, a dit le chef de groupe N-VA à la Chambre, Jan Jambon: M. De Wever doit rapprocher les points de vue des sept partis autour de la table sur quatre thèmes (réforme de l'Etat, loi de financement, BHV et financement de Bruxelles) alors que les nationalistes flamands ne veulent pas se limiter à ces sept partis et que l'on est encore très loin de la grande réforme voulue par la N-VA.

Une très faible chance de réussite Le chef de groupe sp.a, Bruno Tobback, n'a donné qu'une très faible chance de succès à la mission, même s'il est indispensable d'après lui qu'enfin, des avancées soient engrangées.

Le socialiste flamand a rejeté les critiques que la N-VA a formulées contre son parti. Les nationalistes disent ouvertement se méfier des socialistes et regrettent que les partis flamands ne puissent constituer un front devant les Francophones.

Une opinion que réfute M. Tobback: selon lui, il est possible de trouver une ligne commune entre les partis flamands. L'ancien ministre a aussi insisté sur le travail fourni par son parti et les diverses propositions qu'il a déjà couchées sur le papier.

"Tout le monde les a reçues. Et c'est le droit de M. De Wever de les donner à son grand ami Reynders", a-t-il ajouté, répondant de la sorte à la N-VA qui accuse le sp.a de transmettre au PS tout ce que les Flamands préparent.

M. Tobback s'est également interrogé sur l'apport des libéraux dans la situation actuelle et s'est demandé si la N-VA était prête à discuter avec des gens qui pensaient différemment d'elle.

"Si vous voulez progresser, vous devez oser regarder certaines choses en face. On ne peut quand même pas balancer par dessus bord Luc Cortebeeck, et donc le CD&V, Mme Milquet, les Verts, le PS et ensuite vouloir un gouvernement qui prend les mesures urgentes. Dans mon ménage aussi, on ne pense pas toujours la même chose mais il faut pouvoir se mettre d'accord", a-t-il souligné.

"Le plus important c'est que l'avion vole"

Le chef de groupe CD&V, Servais Verherstraeten, a rappelé le point de vue de sa formation: il ne pose aucune exclusive contre d'autres partis. "Le PS et la N-VA sont assis dans le cockpit et ils décident qui seront les passagers. Le plus important, c'est que l'avion vole, mais la Belgique, c'est un avion bi-moteur", a-t-il dit.

Selon lui, PS et N-VA doivent rétablir la confiance afin que les discussions puissent reprendre sur le contenu. "Arrêtons avec les deadline et les menus", a-t-il précisé.

"Que De Wever joue enfin carte sur table"

Chez les libéraux, Patrick Dewael constate qu'après quatre mois, il n'y a toujours pas de clarté sur le contenu des discussions ni sur les partenaires autour de la table. "Le Roi voit les choses d'une façon et la N-VA les voit autrement. Nous demandons que De Wever joue enfin cartes sur table et qu'il dise où il veut aller", a-t-il expliqué.

M. Jambon s'est voulu clair: une grande réforme de l'Etat, un assainissement des finances et une politique d'asile et de l'immigration significativement plus stricte.

Aucun des partis flamands ne s'est montré enthousiaste à l'idée d'un gouvernement sans la N-VA. "PS et N-VA ont la responsabilité de former un gouvernement", a fait remarquer M. Verherstraeten. "De Wever doit accomplir son devoir démocratique et faire ce que les Flamands attendent de lui", a dit M. Dewael.

Et les francophones?

Le président du PS Elio Di Rupo invitera dans les prochains jours le cdH, Ecolo et le MR, face au risque d'un vote dans le dossier de la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, a-t-il déclaré dimanche sur les plateaux de la RTBF et de RTL-TVi. Le chef de groupe N-VA à la Chambre Jan Jambon a affirmé dimanche que son parti refuserait de traiter mardi en urgence à la Chambre la proposition du Vlaams Belang de scinder BHV, mais qu'il se gardait la possibilité d'explorer cette voie parlementaire au terme de la mission de clarification de Bart De Wever, si aucune solution n'a été trouvée.

Cette échéance, repoussée au 18 octobre, a été rejetée par Elio Di Rupo. "On ne va pas se laisser impressionner, nous ferons tout pour stabiliser le pays, même si ce ne sera pas à n'importe quel prix", a-t-il dit.

Face au risque d'un nouveau vote flamand sur ce dossier, M. Di Rupo va inviter dans les prochains jours le cdH, Ecolo, mais aussi le MR pour une "discussion à coeur ouvert" destinée notamment à ce que le MR "revienne plus près des trois autres partis francophones que de la N-VA". M. Di Rupo estime qu'en proposant de déterminer avant tout ce que francophones et Flamands veulent encore faire ensemble, le MR se rapproche des thèses du parti de Bart De Wever. Ce dernier peut consulter qui il veut, a par ailleurs affirmé M. Di Rupo, interrogé sur une possible consultation de Didier Reynders par M. De Wever.

Le Vif.be, avec Belga

En savoir plus sur:

Nos partenaires