Divorce entre Alcaraz et son entraîneur Juan Carlos Ferrero
Après sept ans de collaboration, Juan Carlos Ferrero et Carlos Alcaraz ne sont plus «une seule et même personne». © BELGA

Divorce Carlos Alcaraz-Juan Carlos Ferrero: «Avec cette attitude, il ne deviendra jamais le meilleur joueur de tennis de tous les temps»

Alors que l’Open d’Australie débutera ce 18 janvier à Melbourne, la question est de savoir comment Carlos Alcaraz s’en sortira sans son entraîneur Juan Carlos Ferrero.

Ce fut l’annonce marquante de l’intersaison: Carlos Alcaraz a mis fin à sa collaboration avec Juan Carlos Ferrero, l’entraîneur qui l’a conduit vers les sommets mondiaux depuis l’âge de 15 ans. Une nouvelle surprenante, alors que l’Espagnol a remporté Roland-Garros et l’US Open l’an dernier. Ferrero s’est dit profondément blessé par cette rupture. «J’ai mis mon cœur et mon âme dans ce projet, a-t-il déclaré lors de plusieurs interviews. Il faut passer par une période de deuil.»

Les raisons du divorce? Des divergences de vues et un manque de communication, d’après le coach. «Peut-être aurions-nous pu sauver la situation si nous en avions parlé, mais ce n’est pas arrivé.» Ferrero a toutefois démenti les rumeurs selon lesquelles l’argent serait à l’origine de la séparation et n’a pas exclu une éventuelle reprise de collaboration avec Alcaraz à l’avenir.

Des tensions latentes depuis 2023

La désunion n’est toutefois pas totalement inattendue. Depuis un certain temps déjà, les relations étaient tendues entre l’entraîneur et, surtout, l’entourage du joueur, notamment son manager Albert Molina. Les premières fissures sont apparues dès 2023. Cette année-là, Alcaraz a certes remporté Wimbledon, mais il s’est arrêté en demi-finale à Roland-Garros, à l’US Open et aux ATP Finals.

Dans des interviews, Ferrero affirmait qu’«un professionnel doit être professionnel toute l’année». L’entourage du tennisman le jugeait trop strict. Le joueur lui-même se retrouvait pris en étau: d’un côté, il partageait la vision de ses proches; de l’autre, sa relation avec son entraîneur restait bonne.

La vision du travail et du sacrifice n’était plus la même entre le joueur et son coach.

Ces frictions n’ont pas empêché Alcaraz de remporter à la fois Roland-Garros et Wimbledon en 2024. Mais lors d’un passage à vide mental, en fin de saison, après une élimination précoce à l’US Open, la tension est remontée d’un cran. Ferrero continuait de pousser, tandis que l’entourage y voyait le symptôme d’une approche trop rigide. Dès cette période, le clan souhaitait se séparer de l’entraîneur et engager l’ancien joueur britannique de haut niveau, Andy Murray. Alcaraz lui-même a tempéré l’idée. Pour lui, Ferrero restait un atout.

Fin 2024, Juan Carlos Ferrero a été opéré du genou. Cela l’a empêché d’accompagner son poulain à l’Open d’Australie au début de l’année suivante. Le timing de cette intervention fut mal perçu par l’entourage d’Alcaraz. Pour apaiser les tensions, Samuel López a rejoint l’équipe en 2025 en tant qu’entraîneur adjoint. Ce dernier a accordé davantage de liberté à Alcaraz, ce qui fut bien accueilli.

A Miami, en mars, Alcaraz fut battu d’entrée de jeu par David Goffin, après quoi il a décidé de faire une pause –une décision que n’a pas soutenue Ferrero. En mai, la dissension s’est encore plus marquée. Dans le documentaire Netflix consacré à Alcaraz, au titre évocateur My Way, Ferrero expliquait que sa vision du travail et du sacrifice différait de celle du joueur. Il exprimait même des doutes quant à la capacité de son protégé, avec cette attitude, à devenir un jour le plus grand joueur de tennis de tous les temps. Ces déclarations ont creusé davantage encore le fossé.

Quelques mois plus tard, Ferrero n’a pas accompagné Alcaraz à Cincinnati et regardait un match de football pendant que ce dernier disputait la finale contre Jannik Sinner. Entre-temps, Alcaraz s’entraînait de moins en moins à Villena, au sein de l’académie de Ferrero, et de plus en plus souvent à Murcie, plus près de chez lui.

Tout miser sur Melbourne

Après la saison, les négociations contractuelles avec Ferrero pour 2026 ont commencé. Le camp d’Alcaraz n’a soumis une proposition que tardivement, assortie de conditions que l’entraîneur ne pouvait accepter. Le point d’achoppement principal concernait le fait qu’il souhaitait passer certaines semaines auprès de sa famille et dans son académie de tennis.

Selon les médias espagnols, la décision d’arrêter la collaboration n’a pas été prise directement par Alcaraz, mais par son entourage. La relation entre le joueur et son entraîneur demeure néanmoins bonne, sans rancune.

La grande question est de savoir quelles conséquences tout ceci aura sur les performances d’Alcaraz, notamment lors de l’Open d’Australie, qui commence le 18 janvier, seul tournoi du Grand Chelem qu’il n’a pas encore remporté. Si le joueur espagnol de 22 ans conquiert le titre à Melbourne, il deviendra le plus jeune tennisman de l’histoire à réaliser un «Career Grand Slam»: une victoire dans chacun des quatre tournois majeurs.

Les experts sont partagés. Certains redoutent que les événements n’entraînent, à des moments cruciaux, une forme d’incertitude chez le joueur. D’autres estiment, au contraire, qu’Alcaraz évoluera avec un esprit libéré. Affaire à suivre.

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