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Vente de Belfius, les jeux sont faits: «L’Etat préfère générer des liquidités à court terme»

Le Vif

La vente de 20% de Belfius sera actée «d’ici la fin de l’année», a annoncé le ministre des Finances Jan Jambon (N-VA), qui espère en tirer 2 milliards d’euros.

Le gouvernement fédéral espère tirer 2 milliards d’euros de la vente de 20% de Belfius et conserver intact le dividende retiré chaque année de la Banque, propriété de l’Etat belge, a confirmé mercredi le ministre des Finances, Jan Jambon (N-VA), en commission de la Chambre en réponse à des questions de Lode Vereeck (VB), Anthony Dufrasne (MR) et Sofie Merckx (PTB).

La vente des 20% devrait être réalisée d’ici la fin de l’année. La Société Fédérale de Participation et d’Investissement (SFPIM) a commencé les préparatifs. L’argent retiré de la vente servira au désendettement. Des questions se posaient sur une fusion du bancassureur avec Ethias, également aux mains des pouvoirs publics, mais ni une fusion, ni même une coopération entre les deux sociétés ne sont à l’ordre du jour, a assuré le ministre.

Le gouvernement n’envisage pas une baisse du dividende retiré de la banque. Un choix qui laisse l’opposition sceptique. Le PTB redoute que Belfius ne soit poussée à adopter une stratégie agressive sur le marché, «avec tous les risques que cela comporte.»

Les deux milliards n’alimenteront pas un Fonds défense contrairement à ce que laissait entendre l’accord de gouvernement.

Belfius, la poule aux œufs d’or de l’Etat

En 2011, l’Etat avait sorti le chéquier pour sauver Dexia (ex-Belfius) de la faillite en déboursant quatre milliards d’euros. Depuis le versement du premier dividende en 2015, près de 3,5 milliards d’euros sont revenus à l’Etat. La mise de départ aurait donc pu être totalement amortie dès cette année vu que Belfius s’apprêtait à rétrocéder 500 millions d’euros de dividendes en plus des 444,5 millions déjà approuvés cette année. Alors pourquoi demander une privatisation partielle? «L’Etat préfère générer des liquidités à court terme plutôt que de développer une visibilité à long terme», commente Morgane Kubicki, porte-parole de Financité, une ASBL de sensibilisation à la finance.

Pour le citoyen, le changement sera relativement peu visible. «Belfius portait peut-être un peu plus attention aux services bancaires de base que les autres, mais elle ne se comportait pas de manière très différente des autres banques privées, décrit Morgane Kubicki. Cela fait des années que Belfius fonctionne comme une banque privée, et c’est un choix politique vu qu’elle est détenue par l’Etat. On l’a encore vu cet hiver avec le refus de financement de certaines communes. Pourtant, cette banque est un héritage du crédit communal.»

200 milliards d’occasions ratées

Parallèlement au débat sur les liquidités de l’Etat, la vente des actions dans Belfius tire également un trait sur un vieux rêve du monde associatif: celui d’une banque dite éthique. «Mieux que des dividendes (dont l’origine n’est malheureusement pas glorieuse sur le plan éthique et écologique), Belfius c’est un volume d’épargne (la nôtre) de plus de 200 milliards, écrivait Didier Palange, porteur de projets pour Financité, dans une chronique publiée cet été. Ajoutez-y le capital de l’Etat, la capacité qu’ont les banques de prêter, diminuée de quelques règles de prudence, vous obtenez une enveloppe monumentale qui pourrait transformer le monde de demain en menant une politique responsable en matière d’environnement mais aussi d’emploi. En faisant partie des grandes banques belges, Belfius est notre ticket d’entrée pour influencer le secteur financier et le marché vers des bonnes pratiques.»

Belfius n’accompagnera donc jamais de projets sociaux et écologiques, ce que beaucoup attendaient d’une banque détenue par les pouvoirs publics. L’ambition du secteur associatif s’était cependant estompée il y a longtemps déjà, ceux-ci avaient tenté de mener leur propre chemin à travers la coopérative NewB, présentée comme une banque éthique, lancée en 2011 mais intégrée finalement à la banque vdk en 2013.

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