Ce dimanche après-midi, le derby anversois est au programme de la 30e journée de Pro League. Pour Jelle Bataille, originaire de Flandre-Occidentale, ce sera le premier qu’il disputera au Bosuil. Entretien avec un latéral qui est prêt à gagner la bataille d’Anvers.
Anvers se prépare pour le match de l’année entre l’Antwerp et Beerschot. La pression sera forte pour les deux équipes, car le Great Old se trouve dans une mauvaise passe et voudrait l’emporter pour s’assurer de sa présence en Play-offs 1, tandis que le Beerschot veut jouer une de ces dernières cartes pour éviter la relégation. Jelle Bataille a rejoint la cité portuaire cet été en provenance du KV Ostende et recevra les Rats au Bosuil pour la première fois. Mais comment quelqu’un qui est originaire de Flandre-Occidentale ressent ce clash anversois ? « On le vit forcément d’une manière différente de quelqu’un qui orignaire de la ville. On sent l’importance de ce match chez certains au sein du noyau. En particulier, un Ritchie De Laet que l’on sent très impliqué et investi. Faris Haroun et lui nous ont déjà fait comprendre l’importance de ce derby. Et à l’entraînement, l’intensité est également beaucoup plus élevée cette semaine. Chacun est plus affûté grâce à la motivation de l’autre. C’est plutôt sympa de le préparer de cette manière. Je pense que ce sera un grand match, avec de nombreux supporters présents au stade. »
Comment s’est passé votre premier derby contre Beerschot ? Les attentes ont-elles été satisfaites ?
JELLE BATAILLE :« C’était déjà super d’être en route dans le bus qui se rendait au stade. Certains joueurs étaient déjà plus concentrés que d’habitude. Pendant le match, nos supporters étaient aussi plus investis que d’habitude. Et puis vous savez ce qui est arrivé aux supporters après le match. Je pense que ce duel a été plus intense que ce que j’avais pensé. Ce week-end, l’ambiance sera peut être à nouveau au rendez-vous, mais j’espère qu’il n’y aura pas d’incidents entre supporters après le derby. »
En cas de victoire de l’Antwerp, le Beerschot se rapprochera encore plus de la relégation. Est-ce une motivation supplémentaire pour votre équipe ?
BATAILLE : « Non, nous sommes motivés par nos propres ambitions. Nous devons gagner ce match, surtout pour de nouveau aller de l’avant après les contre-performances de ces dernières semaines. Je pense que nous devons donner une réponse positive sur le terrain dimanche. Donc, ce qui compte, c’est d’abord notre situation, le reste est secondaire. La place de relégable de Beerschot n’intéresse pas notre groupe. Dimanche, c’est juste le derby en tant que tel qui comptera. Je pense aussi qu’on ne souhaite pas spécialement la relégation d’un club en particulier, même si c’est le Beerschot. S’ils sont relégués, nous n’aurons plus les derbies l’an prochain. Mais ce sont des questions auxquelles on pense seulement plus tard. »
La situation sportive de l’Antwerp n’est pas brillante depuis quelques semaines, comme vous venez de le souligner. On a parfois l’impression que cette équipe de combattants, où vous avez réussi à trouver votre place, manque d’agressivité. Comment expliquez-vous cela ?
BATAILLE :« C’est vrai qu’à certains moments, nous ne sommes peut-être pas assez enthousiastes. Y a-t-il une explication à cela ? Je ne sais pas. Je pense qu’il faut que ça vienne. De plus, nous avons aussi beaucoup de nouveaux joueurs par rapport aux saisons précédentes. Des profils avec plus de qualités footballistiques que vraiment agressifs. C’est peut-être la raison. »
Ce week-end, il y aura probablement une grosse ambiance dans le stade, mais j’espère qu’il n’y aura pas de bagarres entre les supporters.
Vous avez aussi dit que l’équipe manque de régularité afin de lutter pour le titre. Comment expliquez-vous ces prestations en dents de scie ?
BATAILLE :« Si nous le savions, nous aurions tout fait pour changer la situation. C’est difficile à expliquer, mais c’est à nous, dimanche, de montrer que nous sommes là et que nous sommes prêts pour les play-offs 1. »
L’écart avec l’Union est désormais assez important avec onze points de retard. Mais avec les Play-offs, il ne sera plus que de six. Tout est encore possible pour vous cette saison ?
BATAILLE :« Je pense que ça a été le cas toute la saison. Mais cela dépend aussi de nos propres prestations, car nous avons pris des points lorsque nous avons mal joué. Mais lorsque nous perdons des points, les gens vont rapidement affirmer que l’Antwerp n’est plus un prétendant au titre. Je pense qu’on va trop dans des raccourcis semaine après semaine en fonction des résultats. Mais bon à nous de prouver notre valeur sur le terrain. Ce que l’on écrit à notre sujet est secondaire. »
Europa League
Quel regard portez-vous sur votre première saison avec l’Antwerp ?
BATAILLE :« Il y a eu des hauts et des bas. Au début, c’était un peu difficile de passer d’un club qui joue le maintien à un club de plus haut niveau. Je le remarque dans tous les domaines, que ce soit sur le terrain ou en coulisses. J’ai bien commencé ma saison, mais j’ai été freiné ensuite par des petites blessures. Et à chaque fois que je revenais, j’en avais une autre qui me permettait jamais vraiment d’être à 100%. Je devais aussi m’adapter un peu à ma nouvelle équipe et faire des ajustements dans mon jeu. Maintenant, j’espère pouvoir continuer sur ma lancée des dernières semaines. Bien que dans le football, il est difficile de prédire l’avenir. »

Quelle est la plus grande différence entre Ostende et l’Antwerp ?
