Portée par la baisse des droits d’enregistrement, la hausse des prix immobiliers s’est accélérée en Wallonie en 2025, sur un marché où l’offre peine à suivre la demande.
Les prix sur le marché immobilier wallon ont augmenté en moyenne de 5,7% en 2025, contre 1,9% en 2024, ressort-il du baromètre annuel de l’agence immobilière ERA, réalisé en collaboration avec l’université d’Anvers. Selon les derniers chiffres publiés par Statbel, cette hausse est plus élevée encore: le prix médian d’une maison mitoyenne, en Wallonie, était établi, au troisième trimestre 2025, à 197.000 euros (+6,5% par rapport à la même période en 2024) et à 330.00 euros pour une maison quatre façades (+8,2%). Quant aux appartements, ils affichaient une augmentation de 8,3%, pour un prix médian de 195.000 euros.
D’après le CEO d’ERA, Johan Krijgsman, cette augmentation peut s’expliquer par la baisse des droits d’enregistrement dans le sud du pays. «Cette mesure a un impact réel. On a des primo-acquéreurs qui peuvent se décider d’acheter plutôt que de louer», souligne également Emmanuel Debroulle, Business Development Manager pour la Wallonie et Bruxelles.
Marché saturé, propriétaires qui en profitent
Si le nombre d’acquéreurs d’un premier bien augmente effectivement, note Sophie Maquet, porte-parole de notaire.be, celui des maisons et des appartements disponibles ne suit pas la même trajectoire. «Un bien de qualité va attirer un grand nombre de candidats. Et une surenchère va s’installer. Alors que quelques mois auparavant, ce même bien serait parti au prix annoncé. On constate une dynamique assez semblable à la période que l’on a vécue durant le Covid», complète la notaire.
La réduction des droits d’enregistrement a, par ailleurs, été vue par certains vendeurs comme une aubaine. Avec un taux réduit à 3%, l’apport exigé de la part des acquéreurs a baissé, leur permettant de se tourner vers des maisons ou des appartements plus onéreux sans que les mensualités de leur remboursement n’explosent. Quelques propriétaires en ont donc profité pour augmenter le prix de leur bien.
Selon Emmanuel Debroulle, les prix continueront de progresser en Wallonie. Les néerlandophones qui vivent dans des communes limitrophes seront potentiellement intéressés, notamment en raison de la faible différence du droit d’enregistrement entre la Wallonie et la Flandre. Il est aujourd’hui de l’ordre de 1%, contre plus de 10% auparavant.
Des notaires sous l’eau et de longs délais
A Bruxelles, les prix des appartements ont augmenté en moyenne de 0,8% l’année dernière. Cette hausse est comparable à celles des années précédentes (+0,9% en 2024 et +1% en 2023). Le délai moyen de vente continue toutefois d’augmenter, atteignant un record de 161 jours, contre 18 en 2024. Johan Krijgsman souligne «le manque d’efficacité» des autorités, qui se traduit par de longs délais d’attente pour obtenir les documents requis et une administration peu numérisée. Pour Emmanuel Debroulle cela s’explique par des informations de renseignement urbanistique qui arrivent très tard dans certaines communes et des notaires relativement «noyés» qui prennent beaucoup de temps à rédiger un compromis de vente.
Les prix des maisons en Flandre ont augmenté de 3,7% en moyenne en 2025. Les appartements sont devenus 4,1% plus cher. Le marché de l’immobilier flamand a été normalisé après les années Covid et une correction des prix en 2023 et 2024, conséquence des taux hypothécaires plus élevés. Johan Krijgsman évoque «une année immobilière ennuyante. Mais c’est une bonne chose pour beaucoup de Flamands que l’immobilier reste un investissement stable sur le long terme en ces temps turbulents.»
La hausse des prix de 3,7% en 2025 correspond à peu près à la moyenne à long terme (3,3%). Après plusieurs années de croissance réelle négative, l’augmentation est à nouveau supérieure à l’inflation (+1,2%). Johan Krijgsman s’attend à une tendance similaire en 2026.
(Avec Belga)