Grève nationale
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Troisième jour de grève nationale: le point sur les perturbations de ce mercredi

Ce sont désormais tous les secteurs qui sont mobilisés, en ce troisième jour de grève nationale. Plusieurs secteurs impactés.

La Belgique tourne à nouveau au ralenti, mercredi, à l’occasion du dernier des trois jours de grève nationale menée conjointement par le front commun syndical (FGTB, CSC et CGSLB) afin de protester contre les mesures d’économies décidées par le gouvernement fédéral. L’accord budgétaire conclu dans la nuit de dimanche à lundi n’a pas calmé les ardeurs, au contraire. Les syndicats réclament une taxe sur les gros patrimoines et une réduction des subsides aux grandes entreprises. Ils s’opposent à la réforme des pensions et aux assouplissements prévus pour le travail de nuit, notamment.

Après les transports en commun lundi, accompagnés des autres services publics mardi, la grève s’étend à l’ensemble des secteurs, ce mercredi. Le privé devrait être touché également.

SNCB

Le service ferroviaire adapté en raison de la grève fonctionne comme, rapporte Dimitri Temmerman, porte-parole de la SNCB. Trois trains IC sur cinq et deux trains régionaux (L et S) sur cinq circulent ce mercredi. L’impact de la grève s’était révélé plus important lundi et mardi, avec seulement la moitié des trains IC et un tiers des trains L et S disponibles. La société ferroviaire invite les voyageurs à consulter le planificateur de voyage.

Stib

Comme la veille, seulement deux lignes de métro et trois lignes de tram circulent dans les rues de la capitale en raison de la grève intersectorielle, a annoncé la Stib. Selon un point effectué à 5h30, aucun bus ne roule en raison des piquets de grève installés aux dépôts de la société bruxelloise de transports en commun.

Les lignes de métro 1 et 5 sont ainsi actives, comme lundi et mardi, tout comme le tram 8. Par contre, le tram 4 circule uniquement entre la gare du Nord et la gare du Midi, alors que la ligne 82 est limitée entre la gare de Berchem et l’arrêt Wiels. «Le nombre de trams en circulation est réduit», précise encore la Stib.

Tec

Le réseau wallon de transports en commun restera fortement perturbé, mercredi. Le Tec confirme que des dépôts restent bloqués dans le Hainaut et que seul un peu plus d’un voyage sur dix sera assuré en province de Liège.

Des perturbations sont également attendues dans les autres régions tout au long de la journée. Selon les premières informations de la société wallonne de transports publics, 140 lignes sont pour l’heure totalement à l’arrêt en région liégeoise, dont le tram de la Cité ardente. Environ 52 lignes restent assurées, mais au total, ce sont près de 89% des voyages qui sont supprimés sur l’ensemble de la journée pour le Tec Liège-Verviers, selon sa porte-parole Isabelle Tasset.

Dans le Hainaut, seules quelques lignes privées circulent. Une partie des bus roule en province de Namur et du Brabant wallon, et la majorité des transports publics circulent en province du Luxembourg.

Les voyageurs sont invités à consulter le site www.letec.be et son application avant tout déplacement afin de vérifier si leur bus, tram ou métro circule bien ce mercredi. La situation devrait être rétablie jeudi, précise le Tec.

De Lijn

Entre 55 et 65% des lignes de bus et de trams De Lijn sont exploitées. La société de transports en commun flamande ne s’attend pas à d’autres perturbations dans la journée. C’est en Flandre orientale et dans le Limbourg que l’impact se fera le plus sentir: seuls 55% des lignes seront desservies. La proportion montera à 60% en province d’Anvers et dans le Brabant flamand et jusqu’à 65% en Flandre occidentale. Au niveau des villes, environ 55% des bus et trams rouleront à Anvers et dans sa périphérie. Du côté de Gand, De Lijn prévoit 75% des véhicules qui circuleront. La proportion devrait être la même pour le tram de la Côte.

Aéroports

Tous les vols passagers au départ de Brussels Airport sont annulés, comme annoncé. 93 vols à l’arrivée pourront toutefois être assurés, tandis que 110 ont été annulés. «Tout se déroule comme prévu», indique un porte-parole.

C’est la septième fois cette année qu’une action syndicale nationale perturbe le trafic aérien à Zaventem. Plus de 400 vols étaient normalement prévus ce mercredi à Brussels Airport. De son côté, l’aéroport de Charleroi ne peut assurer aucun vol au départ et à l’arrivée ce mercredi.

