ArcelorMittal : la réunion tripartite programmée lundi

05/09/13 à 15:53 - Mise à jour à 15:53

Source: Le Vif

La réunion tripartite entre le gouvernement wallon, les syndicats et la direction du groupe ArcelorMittal a été programmée lundi prochain, a indiqué le gouvernement wallon à l'issue d'une rencontre avec la direction, responsable des activités "plat carbone" en Europe.

ArcelorMittal : la réunion tripartite programmée lundi

© Belga

La direction du sidérurgiste a "exposé en détail les améliorations qui ont été proposées au cours des mois de juin et juillet", ce qui a permis au comité ministériel restreint de "mieux apprécier les évolutions apportées par rapport au plan initial" de janvier dernier, selon un communiqué commun.

Au cours de l'été, ArcelorMittal avait notamment proposé de sauver une sixième ligne du froid et d'en mettre quatre autres sous cocon pendant cinq ans, ce qui est encore jugé insuffisant par les syndicats.

Grâce à cette réunion tripartite, la volonté du gouvernement est d'aboutir à un accord final garantissant "une pérennité des activités dans un périmètre le plus large possible", selon la communication présentée ce jeudi par le ministre-président Rudy Demotte à l'issue d'une rencontre avec les syndicats.

Les participants de la réunion de ce jeudi matin "ont reconnu" que les efforts de la task force - mise en place en janvier dernier après l'annonce d'une réduction drastique du plan industriel d'ArcelorMittal sur le froid - "n'ont jusqu'ici pas abouti", commentait-on du côté de la CSC (chrétien).

Après les tentatives de retrouver un repreneur au moins partiel, les acteurs entérinent donc "qu'une solution ne pourra se dégager qu'avec ArcelorMittal et qu'il faut revenir à la table de négociation", a ajouté Jordan Atanasov, secrétaire CSC METEA.

"Ce sera la première fois que les pourparlers tripartites prendront ce caractère de véritables négociations", a estimé Francis Gomez, président de la fédération des métallurgistes Liège-Luxembourg (socialiste).

Outre le volet industriel, le syndicat socialiste "se doute bien" désormais qu'il faudra discuter le volet social.

La réunion de ce jeudi ayant été prévue de longue date, gouvernement et syndicats ont réfuté avoir été mis sous pression par l'ultimatum lancé mardi par la direction d'ArcelorMittal.

Le sidérurgiste enjoignait aux syndicats d'accepter avant lundi 9 septembre prochain à midi d'entrer en négociation sur base des 12 points listés sur la feuille de route établie dans le cadre de la tripartite.

Sans cela, le géant de la sidérurgie menaçait de mettre en oeuvre son plan industriel du 24 janvier dernier, qui réduisait de 12 à 5 le nombre de lignes à froid maintenues à Liège, sans plus aucune garantie de volumes ni d'investissements R&D au-delà de 2015, pas plus que d'une "mise sous cocon" (préservation de l'outil) des sites arrêtés.

Pour les syndicats, ce nouvel ultimatum ne reflète que la stratégie classique d'ArcelorMittal. Le gouvernement ne dit pas autre chose. "S'il suffisait qu'un groupe industriel dise ce qu'il veut pour qu'on s'incline, nous ne serions pas un gouvernement", a pour sa part commenté le ministre de l'Economie Jean-Claude Marcourt. Il considère lui aussi qu'il s'agira de la première "réelle réunion tripartite".

A ses yeux, le dossier ne peut plus durer des mois, "mais il faudra garantir du respect envers les travailleurs".

Pour faire pression, le gouvernement compte notamment sur son projet de décret d'expropriation de branches d'activité pour cause d'utilité publique (également appelé "décret nationalisation"), mais les syndicats craignent qu'il n'arrive trop tard vu ses délais d'adoption et de mise en oeuvre.

Le gouvernement peut aussi faire valoir d'importantes contraintes de dépollution, de reconversion et de redéploiement des sites, raison pour laquelle le ministre de l'Environnement et de l'Aménagement du territoire Philippe Henry était associé au comité restreint, traditionnellement composé du ministre-président Demotte et des vice-présidents Marcourt, Nollet et Antoine.

L'exécutif a par ailleurs confirmé son engagement en faveur d'un "plan pour Liège" de redéploiement et de reconversion du bassin sidérurgique.

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