Contribution environnementale
Le recyclage obligatoire des voitures est effectué par Febelauto pour le compte des constructeurs automobiles. © Getty

Le recyclage des voitures électriques est (très) complexe, et les acheteurs sont mis à contribution

Sur proposition de Febelauto, les constructeurs automobiles ont ajouté une contribution environnementale au prix de leurs voitures électriques. Cette somme, qui doit permettre de couvrir les frais de recyclage, augmente logiquement le prix d’achat de ce type de véhicules.

Depuis le 1er janvier 2026, les acquéreurs de voitures électriques se voient facturer, en plus du prix d’achat du véhicule, une contribution environnementale. Proposée par l’organisme de gestion des véhicules hors d’usage et des batteries de véhicules hybrides et électriques (Febelauto) à ses membres (constructeurs, concessionnaires, importateurs…), elle doit contribuer à la collecte future et au recyclage des batteries électriques.

«De plus en plus de voitures électriques sur le marché devront être recyclées dans les années à venir», avance Anja Helsen, porte-parole de Febelauto. Or, la loi européenne (2023/1542), entrée progressivement en application à partir de février 2024, renforce les règles en matière de collecte, de traitement et de recyclage des batteries électriques. Jusqu’alors, n’étaient concernées que les batteries de moins de cinq kilos. La réglementation ne fait désormais plus de distinction de poids.

Une contribution qui n’est pas généralisée

Le recyclage obligatoire des voitures est effectué par Febelauto pour le compte des constructeurs automobiles. En leur proposant –ainsi qu’aux revendeurs– d’ajouter cette contribution environnementale au prix de leurs véhicules, l’organisme belge leur permet d’anticiper les coûts futurs, souligne sa porte-parole.

Néanmoins, si toutes les marques sont tenues de recycler ou de faire recycler les véhicules en fin de vie, elles ne sont pas obligées d’ajouter nommément cette contribution, admet Anja Helsen. «Quoi qu’il arrive, les marques devront payer au moment du recyclage, mais elles compensent ces coûts futurs en augmentant le prix de leurs véhicules. La finalité est la même, sauf qu’elles constituent les réserves de fonds de leur côté.»

Concrètement, pour les constructeurs qui l’imposent, cette quote-part s’élève entre cinq et 100 euros en fonction du type de batterie et de son poids.

En Belgique, tant pour les voitures thermiques qu’électriques, 98% des pièces sont recyclées, dont 21% sont destinées au marché de la seconde main. Le reste est récupéré sous forme de matières premières (verre, plastique, huiles, métaux, puces…). Une partie d’entre elles se trouve dans les batteries des voitures électriques. Or, leur recyclage se révèle être la partie la plus complexe du processus. «Pour caricaturer, commente Pierre Duysinx, ingénieur des véhicules terrestres à l’ULiège, le moteur thermique est essentiellement constitué de métaux ferreux. Tandis que celui d’une voiture électrique contient différents alliages faits de cuivre, d’aluminium, de lithium, de cobalt, ou encore de manganèse, qui ne peuvent être fondus avec l’acier, au risque que celui-ci perde ses propriétés. Un tri méticuleux est donc nécessaire.»

A cela s’ajoutent des terres rares et des matériaux à haute valeur ajoutée tels que le rhodium ou le molybdène, qui nécessitent, eux aussi, «des procédés de récupération particuliers et très énergivores». «En contrepartie, les fractions de ces matériaux que l’on retire sont extrêmement valorisables», complète le spécialiste.

Fuite vers l’étranger

«Le problème, c’est qu’aujourd’hui, on fait face à un important flux de fuite, avec un plus grand nombre de voitures qui partent dans des pays d’Afrique que de voitures qui sont recyclées sur le marché européen», estime Pierre Duysinx. Anja Helsen abonde, ajoutant que le problème n’est pas que «des voitures soient envoyées à l’étranger, tant qu’elles sont en bon état, mais que des pièces valorisables échappent au marché européen.» «Cela signifie que l’on manque de matière pour amortir les installations de recyclage et les investissements», ajoute l’ingénieur.

Pour endiguer le problème, la représentante de Febelauto assure qu’une nouvelle réglementation sera annoncée dans les mois à venir concernant les ELV (NDLR: End-of-life vehicles, véhicules en fin de vie), ce qui permettra «plus de contrôle et une meilleure traçabilité» des pièces détachées et des matières premières.

Vous avez repéré une erreur ou disposez de plus d’infos? Signalez-le ici

Expertise Partenaire