Commerces

mardi soir, les syndicats ont mis en place des barrages filtrants au centre de distribution de Delhaize à Zellik, selon la chaîne de supermarchés. L’action n’a toutefois pas d’impact sur l’approvisionnement des magasins.

Les perturbations causées par la grève restent également limitées chez Colruyt, affirme sa porte-parole. Des barrages filtrants ont été installés devant le centre de distribution à Ollignies, et celui de Ghislenghien est temporairement fermé. Certains magasins sont par ailleurs temporairement fermés en raison de piquets de grève locaux, principalement en Wallonie. La chaîne de supermarchés estime que les éventuelles perturbations se limiteront à la matinée.

Chez Aldi, la grande majorité des magasins sont ouverts normalement, selon sa porte-parole. Une grève est néanmoins en cours dans un centre de distribution.

Bpost

Environ un facteur sur six fait grève ce mercredi. L’impact à Bruxelles (où 12% des facteurs font grève) et en Flandre (4% de grévistes) reste cependant limité, selon bpost. «La situation est toute autre en Wallonie» puisque 42% des facteurs, soit près d’un millier, n’ont pas pris leur tournée.

Bpost ne donne pas d’information détaillée sur la situation dans les centres de tri, mais affirme que le traitement des lettres et colis se passe bien. L’entreprise a fait appel à 700 volontaires, notamment du personnel de bureau, pour s’assurer du bon déroulé. Les syndicats de l’entreprise postale n’avaient de leur côté pas appelé activement à la grève, la période étant particulièrement chargée au niveau de bpost, entre le Black Friday et la Saint-Nicolas.

Au niveau des 656 bureaux de poste, la situation est meilleure que mardi, avec seulement 24 bureaux fermés en Wallonie (la moitié de mardi). Tous les bureaux de Flandre et Bruxelles sont, pour leur part, ouverts.

Collecte des déchets

Bruxelles-Propreté ne sera pas en mesure de trier les sacs bleus et jaunes ramassés dans la capitale en raison du blocage de son principal site de versage spécifique. Pour ne pas laisser les déchets en rue, l’agence a pris la «décision exceptionnelle» de ramasser et traiter ensemble les déchets sélectifs et les déchets résiduels (sacs blancs): tous passeront par l’unité de valorisation énergétique de Bruxelles-Energie.

Bruxelles-Propreté avait, en prévision de la grève nationale de trois jours, demandé aux riverains de ne sortir que les sacs blancs et orange. «Le message n’a pas réussi à atteindre l’ensemble de la population et de très nombreux sacs bleus et jaunes sont déposés sur les trottoirs», regrette l’agence.

La charge supplémentaire additionnée au manque d’effectif lié à la grève et, désormais, le blocage du site de versage poussent l’agence à collecter tous les sacs dans les mêmes camions. «Pendant une période extrêmement courte, la nécessité de dégager les voiries et de garder les rues propres prévaut donc sur les exigences de recyclage.» Bruxelles-Propreté estime que les quantités de sacs bleus et jaunes non recyclées resteront infimes.

Le ramassage indifférencié sera la norme ce mercredi, dans toute la Région. Ensuite, seuls les rattrapages auront lieu jeudi et vendredi. Un retour au fonctionnement habituel n’est prévu que pour la semaine prochaine.

L’économie belge impactée

L’organisation patronale flamande Voka prédit un impact important sur la production, voire un arrêt de l’activité dans une entreprise sur dix en raison de l’action syndicale. Quand 40% des entreprises estimaient qu’elles ne seraient pas affectées par le mouvement, selon un sondage de l’organisation.

Côté wallon, UWE craint pour l’attractivité économique du sud du pays, «dans une période fragile où la Wallonie souffre déjà d’une réputation de “championne des grèves”». L’organisation patronale chiffre à environ 100 millions d’euros les pertes pour l’économie wallonne générées par un seul jour de grève. «Si nous voulons de meilleures finances publiques, de meilleurs services et davantage de marge pour améliorer le quotidien, il faut que notre économie tourne», martèlent les patrons wallons. La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) avance également son ardoise et estime à plusieurs centaines de millions d’euros les conséquences financières de ces trois jours de grogne sociale.

L’organisation des indépendants flamands Unizo indique, pour sa part, que le droit de grève est en train de «dérailler» tout doucement et qu’il n’est pas suffisamment contrebalancé par le droit d’entreprendre. Elle aussi pointe le mauvais timing de l’action syndicale, à un moment où le nombre de faillites atteint des records. Pour son pendant francophone, l’UCM, «cette paralysie inédite va détériorer durablement l’image de notre économie à l’étranger, dérouter les investisseurs et plomber la concertation sociale».

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