Bernard Devos dénonce l'orientation abusive d'enfants vers l'enseignement spécialisé

11/01/17 à 15:23 - Mise à jour à 15:22

Source: Belga

Le délégué général aux droits de l'enfant (DGDE) Bernard Devos a fustigé mercredi l'orientation de plus en plus courante -mais souvent injustifiée- d'enfants vers l'enseignement spécialisé en Fédération Wallonie-Bruxelles, conduisant ainsi à une "carrière scolaire déglinguée dès le plus jeune âge".

Bernard Devos dénonce l'orientation abusive d'enfants vers l'enseignement spécialisé

© Getty Images/iStockphoto

"La Fédération Wallonie-Bruxelles est la seule entité de l'Union européenne où le nombre d'enfants dans l'enseignement spécialisé augmente", s'est inquiété mercredi M. Devos lors de la présentation de son rapport annuel devant le Parlement.

Selon lui, tous les autres pays européens ont aujourd'hui tendance à intégrer au maximum les enfants avec difficultés dans l'enseignement ordinaire, plutôt que de les orienter systématiquement vers l'enseignement spécial.

"Des enfants que l'on dit dyslexiques, dyspraxiques ou dyscalculiques, mais qui ne le sont pas, sont orientés vers l'enseignement pour enfants avec des troubles d'apprentissage et terminent leur scolarité dans des écoles pour enfants à handicap léger, qu'ils ne sont pas! C'est un scandale véritable!", a martelé M. Devos devant les députés.

Selon les derniers Indicateurs de l'enseignement de la Fédération, le nombre d'enfants dans l'enseignement spécialisé de type 8 (destiné aux enfants de primaire présentant des "trouble d'apprentissage") a augmenté de 13% entre 2009 et 2014.

Ces enfants, souvent issus de milieux socialement défavorisés, comptent aujourd'hui pour près de 40% des effectifs de l'enseignement spécialisé.

Destiné en théorie à réintégrer ces enfants dans l'enseignement ordinaire, l'enseignemet spécialisé de type 8 conduit en réalité pour près de 30% de ces enfants vers l'enseignement secondaire de type 1 (pour enfants avec "retard mental léger").

Trente pour cent des enfants en type 8 ne terminent pas leur formation secondaire, selon ces mêmes statistiques.

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