Marseille se débat toujours avec un incendie d’ampleur. Les épaisses fumées ont provoqué une concentration en particules fines dix fois supérieure aux normes et s’étendent en mer sur une centaine de kilomètres, selon les images satellites.
Les pompiers français poursuivent leur combat contre un incendie de forêt qui a atteint les abords de Marseille et fait plus de cent blessés. Le maire de la ville, Benoît Payan, a déclaré ce mercredi 09 juillet matin que le feu était en régression, mais qu’il restait encore actif. Les restrictions imposées la veille dans les quartiers périphériques ont été levées, après un ralentissement significatif de la propagation des flammes, a précisé l’édile sur le réseau social X.
Selon le ministère de l’Intérieur, 110 personnes ont été légèrement blessées, dont neuf pompiers et 22 policiers. Au moins 400 habitants ont été évacués, tandis que les autorités avaient demandé à la population de ne pas quitter leur logement afin de laisser les routes libres pour les secours. «Le bataillon des marins-pompiers mène une guerre de guérilla, la lance à la main», a décrit Benoît Payan, en évoquant la mobilisation exceptionnelle du service de secours marseillais. D’après lui, l’incendie a progressé jusqu’à 1,2 kilomètre par heure au plus fort de l’épisode, sous l’effet combiné des rafales de vent, d’une végétation dense et de reliefs escarpés.
Le président Emmanuel Macron, en déplacement officiel au Royaume-Uni, a exprimé son soutien aux services d’urgence et demandé aux habitants de respecter les consignes de sécurité. «Nos pensées vont aux blessés et à tous les habitants», a-t-il écrit sur X. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau s’est rendu sur place mardi soir pour rencontrer les autorités locales. Il a annoncé que 800 pompiers étaient mobilisés et que les opérations se poursuivraient toute la nuit, l’incendie n’étant toujours pas maîtrisé.
L’aéroport Marseille Provence, l’un des plus fréquentés de France, a été rouvert partiellement mardi soir. Les vols ont repris sans restriction dès ce mercredi matin. Son président, Julien Coffinier, a déclaré n’avoir «jamais vécu une situation d’une telle ampleur».
Le sinistre s’est déclaré mardi à proximité de Pennes-Mirabeau, au nord de Marseille, et a ravagé environ 700 hectares. Les autorités locales indiquent qu’il aurait été déclenché par une voiture en feu sur l’autoroute. Des images spectaculaires ont montré d’épais panaches de fumée au-dessus de la ville, alors que les flammes dévoraient les collines environnantes. «C’est très impressionnant, apocalyptique même», a confié une habitante, Monique Baillard, à l’agence Reuters, ajoutant que nombre de ses voisins avaient déjà fui la zone.
Le département des Bouches-du-Rhône n’a pas connu la moindre goutte de pluie depuis le 19 mai, selon BFMTV. Cette sécheresse prolongée, couplée aux fortes chaleurs, a créé des conditions particulièrement favorables aux départs de feu.
L’Europe en feu
Parallèlement, un autre incendie reste actif dans l’Aude, près de Narbonne, après s’être déclenché lundi. Attisé par des vents de 60 km/h, il a déjà consumé quelque 2.000 hectares. D’autres foyers ont également été signalés en Europe. En Catalogne, dans le nord-est de l’Espagne, plus de 18.000 personnes ont été appelées à rester chez elles mardi, en raison d’un feu dans la province de Tarragone. Environ 300 pompiers sont mobilisés, mais les vents violents ont permis aux flammes de se propager sur près de 3.000 hectares. D’autres régions espagnoles, qui ont connu un mois de juin historiquement chaud, sont en alerte maximale.
En Grèce, quarante-et-un incendies ont été recensés lundi à travers le pays. Trente-quatre ont été rapidement maîtrisés, mais sept restaient encore actifs lundi soir. Une grande partie de l’Europe de l’Ouest et du Sud a été frappée par une vague de chaleur précoce, provoquant des évacuations par milliers.