À la recherche de travail depuis six mois, Mohamed change de prénom et trouve aussitôt un emploi

10/06/16 à 10:35 - Mise à jour à 10:35

Source: Bruzz

Âgé de 27 ans et diplômé en graphisme, le Bruxellois d'origine algérienne Mohamed Kabendji a vainement cherché du travail pendant six mois. Se doutant que son prénom puisse y être pour quelque chose, il décide de la changer en Kyan et à peine deux semaines plus tard, il décroche un emploi.

À la recherche de travail depuis six mois, Mohamed change de prénom et trouve aussitôt un emploi

Photo d'illustration © Getty Images/iStockphoto

Interrogé par le site d'informations bruxellois Bruzz, Kyan explique que pendant ses études, il se sentait déjà discriminé. "Pendant mes études, j'avais déjà compris qu'on me traitait différemment à cause de mon nom. Dans le métro, à l'école, dans la vie quotidienne, je voyais des inconvénients partout", raconte-t-il.

Plus de quarante candidatures sans réponse

Après avoir obtenu son diplôme de graphisme à Namur, il se rend dans la capitale où il postule auprès plus de quarante entreprises différentes sans jamais recevoir de réponse. Déçu, il décide de changer de tactique et de modifier son prénom. Si ses parents sont d'abord opposés à son projet, ils comprennent rapidement les avantages.

À peine deux semaines plus tard, Kyan décroche un emploi. Aujourd'hui, il croule sous le boulot. Travaillant sous le statut d'indépendant, il créer des sites, des infographies et des visualisations 3D pour des entreprises.

Interrogée par Bruzz, Caroline Mancel, adjointe au directeur général de l'agence régionale de l'emploi Actiris, explique que malheureusement c'est loin d'être le seul cas de discrimination à Bruxelles. "Les chiffres en disent long. Le chômage chez les gens d'origine belge se situe à moins de 10%. Pour les gens d'origine maghrébine, il est de 30%", déclare-t-elle.

Comme l'explique Bruzz, il est relativement facile de modifier son prénom. Les formalités sont moins lourdes que pour changer de nom de famille. En revanche, le coût est de 490 euros, à moins que, comme le stipule le SPF Justice, on ait un prénom qui prête à confusion, qui soit ridicule ou odieux ou qui soit à consonance étrangère. Dans ces cas précis, il ne faut débourser que 49 euros.

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