Thierry Fiorilli

C’est beau comme les élans d’humanité au cœur des compétitions sportives

Thierry Fiorilli Journaliste

2026 promet nombre d’événements sportifs. A côté des victoires, des gros sous ou des rapports de force, on espère y voir, comme parfois en 2025, des gestes d’humanité, de solidarité, de générosité, d’entraide, d’attention.

C’est l’une des seules certitudes que réserve 2026: elle sera faste, sportivement parlant. Outre les compétitions classiques, toutes disciplines confondues, les grands rendez-vous s’y enchaîneront: Coupe d’Afrique des nations et Coupe du monde de football, Jeux olympiques d’hiver, Coupe du monde de hockey sur gazon et de basket, championnats d’Europe d’athlétisme, de handball, de natation… Autant d’événements majeurs pour les athlètes, leur entourage, les fédérations, les sponsors, les médias, les supportrices et supporters. Et peut-être bien aussi au-delà.

Parce que ces grands-messes sportives ne véhiculent pas uniquement gros sous, sueur, victoires, défaillances, polémiques, soupçons, violences, ego ou rapports de forces. Il arrive qu’y surgissent des gestes de solidarité, de générosité, d’entraide, d’attention, à l’égard d’adversaires ou d’inconnus au cœur des foules. Démontrant que, malgré la très grande importance, notamment financière, de l’enjeu, les protagonistes du sport de haut niveau peuvent, par moments, descendre de leur piédestal pour faire preuve, très simplement, de prévenance, de sollicitude et d’altruisme.

L’an dernier, on a ainsi vu Remco Evenepoel donner son bidon à un gamin, le long de la route du Tour de France, au moment même où il abandonnait la course, épuisé physiquement et détruit moralement.

Quelques semaines plus tard, un autre Belge, Tim Van de Velde, rebroussait chemin sur la piste de Tokyo, en série du 3.000 mètres steeple des Championnats du monde d’athlétisme, pour aller épauler, au propre comme au figuré, le Colombien Carlos San Martin, qui s’était blessé en ratant un obstacle, et l’emmener jusqu’à la ligne d’arrivée.

Au printemps, les supporters du RFC Liège ont rendu hommage, en l’ovationnant et en l’étreignant, à Brent Stevens, jeune gardien de Jong Genk, titularisé pour la première fois deux jours après la mort de son papa.

«Puisse le sport, cette année, ne pas être qu’un miroir de la société mais un modèle, au sens le plus lumineux du terme.»

A plusieurs reprises, ici et là, des footballeurs professionnels évoluant dans les plus grands clubs ont enveloppé de leur survêtement les enfants-mascottes qui posaient devant eux, avant un match, pendant les hymnes, sous une pluie drue ou par grand froid.

Des équipes entières se sont rasé la tête par soutien à un(e) partenaire sous traitement de chimio.

Des champions ont attendu leur principal rival qui venait de tomber plutôt que de profiter de l’opportunité.

Des coachs ont demandé de laisser marquer l’adversaire, pénalisé par un but injustement validé.

Des monstres de compet ont fait changer d’avis l’arbitre, qui les avaient indûment gratifiés d’un point ou d’un penalty. Des stars se sont interposées entre le service d’ordre et des mômes surgis sur le terrain pour une accolade et un selfie avec leur idole…

Autant de gestes qui prouvent que le sport peut incarner bien plus que des joutes, des duels, des combats et des épreuves. Même dans le chef de gens qui engrangent des fortunes et n’ont pas forcément été élevés dans les valeurs de bienveillance et d’altruisme. Puisse-t-il donc, au gré des grands rendez-vous fixés cette année, influencer positivement les comportements en vogue dans «la vraie vie». Et y desserrer tous les freins, pour y encourager tous les élans d’humanité. Il ne sera alors pas qu’un miroir de la société. Mais un modèle, au sens le plus lumineux du terme: celui qui fait s’élever tout le monde. Et qui procure davantage des frissons et des émotions que les plus beaux exploits athlétiques.

Thierry Fiorilli est journaliste et chroniqueur.

 

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