BATAILLE :« Disons qu’avec le KVO, on n’avait pas d’obligation de résultats comme c’est le cas ici. Ici, il faut tout le temps répondre présent pour prendre les trois points. Tout autre résultat que la victoire est perçu comme une défaite pour un club du standing de l’Antwerp. »
Quel est votre meilleur match de la saison jusqu’à présent ?
BATAILLE : « La victoire 2-5 au Standard était vraiment géniale. Et ici, à domicile, contre l’Omonia Nicosie, lors du dernier tour préliminaire de l’Europa League, où nous avons gagné aux tirs au but. C’était la première fois que je jouais devant des supporters au Bosuil. Nous nous sommes qualifiés pour la phase de groupe de l’Europa League, je n’oublierai jamais ce moment. Chaque joueur se fixe des objectifs dans sa carrière et jouer des matches de football européen était l’un des miens. Je suis très fier d’avoir pu jouer ce type de rencontres. »
Avez-vous l’impression d’être déjà de retour au top de votre forme ou pouvez-vous encore vous améliorer de quelques pourcents ?
BATAILLE : « Je pense que je suis à 80 ou 90% de mes possibilités actuellement. Je pense que je peux améliorer mes statistiques offensives et donner plus de passes décisives. »
Cette saison, vous n’en avez qu’une à votre actif. Un joueur porté vers l’avant comme vous ne devrait-il pas en avoir plus à son actif ?
BATAILLE : « En effet, mais cela dépend de plusieurs facteurs. Tout d’abord de moi et de la qualité de mes centres. Sur les dix centres que je donne en moyenne dans un match, huit doivent être bons. Pour le moment, je dois être à cinq. Je dois devenir plus constant. Après, même si vous donnez de bonnes passes, il faut encore que celui qui les reçoit puisse les conclure. Ca fait partie du jeu. »
Lorsque nous perdons des points, les gens vont rapidement affirmer que l’Antwerp n’est plus un prétendant au titre. Je pense qu’on va trop dans des raccourcis.
Prendre la parole
Êtes-vous toujours le même joueur qu’à Ostende ?
BATAILLE:« Je pense que je suis devenu un joueur différent. Au KVO, j’étais surtout un joueur offensif, alors qu’ici j’apprends aussi beaucoup sur le plan défensif aussi. Par exemple, je pense m’être beaucoup amélioré dans les actions individuelles. Et pour le reste, vous pouvez voir que je suis un peu plus mature que la saison dernière. »
En attendant, on peut vous entendre régulièrement sur le terrain. Est-ce que vous apprenez encore plus à prendre la parole sur le terrain avec des garçons comme Nainggolan, Verstraete et De Laet ?
BATAILLE :« On apprend dans tous les domaines avec de tels joueurs. Les premiers mois, ce n’était pas mal d’observer comment ils géraient tout dans le vestiaire. Mais depuis, j’ai trouvé ma place dans l’équipe et j’ose plus m’exprimer sur le terrain. »
Ces joueurs se donnent à 100% à chaque match, avec une erreur de plus ou de moins. C’est comme ça qu’ils portent le reste de l’équipe ?
BATAILLE :« Je pense que cela s’applique à tout le monde. Quand l’équipe commencera à fonctionner et que tout le monde y mettra du sien comme Radja, Birger et Ritchie, je pense que nous n’aurons pas beaucoup de matches difficiles comme celui que nous avons connu contre le Club de Bruges ».

En contact avec Alexander Blessin
Suivez-vous toujours de près ce qu’il se passe à Ostende ?
BATAILLE :« Si je peux, j’essaie de regarder tous les matchs. J’ai encore beaucoup d’amis là-bas, c’est donc tout naturel que je continue à les suivre. »
Vous attendiez-vous à ce qu’Alexander Blessin quitte le club et s’envole pour l’Italie ?
BATAILLE: « Je pensais qu’après la saison dernière il recevrait des offres de grandes équipes et qu’il allait partir cet été. Mais je ne peux pas vraiment juger comment ça s’est passé maintenant. Je pense que c’est une belle étape pour lui et qu’il l’a plus que méritée. »
Avez-vous eu des nouvelles de lui depuis ? Vous a-t-il transmis une offre pour rejoindre Gênes ?
BATAILLE :« (rires) Non, mais j’ai encore des nouvelles de lui de temps en temps. Je lui avais envoyé un message pour lui souhaiter bonne chance en Italie et, de temps en temps, il prend de mes nouvelles. C’est vraiment chouette de conserver une telle relation. »
Voyez-vous des similitudes entre Brian Priske et Blessin ?
BATAILLE :« Oui et non. Je pense qu’en termes de gestion humaine, ils sont assez similaires, mais leurs façons de travailler en matière de coaching ne sont pas comparables. Avec Blessin, c’était vraiment dur avec la mentalité allemande. C’est différent avec Priske. »
Votre famille est remplie de supporters du KVO. Regarderont-ils le derby anversois ou le zapperont-ils pour se mettre devant Ostende-Anderlecht qui se déroulera quelques heures plus tard ?
BATAILLE :« Pour l’instant, j’ai déjà réservé six billets pour qu’ils viennent voir le derby au stade. J’espère qu’ils viendront (rires). »