Annette, de Leos Carax: l’un des films essentiellement français tournés récemment à Bruxelles, tout comme (tournés ou en cours), Ma mère est folle, Ducobu Président!, Le Bureau des élèves, Braqueurs (saison 2), Convoi exceptionnel, L’Agent immobilier, Lucky, Mystère à Saint-Tropez, Parlement, etc. © dr

Comment les Français investissent le cinéma belge

Mélanie Geelkens
Mélanie Geelkens Journaliste, responsable éditoriale du Vif.be

Bruxelles est un carrefour des productions audiovisuelles et la France y est largement représentée. Sur les plateaux ou dans les écoles, le cinéma belge est devenu une histoire binationale.

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Annette, de Leos Carax: l’un des films essentiellement français tournés récemment à Bruxelles, tout comme (tournés ou en cours), Ma mère est folle, Ducobu Président!, Le Bureau des élèves, Braqueurs (saison 2), Convoi exceptionnel, L’Agent immobilier, Lucky, Mystère à Saint-Tropez, Parlement, etc.
Annette, de Leos Carax: l’un des films essentiellement français tournés récemment à Bruxelles, tout comme (tournés ou en cours), Ma mère est folle, Ducobu Président!, Le Bureau des élèves, Braqueurs (saison 2), Convoi exceptionnel, L’Agent immobilier, Lucky, Mystère à Saint-Tropez, Parlement, etc. © dr

Quand on pense le cinéma belge, la France n’est pas la première idée qui surgit. Pourtant… Voisin géant, à la fois concurrent et collaborateur, l’Hexagone y est omniprésent. Les lignes de production de l’industrie audiovisuelle belge s’enrichissent de traces de bleu, de blanc et de rouge, de la création à la distribution. Parfois ça râle, mais ça paie souvent. Parce que l’échange appartient à l’ADN du cinéma belge, et encore plus bruxellois. Territoire de premier choix pour les productions étrangères, terreau vivant de talents internationaux. Et pour la France, une langue commune et une heure trente de Thalys depuis Paris.

Dans une économie du cinéma globalisée, la Belgique a déployé un arsenal d’incitants fiscaux capables d’attirer les entreprises du secteur. Le tax shelter leur permet d’investir dans des projets audiovisuels en échange d’une réduction d’impôts, à condition qu’elles soient installées chez nous et qu’elles y dégagent des bénéfices. Et ça fonctionne. Les sociétés françaises établies à Bruxelles sont spécialisées dans la production, le doublage, les effets spéciaux ou la location de matériel.

La France est le premier partenaire du cinéma belge. Screen.brussels, le service de soutien régional à l’audiovisuel, parle de 50% de coproductions franco- belges: 87 projets sur 173 depuis 2016. «Il existe une très forte porosité entre les écosystèmes français et belges, note Noël Magis, son directeur. Avoir un voisin aussi puissant dans une industrie culturelle a un impact sur les manières de fonctionner et de travailler.» Bruxelles attire, on y reste. De nombreux professionnels français du cinéma s’y sont installés.

L’ accent des plateaux

«Le vendredi, c’est le « Thalys Day ». Je connais tous les horaires par cœur.» Sophie est Française et assistante à la mise en scène dans le cinéma belge. En fin de semaine, elle retrouve son appartement saint-gillois. Les acteurs français, eux, prennent le train. Paris. «Au moins, on sait qu’on finira le tournage plus tôt (rires).» Elle a étudié à Bruxelles. Après deux ans de prépa, elle tente plusieurs concours, intègre l’Insas. Les écoles belges de cinéma possèdent une belle réputation à l’étranger. La plupart de ses camarades de promo sont des compatriotes. Mieux préparés à réussir les épreuves, légèrement plus âgés. Eux sont repartis, Sophie est restée. Dix ans plus tard, sa vie est ici.

La France est le premier partenaire du cinéma belge. On parle de 50% de coproductions franco-belges.

Les écoles de cinéma profitent de ces échanges, autant d’opportunités pour entamer des collaborations et s’ouvrir à d’autres marchés. Attirer le dehors à l’intérieur. La majorité des tournages de Sophie sont donc des coproductions avec l’Hexagone. Un casting français, souvent les rôles importants, des équipes techniques belges. Le travail, aussi, est différent. «En France, le métier d’assistant est très hiérarchisé. Chacun a ses tâches alors qu’ici, l’ambiance est beaucoup plus souple. Ça offre la possibilité aux jeunes d’accéder plus vite à des responsabilités.»

L’influence française se ressent tout de même dans la culture du travail. Plus de hiérarchie, plus de distance. Mais aussi une plus grande organisation syndicale et un statut moins précaire qu’en Belgique. Ça se vanne, se reconnaît à l’accent, mais ça collabore.

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