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Menaces de droits de douane de Trump: l’UE met en garde contre « une spirale dangereuse »

L’Union européenne a mis en garde samedi contre « une spirale dangereuse » après la menace brandie par Donald Trump d’augmenter les droits de douane contre huit pays européens si le Groenland n’est pas « intégralement vendu » aux Etats-Unis.

« Des droits de douane affaibliraient les relations transatlantiques et représenteraient un risque de spirale dangereuse vers le bas« , ont écrit, dans un communiqué commun, le président du Conseil européen Antonio Costa et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

« L’Europe restera unie »

« L’Europe restera unie, coordonnée et déterminée à défendre sa souveraineté », ont-ils ajouté. Dans un message à la tonalité particulièrement agressive, le président américain a accusé samedi huit pays européens de jouer à « un jeu très dangereux » au Groenland, en référence à l’envoi de militaires européens sur place.

« L’exercice danois conduit avec les Alliés répond au besoin de renforcer la sécurité en Arctique et ne représente une menace pour personne », ont répondu les Européens.

Réaffirmant que l’UE restait « pleinement solidaire » du Danemark et des habitants du Groenland, les deux dirigeants européens ont par ailleurs souligné à l’adresse du locataire de la Maison Blanche que le dialogue restait « essentiel ».

Les menaces de Donald Trump d’imposer de nouveaux droits de douane aux pays s’opposant à une annexion du Groenland par les Etats-Unis sont « inacceptables », a déclaré samedi Emmanuel Macron qui promet une réponse « unie » des Européens.

Des eurodéputés de haut rang appellent à reporter l’adoption de l’accord commercial UE-USA

Plusieurs eurodéputés de haut rang veulent reporter l’adoption de l’accord commercial entre les États-Unis et l’Union européenne (UE), tant que le président américain Donald Trump menace d’annexer le Groenland. Plusieurs eurodéputés établissent désormais un lien entre les menaces du président américain et l’accord commercial conclu l’été dernier entre l’UE et les États-Unis pour mettre fin à la guerre tarifaire, qui doit encore être ratifié par le Parlement.

« Le PPE est favorable à l’accord commercial UE-USA mais, étant donné les menaces de Donald Trump concernant le Groenland, une approbation n’est pas possible à ce stade« , a écrit le chef de la droite au Parlement européen, Manfred Weber, sur X.

« Les États-Unis ont franchi une nouvelle ligne rouge

Le social-démocrate Bernd Lange, président de la Commission du commerce international du Parlement européen, appelle à suspendre le processus d’adoption de l’accord.

« Les États-Unis ont franchi une nouvelle ligne rouge », appuie-t-il. « L’UE ne peut plus prétendre qu’il ne se passe rien. »

Il appelle également l’UE, tout comme la vice-présidente de cette même Commission, Kathleen Van Brempt (Vooruit), à mettre en place l’instrument de lutte contre la coercition, offrant un large éventail de possibilités permettant notamment à l’UE de frapper les exportations de services.

« Si ce n’est pas de la coercition, alors qu’est-ce que c’est ? L’Europe doit, avec des partenaires partageant les mêmes idées à travers le monde, prendre dès maintenant l’initiative de former une coalition internationale plus large pour contrer ce mouvement », a déclaré l’eurodéputée belge.

Le Groenland salue la réaction des pays européens

Une des ministres les plus en vue du gouvernement groenlandais, Naaja Nathanielsen, a salué samedi la réaction des pays européens concernés par les nouvelles menaces douanières de Donald Trump en lien avec la question de l’avenir de l’île.

« Je suis stupéfaite de voir les premières réactions des pays visés. Je suis reconnaissante et remplie d’espoir que la diplomatie et les alliances prévaudront », a dit la ministre des Ressources minérales dans un message publié sur LinkedIn. Le président américain a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane sur les importations en provenance de huit pays européens qui ont envoyé des soldats au Groenland convoité par Donald Trump. Plusieurs dirigeants européens ont jugé ces menaces « inacceptables ».

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