Attaque des Etats-Unis au Venezuela: voici tout ce que l’on sait en 5 points

L’armée américaine a mené une série de frappes contre la capitale du Venezuela, Caracas, qui dénonce une très grave agression militaire. Le président Maduro a été capturé et exfiltré par les Etats-Unis, confirme Donald Trump.

Les Etats-Unis ont mené dans la nuit de vendredi à samedi une série d’attaques aériennes sur le Venezuela, et le président américain Donald Trump a affirmé que ses forces avaient capturé et exfiltré son homologue vénézuélien, Nicolas Maduro.

1. Quand ont été lancées les frappes?

De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 02h00 du matin à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu’à 03h15.

Des images sur les réseaux sociaux ont montré des missiles fendant le ciel puis s’abattant sur leur cible. Des hélicoptères ont également été vus dans le ciel de Caracas.

Peu avant 11h00, un sénateur américain a affirmé que les Etats-Unis avaient achevé leur action militaire.

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2. Qu’ont visé ces attaques?

Des explosions suivies de panaches de fumée et d’incendies ont visé le Fuerte Tiuna, le complexe militaire le plus important du Venezuela, qui abrite le ministère de la Défense et l’Académie militaire. De très vaste étendue, il abrite non seulement des structures militaires, mais aussi des espaces urbains de logement de troupes où vivent des milliers de familles.

A une des portes d’entrée–toujours gardée–, un petit blindé et un camion portaient des impacts visibles de balles.

Des habitants fuyaient la zone au petit matin avec valises et sacs. Ils ont refusé d’être interviewés, mais une habitante a lancé qu’elle partait «parce qu’ils ont failli nous tuer».

D’autres explosions ont retenti près du complexe aéronautique de La Carlota, aéroport militaire et de vols privés, dans l’est de Caracas. Un petit blindé brûlant et un bus calciné étaient visibles, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Des explosions ont également été rapportées dans l’ouest du pays, à La Guaira (aéroport international et port de Caracas), à Maracay, capitale de l’Etat d’Aragua (100 km au sud-ouest de Caracas), et à Higuerote (100 km à l’est de Caracas) dans l’Etat de Miranda, sur la côte Caraïbe.

3. Quel bilan de victimes?

Le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, a accusé l’armée américaine d’avoir frappé «au moyen de missiles et de roquettes tirés depuis leurs hélicoptères de combat des zones résidentielles de population civile».

Aucun bilan humain n’était disponible, M. Padrino disant être en train de recueillir les informations relatives aux blessés et aux morts.

4. Le président Maduro arrêté et exfiltré?

«Le président Nicolás Maduro avec son épouse (Cilia Flores) a été capturé et exfiltré du pays», a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social.

On ne sait pas comment le président Maduro a pu être capturé. Des hélicoptères américains ont été vus dans le ciel de Caracas.

Personne ne savait exactement où résidait le président vénézuélien, auquel on prêtait de changer souvent de résidence ces derniers mois. Jeudi, la télévision avait diffusé une interview de M. Maduro dans laquelle il circulait en voiture dans Caracas.

La vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodríguez, a exigé une «preuve de vie» du couple présidentiel. La Russie a demandé «des éclaircissements immédiats» sur la situation de M. Maduro.

5. Quelles réactions internationales?

La Russie, allié principal du Venezuela, a condamné «un acte d’agression armée», rejetant «les prétextes utilisés pour justifier de telles actions» et regrettant que «l’hostilité idéologique ait triomphé du pragmatisme d’usage».

Autre soutien du Venezuela, l’Iran a pointé une «violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du pays», fustigeant «l’agression illégale des Etats-Unis», ennemi de la République islamique.

En Europe, la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a appelé à la «retenue» et au respect des «principes du droit international et de la Charte des Nations unies». L’Espagne s’est proposée pour jouer les intermédiaires, se disant «disposée à offrir ses bons offices pour parvenir à une solution pacifique et négociée à la crise actuelle».

Le Venezuela a demandé samedi une réunion d’urgence du Conseil de sécurité. Dans beaucoup de quartiers, les habitants se sont rués à leurs fenêtres et terrasses pour tenter de comprendre ce qui se passait. Le courant a été coupé dans certains secteurs de la ville, selon des habitants.

Narcotrafic ou ressources stratégiques?

Donald Trump accuse depuis des mois le président Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic, ce que l’intéressé dément.

«Le Venezuela rejette et dénonce (…) la très grave agression militaire perpétrée par (…) les Etats-Unis contre le territoire et la population vénézuéliens, dans les localités civiles et militaires de Caracas et les Etats de Miranda, Aragua et La Guaira autour de Caracas», a indiqué un communiqué du gouvernement.

«L’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, en particulier de son pétrole et de ses minerais, en tentant de briser par la force l’indépendance politique de la Nation», poursuit le communiqué.

Le gouvernement «appelle toutes les forces sociales et politiques du pays à activer les plans de mobilisation», selon le texte qui annonce que Nicolás Maduro «a signé et ordonné la mise en œuvre du Decret déclarant l’état d’urgence».

230 Belges au Venezuela

«La sécurité de nos ressortissants est une priorité absolue», a déclaré sur X le ministre fédéral des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés), sans commenter davantage la situation sur le fond ni les informations concernant la capture et l’exfiltration du président Nicolás Maduro.

«Notre ambassade à Bogotá, compétente pour le Venezuela, ainsi que nos services à Bruxelles sont pleinement mobilisés», a-t-il ajouté, précisant que la situation faisait «l’objet d’un suivi étroit, en coordination avec nos partenaires européens».

Selon les Affaires étrangères, quelque 230 ressortissants belges se trouveraient actuellement au Venezuela.

Le président du Parti socialiste, Paul Magnette, a exprimé sa solidarité avec le peuple vénézuélien, «seul souverain». «On peut dénoncer le régime autoritaire de Maduro sans accepter l’ingérence impériale. Les interventions militaires, les mises en scène de puissance et le mépris du droit international ne libèrent aucun peuple. La démocratie ne s’exporte pas par les armes», a-t-il écrit sur X.

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